LE ROSEAU CHANTANT
Au Président Benoît-Champy.
Il était à Florence un vieux musicien,
Un des derniers débris de l'art italien,
Un chanteur (en ce temps il s'en trouvait encore).
On l'appelait Pietro ; l'autre nom, je l'ignore.
Il était sans parents, mais non pas sans appui :
Sa fille Nitidja vivait seule avec lui,
Une charmante enfant, un poétique rêve,
Son espoir, pour tout dire en un mot, son élève.
Jamais on n'entendit sortir un son plus beau
D'une bouche de femme ou d'un gosier d'oiseau.
J'ai dit qu'il était vieux; j'ai tort, mais c'est l'usage Que les musiciens vieillissent avant l'âge.
Ce n'est pas tout encore (il faut le dire ici), Le bonhomme était fou (cela se voit aussi) ,