LE CHACAL, LA COLOMBE ET LA PANTHÈRE
enfants chanter ; c’est là que le chacal leur fait l’école. » Alors le babouin prit un bâton et l’agita en tous sens dans la fente du rocher, en disant : « C’est bien; je vais les voir aujourd’hui, tes enfants. » Les abeilles sortirent en essaim serré et s’élancèrent furieuses contre la panthère; quant au babouin il grimpa prestement le long des rochers et fut bien vite hors d’atteinte. De là-haut il cria à la panthère : « Les voilà donc, tes enfants ! » De loin le chacal excitait les abeilles et leur criait : « Piquez-la bien, ne lâchez pas prise. » La panthère s’enfuit à toutes jambes et se précipita dans un étang qui se trouvait là; mais chaque fois qu’elle élevait la tête hors de l’eau, les abeilles recommençaient à la piquer; elle était obligée de plonger la tête dans l’eau à chaque instant, de sorte qu’elle fut bientôt noyée.
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LA LÉGENDE DE LA TORTUE f.
On raconte qu’un jour tous les animaux s’assemblèrent pour un grand
i. Cette légende provient probablement du Nord du Transvaal. Je la tiens d’une jeune fille d’ici, mais aucune autre personne du pays ne la connaît. Un jeune homme du Transvaal, de la tribu des Ba-Tokoa, m’a raconté dans sa langue une légende presque identique. Il faut donc probablement en chercher l’origine chez les Ba- Tokoa, qui eux-mêmes se rattachent au rameau des Ba-Pedi ou Bassoutos du Nord-Est. En tous cas elle appartient au folklore de la famille des Béchuanas et des Bassoutos.
Il est à remarquer que dans d’autres contes du pays (cf. Le chacal et la source) la tortue est également représentée comme un animal rusé et