Contes popularies des Bassoutos
T es contes que renferme ce volume ^onttous été recueillis, de la bouche même des indigènes, soit par moi, soit par des amis (parmi lesquels je tiens à citer M. et Mme Dieterlen, auxquels je dois quelques-uns des plus intéressants). Ils sont donc en réalité tous inédits. Vivant depuis bientôt dix ans au milieu des Bassoutos, en contact journalier avec eux, parlant leur langue, connaissant leurs mœurs et leurs coutumes, j’ai eu, soit pour
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les recueillir, soit pour les traduire et les expliquer, des facilités exceptionnelles. Ma vocation de missionnaire m’a été aussi d’un grand secours.
C’est uniquement à un point de vue pratique que j’ai d’abord entrepris de collectionner des contes populaires.
Désirant apprendre à fond la langue du pays, la pénétrer complètement, en explorer les recoins les plus cachés, je me suis dit que le meilleur moyen était sans doute de me faire raconter par des Bassoutos des contes en sessouto ( sessouto , la langue des Bassoutos; séchuana , la langue des Béchuana). Au point de vue linguistique je n’ai eu qu’à m’en féliciter; j’avais là, en effet, la langue même telle qu’on l’a toujours parlée, sans aucun mélange d’éléments étrangers ou d’idées venues du dehors. Petit à petit le charme de ces récits, simples mais
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pittoresques, m’a saisi ; je suis devenu, sans m’en douter d’abord, un folkloriste convaincu.
Malheureusement je ne suis guère encore qu’un amateur en la matière.
Avant mon départ pour l’Afrique la littérature populaire m’était presque entièrement inconnue et ne m’intéressait pas. Aujourd’hui je suis trop loin de toute bibliothèque, trop occupé aussi , pour espérer jamais pouvoir regagner le temps perdu. En fait de folklore je n’en connais guère d’autre que celui des Bassoutos et des peuples qui, soit géographiquement, soit ethnographiquement, sont en rapport avec eux. On le verra assez par les notes ajoutées à ma traduction ; je n’ai pas pu indiquer, comme il l’aurait fallu, les rapport-s qui existent entre ces contes et ceux d’autres pays. Je dois laisser ce soin à
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ceux qui font du folklore comparé leur spécialité.
Voici en quelques mots la méthode que j’ai suivie : je me faisais raconter par des Bassoutos, de vieilles gens surtout, leurs contes populaires (nommés par eux ditsomo ); je les écrivais mot à mot sous leur dictée, les corrigeant ensuite soit avec eux, soit avec d’autres indigènes. Le maître d’école de ma station, Salomon Tau, m’a été tout particulièrement utile pour cela.
De cette façon je suis arrivé à posséder un texte sûr et correct. C’est ainsi que petit à petit ma collection a grandi, s’enrichissant jour après jour de nouveaux récits; aujourd’hui, sans parler des versions différentes d’un même conte, j’en possède plus de soixante-dix. Il me serait facile, avec un peu plus de temps à ma disposition, d’en recueillir encore un plus
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grand nombre. La littérature orale des Bassoutos semble être en effet très riche. De ces contes ainsi recueillis sept ont été publiés de 1888 à 1890 dans la Revue des Traditions Populaires; d’autres le sont ici même. Plusieurs, tout aussi intéressants, restent en portefeuille. Ils pourront fournir matière à une seconde série, si l’accueil fait à ce volume est de nature à m’encourager à tenter une nouvelle publication.
Il est temps, d’ailleurs, de s’occuper de rassembler le folklore du sud de l’Afrique. La civilisation et le christianisme tendent à le modifier, sinon à le supprimer complètement. Les mœurs des indigènes ont beaucoup changé depuis quelques années, leurs coutumes traditionnelles ont en partie disparu ; bientôt il n’en restera presque plus rien. C’est le cas pour les Bas-
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soutos plus encore peut-être que pour les autres tribus. Quoiqu’ils aient su mieux que celles-ci conserver leur nationalité et leur vie politique, ils se montrent plus accessibles à notre civilisation et le christianisme a fait chez eux de grands progrès. Leur littérature populaire serait ainsi bientôt perdue. Il faut donc se hâter de la rassembler ; la tâche est déjà difficile; dans quelques années elle serait peutêtre impossible. Les jeunes gens ne connaissent presque plus leurs anciens contes populaires; pour les avoir dans leur pureté primitive il faut s’adresser aux vieux et surtout aux vieilles.
Un symptôme encourageant à noter, c’est que'quelques indigènes instruits semblent, en ces derniers temps, prendre intérêt à leurs anciennes traditions. Il seront pour les folkloristes de précieux auxiliaires. L’un d’eux.
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Azariel Sekese, naguère instituteur dans une des écoles de notre mission, actuellement employé dans un magasin du pays, publie aujourd’hui même à Timprimerie missionnaire de Morija un intéressant volume de 200 à 3oo pages. Ce volume est tout entier consacré au folklore ; il s’occupe des mœurs, coutumes et superstitions des Bassoutos, de leurs proverbes et de leurs contes. Il contient entre autres une riche collection de plus de mille proverbes et locutions proverbiales, et un certain nombre de contes dont la plupart ne m’étaient pas connus.
Ce livre étant écrit en' sessouto ne sera malheureusement accessible qu'aux Bassoutos et aux rares Européens qui comprennent leur langue. C’est, avec ce volume-ci, le premier recueil consacré au folklore des tribus bassoutos ou béchuanas. Jusqu’ici
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quelques rares contes en avaient seuls été publiés, soit dans des Revues, soit dans des livres de voyage ou de mission (voir la Bibliographie).
J’aurais désiré pouvoir donner à la fois le texte sessouto des contes et la traduction en regard, comme l’évêque anglican Callaway l’a fait dans son beau volume de Nursery Taies of the Zulus. La valeur documentaire et scientifique du recueil en eût été plus grande. Comme le prix du livre en eût été de beaucoup augmenté, et que l’entreprise eût présenté de grandes difficultés, j’ai dû y renoncer, quoique à contre-cœur. J’ai tenu cependant, pour des raisons que tous les folkloristes comprendront, à donner du texte sessouto une traduction aussi littérale que possible. Le style sans doute en a souffert, mais la fidélité de ma transcription n’en
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est que plus grande. Sauf dans un ou deux cas, j’ai même conservé les longueurs parfois interminables et les répétitions de l’original. C’est ainsi seulement que le lecteur français peut avoir quelque idée de la manière de raconter des indigènes. Malheureusement ce qu’il y a de plus pittoresque est perdu dans une traduction ; la saveur locale, qui est un des plus grands charmes de ces contes, disparaît presque entièrement.
On remarquera que la plupart d’entre eux sont entremêlées de vers.
Ces parties-là sont toujours chantées. Ceux que cela pourrait intéresser trouveront un spécimen de musique indigène dans la Revue des Traditions Populaires de 1889.
Je n’ai pu donner ici la notation des parties chantées. Originairement tous les contes en avaient sans doute
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aujourd'hui plusieurs ont perdu les leurs. En cherchant bien on réussirait peut-être à les retrouver. Il semble dans certains cas que la chanson ait été comme le noyau autour duquel tout le conte se serait formé; d’autres fois elle n’a qu’une importance très secondaire.
Il serait désirable que les Européens vivant au milieu des différentes tribus africaines, les missionnaires surtout, s’occupassent à rassembler des contes etdes proverbes. La science du folklore en recevrait une forte impulsion. Jusqu’ici l’Afrique a été très négligée à ce point de vue, du moins l’Afrique noire. Pour ne parler que du domaine ethnique des Bantous, trois ou quatre tribus à peine nous ont fourni des contes. Et pourtant il est certain que le folklore de tous ces peuples est extrêmement riche. Nous avons de
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l'évêque Steere une assez bonne collection des contes souahéli, puis quelques contes herero , dualla, lounda et kimboundou , dus à différents missionnaires ou explorateurs. C’est là, avec la riche collection de folklore cafre et \oulou rassemblée par MM. Callaway et Theal, tout ce que nous possédons aujourd’hui (voir Bibliographie).
Il faut avouer que c’est peu, surtout quand l’on sait que les tribus bantou se comptent par centaines , que plusieurs sont connues depuis longtemps et que chez nombre d’entre elles ont été établies de florissantes missions chrétiennes. Me serait-il permis d’émettre ici le vœu que les sociétés de folklore de France, d’Angleterre et d’Allemagne s’occupent sérieusement de cette question, qu’elles encouragent leurs nationaux établis en Afrique à en explorer le folk-
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lore, à en rassembler les traditions, et surtout qu'elles leur facilitent la publication de leurs recherches? Il me semble qu€ c’est là une tâche qui leur revient tout naturellement. Il y a là pour notre science des richesses inconnues, dont la découverte pourrait éclairer d’un jour nouveau les problèmes qu’elle se pose sans arriver encore à les résoudre. Les peuples bantou, si importants au point de vue de la linguistique, ne le sont guère moins sans doute au point de vue du folklore comparé. La société américaine de folklore est à la veille de publier un important recueil des contes de l’Angola (texte kimboundou avec traduction anglaise en regard), rassemblés par M. Héli Châtelain, ancien missionnaire et consul américain à Loanda. C’est là un excellent exemple qui devrait être imité un peu partout.
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Quelques mots sur le peuple de qui proviennent ces contes sont encore nécessaires.
Les Bassoutos font partie de la grande race des peuples bantou, qui du Cameroun et du Victoria Nyanza au Nord s’étendent au Sud sur toute la surface de l’Afrique, à l’exception de la partie du Sud-Ouest qui appartient au domaine ethnique des Hottentots et des Bushmen. Il est impossible à l’heure qu’il est d’indiquer, même approximativement, les subdivisions de cette grande famille de peuples qui peut compter de 5o à 60 millions d’individus. Seule l’étude comparée de leurs dialectes, encore dans son enfance, pourra permettre de le faire.
Dans l’Afrique australe proprement dite, c’est-à-dire au Sud du Zambèze et du Counéné, la race des Bantou se
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subdivise (si l’on en excepte les Ma- Shona ou Ba-Nyai et les Ma-Kalanga du Mashonaland encore trop peu connus) en trois familles principales, très distinctes les unes des autres par les mœurs, la langue et le costume.
Sur la côte Ouest nous avons les Hereros et les Ov-Ambos , qui habitent les contrées sur lesquelles en 1884 l’Empire d’Allemagne a étendu son protectorat. Au centre, entre le désert du Kalahari et les Drakensberg, se trouve la grande famille de Béchuana et des Bassoutos. Enfin, sur la côte Est, aussi loin au Sud que Grahamstown, vivent les peuples Cafres (Zoulous, Xosas, Pondos, Tongas, etc.) et leurs congénères.
Quant aux Hottentots et aux Bushmen qui, avant la conquête blanche, possédaient la plus grande partie des territoires formant aujourd’hui la
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.colonie du Cap, ils appartiennent à des groupes ethniques tout à fait différents.
Le groupe bantou du centre se subdivise lui-même en deux branches principales, les Béchuana et les Bas soutos. Les Béchuana (divisés en différents clans indépendants les uns des autres, comme les Ba-Tlaping, les Ba- Rolong, les Ba-Mangouato, les Ba- Kathla, etc.) se trouvent à l’Ouest; ils habitent la moitié occidentale du Transvaal, le Bechuanaland et une partie de l’État Libre d’Orange. Les Bassoutos habitent à l’Est des Béchuana ; ils occupent la moitié orientale du Transvaal et de l’État Libre d’Orange, et tout le Basutoland. Ils se subdivisent aussi en différents clans, que l’on peut ranger sous deux groupes principaux, les Ba-Pédi au Nord (dans le Transvaal) et les Bas-
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soutos proprement dits au Sud (dans le Basutoland ou Le-Souto). C’est de ces derniers qu’il est question ici.
Ces divisions remontent probablement très haut. Il y a des siècles qu’elles ont dû se produire. Cependant l’origine connue de toutes ces tribus est encore visible. Leurs dialectes, quoique sensiblement différents les uns des autres, sont assez semblables par la structure grammaticale et le vocabulaire pour qu’il soit relativement aisé à ceux qui en connaissent un de comprendre les autres. Le séchuana est plus guttural, plus dur, mais aussi plus primitif que le sessouto ; le se-pédi forme la transition entre les deux. Quant aux mœurs, coutumes, traditions et superstitions de ces diverses branches de la famille bassouto ou béchuana elles sont presque identiques. Ce que je connais
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personnellement du folklore des Béchuana me prouve qu’il est très semblable à celui des Bassoutos.
Les Bassoutos sont une des tribus les plus fortes et les mieux connues du Sud de l’Afrique \ C’est aussi une des seules qui ait une histoire au sens propre du mot, histoire intéressante et qu’il vaut la peine de connaître. On y voit comment, grâce au génie et à la haute diplomatie de Moshesh, un chef remarquable par son courage dans la guerre et sa sagesse dans la paix, ce petit peuple a pu sortir plus fort et mieux uni des terribles désastres qu’avaient causés les guerres du fameux conquérant zoulou, Tchaka; comment il a su résister aux atta-
i. Pour les mœurs, coutumes, industries des Bassoutos, consulter E. Casalis : Les Bassoutos , Paris, 1860. C’est une exposition complète et définitive du sujet.
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ques des Anglais, puis des Boers de l’État Libre d’Orange, et maintenir malgré tout son indépendance et son unité nationale. Quand enfin, en 1868, après vingt ans de luttes, les Bassoutos, pour échapper à la destruction à laquelle les Boers victorieux allaient les livrer, ont dû accepter le protectorat de la colonie du Cap, leur indépendance n’a pas été perdue. Ils ont su jusqu’aujourd’hui la conserver, même dans les circonstances spéciales où ils se trouvent placées. Ils l’ont bien montré en 1880, quand ils ont résisté avec succès aux efforts de la colonie, qui voulait leur enlever leurs fusils.
Elle a dû finir, non seulement par leur laisser leurs armes, mais même par les remettre au gouvernement direct de la métropole. Celle-ci exerce depuis lors dans le pays une sorte de protectorat mal défini, réel cepen-
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dant, qui, tout en laissant aux chefs et à la tribu une autonomie à peu près' complète , empêche les agressions du dehors et maintient la paix intérieure. De toutes les tribus sudafricaines celle des Bassoutos a seule su conserver à la fois son unité nationale, son territoire et une large mesure d’indépendance.
Il est à désirer que ce soit pour longtemps. Peu d’indigènes montrent en effet de telles aptitudes à se civiliser et à se faire aux conditions nouvelles où ils se trouvent. Tandis qu’ailleurs quelques individus seulement sortent de la masse et arrivent à un degré supérieur, ici c’est la masse elle-même qui, insensiblement mais d’autant plus sûrement, s’élève et se civilise. Le christianisme, représenté parmi les Bassoutos par la mission protestante française, a été et
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est encore pour beaucoup dans cette évolution ; comme partout où des forces hostiles ne l’ont pas empêché de faire son œuvre, il a contribué à donner à la tribu la cohésion et l’esprit de progrès qui l’ont sauvée.
Fondée en 1 833 par MM. Casalis et Arbousset , la mission du Sessouto (ou Basutoland) s’est développée et a grandie jusqu’aujourd’hui. Elle a joué un rôle important dans l’histoire de la tribu et dans sa vie sociale; elle y a remporté des succès considérables. C’est là une œuvre qui fait honneur au nom français, et qui mériterait d’être mieux connue en France. Qu’on dise dans les journaux ou les revues ce que l’on veut de la mission chrétienne, il est un fait certain pour ceux qui l’ont vue de près, c’est qu’elle est l’unique force qui soit aujourd’hui capable de sauver et de
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relever les peuples primitifs et de leur permettre de se maintenir en face de la civilisation européenne. Ce que Dieu a fait par elle aux vie et vne siècles pour les peuples barbares de l’Europe, il le fait par elle encore aujourd’hui pour les tribus africaines.
En terminant, je tiens à exprimer mes remerciements à M. Sébillot, le vaillant secrétaire de la Société des Traditions populaires, et à Miss L. C.
Lloyd de Mowbray, [près Capetown, dont les belles recherches sur le folklore des Bushmen sont connues de tous les traditionnalistes. C’est à leurs encouragements et à leurs conseils que je dois d’avoir entrepris et mené à bien cette collection de contes des Bassoutos.
La publication de ce volume ayant été retardée pour des raisons indépendantes de ma volonté, et le manu-
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scrit étant depuis longtemps hors de mes mains, il ne m’a pas été possible d’y faire les adjonctions ou corrections que j’aurais voulu. La distance où je suis de Paris ne me permet également pas d’en revoir moi-même les épreuves. Dans ces conditions on voudra bien excuser les erreurs et les inadvertances qui pourraient s’y trouver; elles sont inévitables.
Pour la transcription des noms propres j’ai suivi en général- l’onthographe usuelle du sessouto. J’-ai cependant préféré me conformer- à l’usage du français, en remplaçant par ou et é , u et e du sessouto. Quant aux autres signes, il faut remarquer que s a toujours le son dur de ç, jamais le son doux de ch a le même son qu'en anglais dans church. (en français on le reproduirait par tch)^ ph est un p aspiré, et n’a jamais le son
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d e/; th est également un t aspiré et n’a rien de commun avec le th de l’anglais. Trois autres sons sont plus difficiles pour des lèvres françaises, ce sont kh, hl et q. Kh est une gutturale très forte, semblable au ch fort allemand (comme dans Buch ) précédé de k. Hl ressemble plus ou moins au ch doux allemand (comme dans ich) suivi de / Q représente le curieux clappement (ou click ) si commun dans les dialectes des Hottentots et des Bushmen. Parmi les langues bantou le cafre seul (Zoulou, Xosa, etc.) et le sessouto le possèdent. On produit ce son de clappement en faisant claquer la langue contre le palais; il ressemble un peu au claquement d’un fouet. Il est moins difficile à prononcer qu’il ne semble.
Thaba Bosiu (Basutoland).
Août i8g3.