‹ Contes populaires malgachesChapitre 14 sur 114 · LE CHIEN, LE CHAT SAUVAGE ET LE COQ · texte numérisé non relu

LE CHIEN, LE CHAT SAUVAGE ET LE COQ

donc, reprit le coq, tu verras si ça brûle. » — « Je veux bien toucher ta crête, mais ne remue pas. » Il la toucha, puis voyant qu’il n’était pas brûlé, il saisit le coq, et s’enfuit en l’emportant dans son trou.

Le chien, voyant cela se mit en colère et lui dit : « Pourquoi, ô chat sauvage, as-tu trahi ainsi le serment de sang en mangeant le coq ? » — « J’ai mangé de la viande et non mon frère de sang. » — « Tu prends ton frère de sang pour de la viande, répliqua le chien? » — « Quand on chasse, répondit le chat sauvage, si on rencontre par hasard un trandraka 1 est-ce qu’on ne le prend pas 1 2? » Le chien dit au chat sauvage : « Viens là-bas, chez nous, puisque tu aimes la viande. Randriambaomanana 3 donne des réjouissances populaires : il se sert des têtes de bœufs comme chaises et tisonne le feu avec les pieds 4. » — « Non, répondit le chat sauvage.

1. Le trandaka ou trandraka (centetes setosus) est un espèce de hérisson dont les Malgaches sont très friands.

2. Le chat sauvage qui prétendait que la crête du coq était du feu pour qu’on l’engageât à s’assurer du contraire, veut essayer d’excuser le meurtre de son frère de sang en prétextant qu’il n’a mangé que de la viande dont la tête de coq rappelle.la couleur.

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