‹ Contes populaires du Soudan égyptienChapitre 9 sur 24 · Marfa’yne · texte numérisé non relu

Marfa’yne

démie de petite vérole, maladie que les Souda nais redoutent le plus, à tel point que, dès que quelqu’un est vacciné, il est mis en quarantaine, hors du village. Cet effroi de la petite vérole, qu’ils étendent au vaccin, les empêchent de se taire vacciner, ce qui fait que souvent ils ont de terribles épidémies de cette maladie qui décime des villages entiers.

UNE FEMME AVISEE

Un homme avait une femme qu'il aimait beaucoup. Sa femme aussi l’aimait ils vivaient très heureux.

Un jour l'homme vit une jeune fille, il en tomba amoureux et se maria avec elle.

La première femme en devint inconsolable, d'autant plus que le mari n’avait d’yeux que pour sa nouvelle épouse, la première lui étant devenue absolument indifférente.

Celle-ci alla trouver un savant magicien.

« Que faire, lui dit-elle, pour regagner les bonnes grâces de mon mari? » et elle lui conta son histoire.

Le docte magicien baissa la tête et réfléchit beaucoup, puis il releva la tète et dit :

« Ton cas est très difficile. Donne-moi vingt-quatre heures pour faire des recherches

dans mes grimoires et viens demain. Lorsque j'aurai fait mes calculs je te dirai ce que tu auras à faire ».

Le lendemain il lui dit :

« Tu n’auras jamais plus les grâces de ton mari, à moins que tu ne frises la moustache d’un lion ».

« Qu’est ce à dire 1 » exclama la femme avec effroi.

« C’est ainsi, dit le docte personnage, que toute la magie s’est prononcée ».

La femme était bien triste ; elle voyait toute l'impossibilité de reconquérir les faveurs de son mari .

Cependant, ne perdant pas courage, elle s’en retourna chez elle, tua un chevreau, le dressa et alla le placer à un endroit où elle savait qu’un lion avait accoutumé de passer tous les soirs .

Elle regardait de loin et vit le lion venir et manger le chevreau avec gloutonnerie.

Le lendemain elle fit de même, mais s'approcha un peu plus du passage du lion. Le troisième jour le lion repu avait perdu de son appétit féroce. Il aperçut la femme qui était tout près, remua la queue, mangea le chevreau et s’en alla.

Le quatrième jour il s’approcha du chevreau préparé, s'assit en remuant la queue et lécha la viande en grognant de plaisir et en regardant la femme.

Le cinquième jour, il se coucha aux pieds de la femme qui tenait le chevreau à la main,* elle lui en servit de sa propre main, morceau par morceau. Ayant mangé le tout le lion posa sa tête par terre, la femme la lui releva, la posa sur ses genoux et commença à jouer avec ses moutaches; finalement elle les lui frisa.

Au matin elle alla conter le tout au sage magicien, qui lui dit :

« Ma sœur, ni moi ni personne, nous ne pouvons plus rien pour toi : après ce que tu viens de faire, regagner les grâces d’un mari ne peut être qu'un jeu d’enfant pour toi . Vas en paix! ». 1

i. Un soldat nègre du Sud du Kordofan ma dit que dans leur pays, quand quelqu’un tuait un lion on recueillait, entre autres choses, les moustaches et les griffes du fauve, on les réduisait en poudre en les brûlant et on faisait manger cette poudre aux enfants pour leur donner du courage.

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