LE ROI DE ROME
Vous aimez les contes de fées, mes enfants, les contes où se trouvent les événements les plus extraordinaires et les plus opposés : ceux, par exemple, où il arrive que de simples chevaliers deviennent rois ; ceux où Ton voit des rois devenir pauvres et errants. Eh bien!. je veux vous en dire un, plus incroyable peut-être que celui de la Belle au Bois Dormant y plus intéressant et plus moral que celui du Petit Poucet; oui, mes enfants, je veux vous dire un conte bien surprenant et pourtant bien vrai etbien triste. Ecoutez donc très-attentivement ; car lorsque je parle de cette touchante histoire , il me vient des
larmes aux yeux comme si j'étais p&:e, et que je fasse obligé de vQivs «itretenir de mon pauvre enfjpint qui serait mort.
En 1811, toute la ville de Paris était dans Pattente, car rimpératrice Marie-Louise allait donner un héritier à l'Empereur ; et comme, ainsi que vous l'apprendrez plus tard, les femmes en France ne peuvent pas hériter du trône, c^était un événement bien importait que l'enfent à qui l'épouse de l'çmpereur Napoléon donnerait naissance, fût un garçon plutôt qu'une fille. Or le peuple se pressait en foule autour des Tuileries. Il vous est souvent arrivé, n'est-ce pas, d'assister à une cérémonie, à .une fête publique oy il se trouve beaucoup de monde. Vous avez pu voir combien il faut de soins pour contenir la foule : ce sçMpt deç ligues de soldat^, le fusil ^u bra? ; deg cavaliers qui vont et viennent au galop, le sabre i la ipains des gepdarmes et des argents de ville qui heurtept ^t repoussent rudement ceu^ qui s'avancent trop ; et puis du côté de$ curieu;^, ce si^t d^ cris»