‹ Contes, récits et scènes en versChapitre 48 sur 57 · OT PEINTRE · texte numérisé non relu

OT PEINTRE

Un Peintre. 247

Une vieille femme en haillons Tombait et s'agitait dans des convulsions.

Bernier... j'ai dit son nom! se précipite; il jette

Au hasard pinceaux et palette,

Enlève la vieille en ses bras Et l'emporte en courant à la ferme prochaine,

Distante au moins de trois cents pas.

La tempête alors se déchaîne; L'averse jette au vent son flux diluvien, La foudre fend le ciel de sa langue écarlâte

Et derrière eux éclate :

Un coup sec ! Puis plus rien.

Là-bas, dans la maison rustique, On entoure de soins la pauvre épileptique :

On réunit tous les efforts,

On sèche, on étanche, on essuie Ses habits et sa coiffe alourdis par la pluie. Bientôt, réconfortée et d'esprit et de corps,

Elle peut se remettre en route.

On lui donne le pain, et le cidre et la goutte;

Et ce serait un grand hasard Si sa poche, au retour, ne contenait encore

Quelque pièce ronde et sonore

Qu'elle n'avait pas au départ.

348 Scènes.

La tempête est calmée; Notre peintre revient à son poste, à son art. Il regagne galment la place accoutumée Sans regretter le temps autrement employé.

La place, la voici. . . Mais quel coup de théâtre ! Il n'y retrouve plus qu'une cendre noirâtre, Des débris calcinés qu'il écrase du pié.

La toile qu'il peignait tout à l'heure, le siège Sur lequel il était assis (Dieu le protège 1)

Tout était foudroyé!

O Providence, Providence !

Les anciens n'ont jamais connu ton existence ; Ils citaient Simonide épargné par les dieux, Et ne comprenaient pas ton sens mystérieux.

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