‹ Contes posthumes d'HoffmannChapitre 89 sur 179 · A HIPPEL · texte numérisé non relu

A HIPPEL

Berlin, le 42 avril 1808.

(( Mon seul et cher ami, c( Ta lettre du A avril m'a surpris bien agréablement. Ta me consoles et me rends du courage pour lutter contre les soucis et l'oppression des circonstances. Tu es "convaincu de mon enthousiasme d'artiste, qui ne laissa jamais couler tout à fait à fond la préoccupation de savoir comment je pourrai sortir de cette misère; cependant, tu ne peux croire combien parfois des choses insignifiantes qui ne concernent que le corps, telles que la mauvaise nourriture, la privation de certaines jouissances auxquelles je m'étais habitué dans le bon temps, comme par exemple un verre de bon vin le matin, etc., ont d'influence sur l'âme et l'entraînent à l'abrutissement et à la tristesse. Que tu veuilles me recevoir amicalement chez toi, j'en étais sûr: tu me promets, de plus, une petite place bien tranquille et un piano ; ce sont là mes premières nécessités, et si je parviens à être employé à Bamberg, seulement pour le 1" octobre, je suis décidé, puisque tu le permets, à aller passer auprès de toi deux mois d'été et terminer deux grandes compositions que je rumine. En te quittant, j'irai à Posen chercher ma femme, et de là nous partirons pour Bamberg. Mais le besoin que j'ai d'argent, tu peux l'imaginer. Pourrais-tu m'envoyer encore, avant ou après Pâques, environ 100 thalers; tu me procurerais ainsi la possibilité de quitter Berlin, et tu m'affranchirais de soucis qui sont plus oppressants que tu ne peux l'imaginer. En ce moment^ je manquerais complètement

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