‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 1 sur 179 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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Tout jeune, j'avais formé le projet de publier un livre à la mémoire de certains hommes qui ont éclairé les chemins rocailleux où je marchais penché : des dossiers volumineux dorment dans des armoires, remplis de notes et de curiosités. J'ai laissé tout cela de côté, et il est présumable qu'il n'en sortira que des fragments isolés; cependant j'ai cru utile de relier en un volume diverses études sur Hoffmann^ et diverses curiosités posthumes.

L'homme qui réfléchit y trouvera un enseignement certain : sur le danger d'entrer trop exclusivement dans TArt, et de ne voir dans la nature que prétexte à contes, musique et dessin. On pent tirer de la personnalité maladive d'Hoffmann nombre de réflexions que je laisse à faire aux lecteurs; mais vous verrez, ami, par les tourmentes, les angoisses et les souffrances de cette existence nerveuse que les envieux, les impuissants et les philistins ne sont pas seuls à tourmenter l'artiste.

Souvent la fortune vient, la gloire, les honneurs; mais il y a toujours derrière l'artiste un

tourmenteur qui lui fait souffrir mille tortures ^ mille angoisses plus vives que celles inventées par les jaloux.

Ce tourmenteur^ n'est-il pas FArt lui-même?

Champfleury.

23 mars 1856.

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in 2014

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CONTES

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