LE DAUPHIN
survécut. Il habitait chez une vieille femme qui le cachait dans un coffre. Il pêchait chaque nuit. Une fois, il s’en alla à deux jours de là. A son retour, il rencontra un Dauphin : « Si tu veux me tuer, dit-il au poisson, va-t-en. Si au contraire, tu veux me secourir, reste. » Le dauphin resta. Burahe prit un gros morceau de bois qu’il mit sur le dos du cétacé ; puis il alla faire ses adieux à la vieille qui lui souhaita bon voyage. Burahe monta ensuite sur le dauphin qui le conduisit à Nosy Burahe. Dès qu’il entra dans le port, tout le monde vint sur le bord de la mer voir le dauphin. Le bruit se répandit dans le village qu’il y avait quelque chose d’extraordinaire dans le port. Beaucoup de gens vinrent alors, en pirogue, voir Burahe. Ils étaient contents (de le voir). Burahe dit : « Je veux boire de l’eau. » — « Perce le corail avec ton doigt, répondit le dauphin. » Burahe le fit et une eau excellente jaillit aussitôt. Il but et la foule en fit autant. Burahe dit ensuite : « Ce dauphin m’a sauvé et m’a porté ici. (Je le considère maintenant) comme mon père et ma mère, comme un parent, comme mon maître. Soyez bons pour lui. » On lui donna beaucoup de choses à manger; mais il n’y goûta pas. On lui apporta alors des coquillages, et il s’en rassasia. Puis, il s’en alla. Burahe reprit : « O vous, mes parents, je vous aime. Ne mangez jamais de dauphin : il est fady (sacré) pour nous. »
Le docteur Poulain ( Souvenirs d’un séjour à Sainte-Marie de Madagascar , p. 23) dit que « la légende la plus accréditée est celle qui attribue au pêcheur Brouhaie {sic), fils d’Imina, la paternité de la colonie des Antenos-Brouhaie, la première qui foula ce rivage de Nossy (sic) Brouhaie. »