LA LÉGENDE DE LA TORTUE
pitso \ Il y avait là un grand arbre couvert de fruits qu’ils désiraient manger. Le lion, roi des animaux, envoya un des animaux pour demander au propriétaire quel était le nom de cet arbre. Le propriétaire de l’arbre se nommait Koko 2. Le messager lui dit : « Le roi m’envoie te demander quel est le nom de cet arbre ? »
Koko lui répondit : « C’est : Motlatladianémotlatla - le -se-ye- le-siée -kala-ea-mochatehodimo 3.
intelligent. La même chose se remarque dans quelques contes cafres et héréros; je la retrouve aussi dans un conte du Bas-Ogooué, publié dans le Journal des Traditions populaires , décembre 1889. J’ai déjà publié la légende de la tortue dans le Journal des Traditions populaires, p. 373-375.
1. Le pitso est l’assemblée populaire de la tribu, où l’on discute librement les affaires courantes. On peut le comparer à la landsgemeinde des petits cantons suisses.
2. Koko (avec des o très sourds) signifie grand’mère dans le dialecte des Ba-Tokoa.
3. Motladiané-motlatla ne signifie rien, ce sont de simples assonances. Le-se-ye-le-siée-kala
Le messager se remit en route en chantant :
« Koko a dit que c’est : Motlatladianémotlatla- le-se-ye-le- siée-kala -ea -mochatehodimo. »
Une termitière se trouvait au milieu du chemin; l’envoyé s’y heurta sans l’apercevoir, et dans son trouble oublia les paroles qu’il venait d’entendre. Le lion lui demanda : « Que t’a-t-on dit? » Le messager répondit : « C’est... eu-eu-eu! »
Alors le lion envoya un second messager ; celui-ci arriva vers le propriétaire de l’arbre et lui dit : « Le roi m'envoie te demander le nom de ton arbre. »
Koko répondit : « C’est : Motlatladianémotlatla -le-se -ye-le-siée-kala-ea-mochatehodimo. »
Le messager se remit en route en chantant :
« Koko a dit que c’est: Motlatladiané-motlatla-le-se -ye-le-siée-kala-ea -mochate-hodimo. »
Lui aussi se heurta à la termitière et
ea-mochate-hodimo, signifie : « Vous pouvez en manger, mais ne touchez pas à la branche du faîte. »