LE BŒUF SAUVAGE
au contraire, que mes pieds sont un défaut pour mon corps. J’aimerais mieux ne pas en avoir. » Quand le bœuf eut bien contemplé ses formes, il entendit tout à coup un bruit dénonçant l’arrivée de chasseurs accompagnés de lévriers. 'Ceux-ci lui donnèrent la chasse dès qu’ils le virent. Il se mit à fuir aussi vite qu’il put. Il rencontra un bouquet d’arbres et ses cornes s’embarrassèrent dans les branches. Ce qui était l’objet de son orgueil fut cause de sa perte. Ne pouvant retirer ses cornes des branches d’arbres où elles s’étaient accrochées, il fut attrapé par les lévriers. Quand il fut mort il dit : « Hélas! mes pieds que je dédaignais auraient pu me sauver, tandis que mes cornes dont j’étais si fier ont causé ma mort, en m’empêchant d’échapper à mes ennemis \ »
1. On peut trouver à bon droit étonnant que le bœuf n'exprime ses regrets qu’après sa mort. La légende le veut ainsi. Les paroles posthumes des héros des contes malgaches ne sont pas une des moindres particularités du Folk-lore de la grande lie africaine.