‹ Contes populaires malgachesChapitre 75 sur 114 · CONTES DIVERS · texte numérisé non relu

CONTES DIVERS

LA JEUNE FILLE ORGUEILLEUSE1

(Imerina)

Il y avait, dans un village, une fille merveilleusement belle que tous les riches et les jeunes gens désiraient pour épouse. Mais son orgueil lui faisait repousser toutes les demandes. Un jour, un jeune homme pauvre, qui était paysan très loin de là, apprenant l’orgueil de cette femme et les recherches dont elle était’ l’objet, vint trouver les riches de ce village et leur dit : «Je vous affirme que je l’épouserai cette fille si belle et que je vous l’enlèverai. » Les gens furent étonnés de cette déclaration : « Si ce que tu dis se réalise, répondirent-ils, nous te don-

i. Ce conte est originaire de l'Imerina. J’en dois le texte à un Hova de Tananarive.

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nerons cinquante piastres 1 comptant. » — « C’est entendu, reprit le paysan. » Il alla trouver un homme riche de son village qui habitait près de sa case, et lui dit : « Maître, je désire louer votre propriété, si vous le voulez, et le plus tôt possible. » — « J’accepte, répondit le propriétaire. » Et le paysan lui raconta dans quel but il prenait son terrain en location. Cette propriété renfermait sept silos pleins de riz de toute espèce : du gros grain, du riz rojo 2, du petit riz, du riz barbu, etc. Il y avait également beaucoup d’esclaves du maître.

Le jeune homme, un jour revêtit de beaux habits pour aller rendre visite à la jeune fille. Il avait un costume superbe. Arrivé dans le village où elle habitait, il se dirigea vers sa case et entra. Vers le soir, un esclave qui accompagnait le paysan lui dit : « Maître, je n’ai rien à manger, donne-moi de l’argent pour m’acheter quelque chose. » Il prit une piastre et la lui jeta dans la pièce voisine où se trouvaient les serviteurs : « Prends, dit-il. » La maîtresse de la case était étonnée devoir donner une piastre, comme on donne un sou 3, à tous les esclaves qui

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