‹ Contes populaires malgachesChapitre 94 sur 114 · DEUXIÈME RENCONTRE DE KOTO- FETSY ET MAHAKA · texte numérisé non relu

DEUXIÈME RENCONTRE DE KOTO- FETSY ET MAHAKA

jelques jours après, Kotofetsy et Mahaka

se rencontrèrent et firent le serment de

sang. Mahaka dit ensuite à Kotofetsy : « Veuxtu que je te procure une jeune fille? » L’autre accepta. Mahaka prit un bélier très méchant, lui entoura le corps d’un lamba et le mit dans une chambre. Puis il dit à Kotofetsy : « Entre dans cette chambre, tu y trouveras la jeune fille; mais n’allume pas de chandelle car elle est très timide. » Kotofetsy entre, et aussitôt le mouton lui donne un coup de tête : « Ramatoa *, dit-il en se reculant un peu, la plaisanterie est vraiment trop forte. » Il revient à la charge et est repoussé de nouveau. Il comprit alors que

i. Terme de respect en s'adressant à une femme.

Mahaka s’était joué de lui et se promit de lui rendre bientôt la pareille.

Quelques temps après, Kotofetsy mit la sœur de Mahaka dans une chambre et dit ensuite à celui-ci : « J’ai amené pour toi une jeune fille dans cette chambre. Va la retrouver ; mais entre sans lumière pour ne pas l’effaroucher. » Mahaka suivit les indications de son ami et s’approcha, dans l’obscurité, de la jeune fille. Tout à coup, celle-ci s’écria : « Sors, ô toi, ou j’en jure par Mahaka, il t’arrivera malheur. » Mahaka reconnut immédiatement sa sœur et devina le piège que lui avait tendu Kotofetsy. Il résolut de s’en venger sans plus tarder. *

AUTRE RENCONTRE DE KOTOFETSY ET MAHAKA

(Imerina)

n jour, dit-on, Kotofetsy et Mahaka venant

l’un du Sud, l’autre du Nord, se rencontrèrent sur la route. Mahaka dit à Kotofetsy : « Qu’y a-t-il de nouveau dans le Sud, d’où tu viens. » — « Tout est en désordre là-bas, répondit Kotofetsy. La terre et le ciel sont en plein bouleversement. Je me suis enfui sur une montagne, elle s’est effondrée; je suis descendu dans la plaine, elle tremblait ; les arbres tombaient dans la forêt où je voulais me mettre à l’abri. En présence d’un cataclysme pareil j’ai couru vers le Nord pour échapper à la mort. Eh! comment se porte-t-on dans le Nord? » — « J’y ai vu, répondit- Mahaka, une chose encore plus extraordinaire : le peuple,

réuni en grand kabary 1 a décidé de couper la tête à tous les menteurs. Aussi, ai-je immédiament pris la route du Sud. « Kotofetsy se pâma de rire à ces paroles et Mahaka l’imita; et ils continuèrent la route ensemble sachant bien qu’ils mentaient tous deux.

i. Réunion publique où on traite des affaires de l’Etat. Les lois, décrets, ordonnances sont communiqués au peuple dans ces réunions. Ils entrent en vigueur du jour où ils ont été lus à Tananarive.

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MAHAKA ET KOTOFETSY TUENT LEUR MÈRE

( Imerina )

Mahaka proposa à Kotofetsy de tuer chacun leur mère. Ce dernier accepta, et ils se rendirent tous deux avec leur mère sur le bord d’une rivière. Mahaka, qui avait emporté du sang de mouton, prit sa mère par le cou et fit semblant de la tuer. En même temps, il jetait le sang du mouton dans la rivière. Kotofetsy, qui se trouvait en aval de lui, voyant l’eau de la rivière teinte de sang, égorgea sa mère : « Maintenant, dit Mahaka, nous allons ressusciter nos mères. » La sienne, en effet, était vivante (il n’avait fait que semblant de la tuer); mais celle de Kotofetsy ne put pas être rappelée à la vie. Ce dernier, comprenant qu’on s’était joué de lui, prit bientôt après sa revan-

che. Un jour que la mère de Mahaka cueillait des légumes dans son jardin, Kotofetsy alla chercher son ami et lui dit : « Un sanglier est en train de dévaster ton jardin. Prends une sagaie, et, en rampant dans les herbes, tu l’atteindras sûrement \ » Mahaka suivi ce perfide conseil et frappa de sa sagaie sa mère qui en mourut.

Ils n’eurent donc plus de mère ni l’un ni l’autre.

i. Les Antaimorona chassent le sanglier armés seulement d’une sagaie qu’ils manient très adroitement.

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