‹ Contes populaires malgaches: recueillis, traduits et annotésChapitre 84 sur 117 · LA JEUNE FILLE ORGUEILLEUSE I · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE ORGUEILLEUSE I

demandaient de quoi pouvoir acheter à manger. Chaque esclave allait dire à la jeune fille : « Cet étranger * est vraiment étonnant! Quand un esclave lui demande de quoi acheter à manger, il lui donne une piastre. » Le lendemain, le jeune homme fit appeler les femmes esclaves de la jeune fille et leur dit : « Si votre maîtresse devient ma femme, je vous donnerai dix piastres *. » Les esclaves pressèrent la jeune fille d'accepter la main de cet étranger qui serait pour leur maîtresse, (elles en étaient sûres) et pour elles-mêmes, une source de prospérité.

« Mais, dit la maîtresse, savez-vous s'il est riche? » — « Très riche, répondirent les esclaves. Il possède beaucoup d'argent, de rizières, de propriétés et de nombreux esclaves. » Quand elle eut ces renseignements qui lui venaient de bonne source, la belle fille en fut très heureuse. Elle consentit à aller voir le jeune homme chez lui, dans la propriété qu'il avait louée. Elle et

i. Le mot vahiny s'applique indistinctement aux Européens et aux Malgaches. Il indique que la personne en question n'habite pas ordinairement ou habite depuis peu l'endroit où elle se trouve. Les étrangers proprements dits, c'est-à-dire toutes les personnes de nationalité non-malgache sont qualifiées de va\aha. On les appelle aussi garamaso (les yeux clairs). Cette expression n'est guère employée que sur la côte occidentale de Madagascar,

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