‹ Contes populaires malgachesChapitre 57 sur 114 · TOT · texte numérisé non relu

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« Bien », dit Faralahy ; et ii continua son chemin. Puis il rencontra un porc : « Où vas-tu, Faralahy, dit celui-ci? » — « Je vais chercher Ramitoviamandreniny pour l’épouser. » — « Jettemoi quelques patates et un peu de manioc, et je te la ferai obtenir. » Faralahy s’empressa de satisfaire à la demande du porc. Celui-ci reprit : « Lorsque le père de Ramitoviamandreniny te demandera de préparer ses rizières, appellemoi, et je construirai les bordures en terre qui servent à y maintenir l’eau. » — « Bien », dit Faralahy; et il s’éloigna. Puis voyant un étang il alla s’y baigner : « Où vas-tu, Faralahy, lui demanda un grèbe? » — « Je vais chercher, répondit-il, Ramitoviamandreniny pour l’épouser. » — « Donne-moi du riz blanc, reprit l’oiseau ; et je te la ferai épouser. » Faralahy donna du riz. « Lorsque le père de celle que tu veux épouser, reprit le grèbe, te demandera d’aller chercher une perle au fond d’un étang, appelle moi; j’irai la chercher. » — « Bien », dit Faralahy ; et il s’éloigna. Arrivé chez le père de Ramitoviamandreniny, il lui dit : « Maître, je viens pour prendre ta fille pour femme. » — « Avant que je réponde favorablement à ta demande, répondit celui-ci, allons ensemble dans les champs. » Lorsqu’ils furent arrivés dans la campagne, le. père jeta du riz blanc à la volée : « Si tu peux compter ces grains de

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riz sans te tromper, dit-il à Faralahy, tu épouseras ma fille. » Faralahy appela l’alouette. Celle-ci arriva et ramassa les graines de riz. Elle les compta et les apporta à Faralahy qui les rendit au père de la jeune fille. Ce dernier stupéfait dit : « Peut-être épouseras-tu ma fille. » Il ajouta ensuite : « Viens me désigner qu’elle est, dans mon troupeau, la première vache qui a vêlé, et tu épouseras ma fille. » Et il montra ses vaches à Faralahy. Celui-ci appela doucement la guêpe. Elle arriva et se posa sur la tête de la vache qui avait mis bas la première. Faralahy la montra immédiatement au père de Ramitoviamandreniny. Celui-ci, très étonné, dit : « Tu deviendras peut-être mon gendre. » Puis il ajouta : « Je vais jeter cette perle dans l’eau; il faut que tu la retrouves; la main de ma fille est à ce prix. » Et il retourna chez lui. Faralahy appela le grèbe qui se présenta immédiatement. « Grèbe, dit-il, apportemoi la perle qu’on vient de jeter dans cette eau. s) L’oiseau la trouva et la remit à Faralahy qui la porta au père de la jeune fille : « Je crois de plus en plus, dit ce dernier, que tu épouseras Ramitoviamandreniny. Tu vois ce grand champ, ajouta-t-il ensuite ; fais-en une rizière prête à recevoir la semence du riz; et je te donnerai, je te le promets, la main de ma fille. » Faralahy alla dans la campagne et appela le

LES SEPT FRERES

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porc. Celui-ci accourut et se mit à travailler. La rizière fut terminée à la tombée de la nuit. Faralahy alla chercher le père de Ramitoviamandreniny pour la lui montrer : « Tu épou-, seras sûrement ma fille, dit ce dernier stupéfait en voyant ses désirs si rapidement satisfaits. Beaucoup se sont présentés pour l’épouser, mais aucun n’a réussi comme toi à accomplir ce que je lui demandais. Il te reste maintenant une dernière chose à faire pour épouser Ramitoviamandreniny. » Il le conduisit devant sa femme et sa fille qui se ressemblaient tellement qu’on ne pouvait les discerner l’une de l’autre : « Eh ! Faralahy ! Laquelle des deux est Ramitoviamandreninyl Si tu le devines, épouse-la, car ton destin l’aura voulu \ » Faralahy appela doucement la mouche. Celle-ci accourut et se posa sur la joue de la jeune fille que Faralahy désigna immédiatement à son père : « Allons, ma femme, ajouta-t-il, retournons chez moi. » Les parents furent surpris, de cette perspicacité : « Faralahy, dit le père, présente-moi

î. Les Malgaches croient fermement à la destinée de l’homme prévue par Dieu et contre laquelle aucune force humaine ne peut lutter. Qu’un indigène puissant et riche devienne en peu de temps pauvre et esclave, on dira de lui : « c’était son destin ; son destin était trop fort », c’est-à-dire que, malgré sa puissance et sa richesse, il n’a pu ni prévoir ni lutter contre la fatalité qui devait le frapper.

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