‹ Contes populaires sur les orgesChapitre 19 sur 20 · HISTOIRE DE LA JEUNE MARIEE ET DE PIE-GRIÈCHE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA JEUNE MARIEE ET DE PIE-GRIÈCHE

Revenons à sa sœur. Nous avons dit précédemment que, lorsque son cousin la prit en mariage, une voix lui vint et lui dit : « Cette femme n’est pas ta femme, mais bien la femme de Esrond ben oureud (Pie-grièche, fils de Oureud).

Elle alla, voyageant de pays en pays pendant un certain temps, et le cherchant partout. Voilà qu’enfin, un jour, elle entra dans une ville qui était toute blanche, avec des murs blancs, de la terre blanche, des arbres blancs, de l’herbe blanche, des hommes blancs. Elle fit semblant de mendier. « Femmes, dit-elle, n'aurez-vous pas pitié de moi en considération de Dieu ? » On lui donna quelque chose. « Que Dieu fasse miséricorde à vos parents, (s’il vous plaît), leur dit-elle, pourquoi donc votre pays est-il tout blanc ?» — « C’est à cause, dirent-elles, de la blancheur (éblouissante) de notre roi, Pie-Grièche. Son éclat vient jusqu’ici se refléter sur nous. » Et elle qui cherchait Pie-Grièche !

Le lendemain, elle quittait cette ville et marchait jusqu’à ce qu’elle arriva dans une ville toute noire, tant elle-même que ses habitants. Elle entra dans une maison sous prétexte de mendier. « Braves gens, n'aurez-vous pas pitié de moi pour l’amour de Dieu? » On lui donna à manger. « Qu’a donc cette ville, demanda-telle, pour être toute noire ?» — « Cela vient du noir qui se voit dans la personne de notre roi, Pie-Grièche. Ses sourcils, ses prunelles, et sa barbe sont si noirs que leur reflet nous arrive jusqu’ici. » — « Son pays est-il encore loin? » leur demanda-t-elle. — « Tu y es arrivée, lui dit-on, ou c’est tout comme. »

Elle sortit aussitôt et se remit en route. Elle aperçoit une ville toute rouge. Elle interroge une jeune fille : « Qu’est-ce que cette couleur rouge? » demanda-t-elle. — « C’est le rouge du roi de notre pays. »

Elle approchait de cette ville quand elle vit unefoule immensequi accompagnaitune jument. Celle-ci portait une selle d’or, mais aucun cavalier. Elle était conduite à la main par quelqu’un de la foule. Quand tout ce monde arriva près d’elle, elle se vit entourée comme d’une nuée de sauterelles. « D'où viens-tu ? Où vas-tu? Racontenous ton histoire. Es-tu mariée ou non ? » [On la questionnait de tous côtés] . « Je me suis mariée, répondit-elle, mais au moment où celui qui était

mon mari allait entrer dans la chambre nuptiale, une voix est descendue sur lui et lui a dit : « Cette femme-là n’est pas ta femme, mais bien celle de Pie-Grièche, fils d’Oureud. » Aussitôt on la fit monter sur la jument et on la conduisit à Esrond ben Oureud.

(Faisons un) retour en arrière. La même voix qui avait été entendue de la mariée s’était fait entendre aussi au roi. « Si tu veux avoir une postérité, lui avait-elle dit, je t’ai marié avec une femme (qui t’est prédestinée). » Tandis qu’elle approchait, la voix lui avait dit aussi: « Envoie-lui des gens pour la recevoir ! » Et il avait envoyé des gens.

Ils firent de grandes réjouissances. Il l’épousa et elle lui donna des enfants de l’un et l’autre sexe.

( Conté par Hdoua, originaire de la ville d'Alger).

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