LA BÊTE SAINT-LOUP
transformé ainsi par des sorciers, ou par le diable. Ces croyances nous viennent du Nord. Il est question d'hommes changés en loups et en chiens par la puissance des mauvais génies, dans les plus anciennes sagas recueillis dans l'Edda.
ffa &Ht Saint-Caup.
Au commencement du cinquième siècle , un loup furieux ravageait les environs de Bayeux et pénétrait jusque dans les faubourgs. Saint Loup , alors évêque de cette ville , eut pitié de ses diocésains ; il s'avança courageusement vers la bète , dont le repaire était dans un bois , proche la porte Arborée. A l'approche du saint, elle resta immobile; il lui passa son étole au cou et la noya dans la rivière de Drôme. A certaines époques de l'année, cette bête revient encore rôder autour de l'église Saint-Loup. Si vous doutez de cette histoire , on vous montrera le lieu où saint Loup a jeté la bête , le basrelief qui est sur la porte de l'église , et un ta-
l8 LA LÉGENDE DE SAINT-GERBOLD.
bleau conservé dans l'intérieur, qui représentent ce miracle.
Dans le siècle suivant, saint Vigor , aussi évèque de Baveux , délivra le pays d'un serpent monstrueux , dont le souffle seul tuait les hommes et les animaux.
Tous ces loups, ces dragons, ces serpens monstrueux , dont on raconte l'histoire dans presque toutes les villes de France , me paraissent n'être qu'une allégorie relative à l'établissement du christianisme. C'est le triomphe de la croix sur le paganisme.
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Saint Gerbold vivait dans le septième siècle ; il demeurait en Angleterre , chez un riche seigneur , lorsqu'il lui arriva précisément la même aventure qu'à Joseph chez Putiphar. Son maître irrité lui fit attacher une meule de moulin au cou et le fit jeter à la mer. Aussitôt la pierre devint légère comme du liège; la corde se détacha , et le saint, placé sûr sa meule, vogua pai-