‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 64 sur 179 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

que compositeur ou plutôt encore le quatuor, qui de toutes les formes musicales, après la symphonie à grand orchestre est la plus propre à montrer un musicien dans tout son jour. C'est justement dans un quatuor qu'apparaît la pauvreté du compositeur médiocre, qui ne peut se sauver par l'emploi des masses orchestrales. Dans le quatuor tout est à jour, lé trompe-oreilles n'existe pas, l'idée est facile à suivre , simple et claire dans ses développements. Il n'y a pas de prétexte à trou; c'est un appartement pas trop large dont la moindre faute dans Tameublement apparaît à l'instant, tandis que la symphonie vous offre l'image de ces grands palais où l'architecte a pu dissimuler beaucoup de vices, comptant sur la confusion qu'engendre dans l'esprit du visiteur une multitude de richesses.

A vrai dire, Hoffmann n'eut dans sa vie qu'un grand succès musical, l'opéra à'Ondine, avec paroles de Lamothe-Fouqué, qui fut joué à Berlin. La Croisade de la Baltique, dont il écrivit la musique pour le poëte Zacharie Werner, obtint également les suffrages des amis de la musique, ainsi que l'opéra des Musiciens joyeux {Die Lustigen Musikanten) , joué à Varsovie; mais la partition d'Ondine est restée comme le fleuron de la couronne musicale d'Hoffmann.

Weber a écrit sur cet opéra un article raisonné qui ne ressemble en rien à ces articles de camaraderie qui trop souvent ont été prodigués si complaisamment entre amis; d'ailleurs Weber n'avait pas à faire acte de complaisance et de remerciement envers Hoffmann, qui, par extraordinaire, n'a pas écrit un mot sur l'auteur du FreyschUtz. Weber était-il homme à compromettre sa conscience d'artiste en accablant d'éloges l'auteur d'une misérable production?

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