‹ Contes populaires inédits de la vallée du NilChapitre 22 sur 39 · UN BRAVE · texte numérisé non relu

UN BRAVE

EPUIS quelque temps un morfaine‘, fai- 15 de grands ravages dans un village.

La ghoule enlevait tout sur son passage, elle tuait les hommes et les femmes et mangeait les enfants.

Un brave résolut d'en débarrasser le pays.

C'était le plus bel homme, le plus fort et le plus valeureux de la contrée.

1. Cannibale aussi, les animaux carnassiers ou la ghoule, c'est un terme mal défini, mais qui veut toujours dire un être malfaisant.

Il dit à ses amis : ( Je veux attaquer le terrible cannibale dans sa retraite. J'y entrerai la tête la première. Vous me pousserez par les pieds, tant que je remuerai vous continuerez, dès que je cesserai de remuer vous me laisserez et attendrez.

Ainsi dit, ainsi fait.

Les amis attendirent en cercle autour de l'ouverture de la retraite de la ghoule, un jour, deux jours, trois jours.

Ne voyant leur ami, ni reparaître ni remuer, ils allèrent trouver sa mère.

Elle leur dit : &« Peut-être que la ghoule a pris sa place; entrez dans la caverne et sortez

le corps que vous y trouverez.

— Comment le reconnaîtrons-nous ?

— Mon fils, dit la mère, avait le cou long comme le manche d’une pelle, les yeux comme un plat de cuivre et les dents comme le fer de la pelle. »

Les hommes retournèrent à l'entrée de la caverne et en sortirent le corps qui était sans tète,

Après avoir cherché la tête pour reconnaître l'individu, on la trouva au fond de la caverne

eton porta le tout à la pauvre mère qui dit avec chagrin : «C'est bien mon fils, je le reconnais, sa valeur lui a coûté la vie; j'ai eu le malheur de perdre mon fils qui était si beau, s1 fort; mais cela ne fait rien; 1l vous a montré qu'il était vaillant; il vous a débarrassé de la terrible ghoule; que Dieu lui donne le repos éternel ! »

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