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nité du aang royal, je m'en soucierais comme d'un pot de petite bière. Je suis las de femmes ; notre défunt roi Henri m'en a dégoûté.
— Mais dites-moi donc pourquoi on la sépare ainsi de sa famille, et pourquoi son arrêt sera exécuté dans l'intérieur de la Tour ?
— Ils ont peur que sa jeunesse et sa beauté n^in-
téréssent le peuple.
— Pourquoi donc, si elle est coupable, dit Fayry, le peuple s'intéresserait-il à elle ?
i88 CONTBS POUR LES ENFANTS.
— Parce qu'il y en beaucoup qui croient que ses droits valent mieux que ceux de Marie Tudor, notre reine, et qu'il y en a aussi qui pensent que, lors même que ses droits ne seraient pas préférables, elle ne doit pas être punie de l'ambition de son grandpère, qui seul Ta mise en avant et Ta fait proclamer reine à son insu.
— Du diable, si j'y comprends rien, reprit Fayry; il me semble à moi que, si lady Jane Grey a des droits au trône d^ Angleterre, notre reine à nous, la belle Marie Stuart, en a de tout aussi fondés.
— Ce sont absolument les mêmes, répliqua maître Jack, avec cette différence que Marie Stuart, fille d'un roi étranger, est étrangère, tandis que Jane est de pur sang anglais.
— C'est une histoire embrouillée comme récheveau d'une fileuse irlandaise, reprit Fayry ; et je ne veux pas me casser la tête pour la comprendre, je chargerai ma hache de l'éclaircir popr moi et pour la reine Marie Tudor.
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— Ah ! voilà bien parler en rustre écossais, s'écria Jack avec mépris, en brutal qui firappe au hasard sans savoir pourquoi.
— Eh bien! puisque nous avons une heure devant nous, expliquez-moi donc pourquoi lady Jane a été condanmée par le Parlement qui l'avait re-: connue.
— Écoute donc, dit maître Jack, et vous aussi, mes drôles, pour vous bien persuader que le sceptre des rois est comme la hache du bourreau, on n'y touche qu'à deux conditions, ou pour en frapper, ou pour en mourir. Lorsque notre saint roi Henri VllI mourut, il laissa trois enfants ; notre gracieux souverain Edouard VI, qui est mort il y a six mois et ses deux sœurs, Marie notre reine et la princesse Elisabeth. La première est fille de Catherine d'Aragon et la seconde d'Anne de Boulen, que f ai eu l'honneur de décapiter de ma propre main. Sans aucun doute, elles auraient dû succéder à leur frère Edouard, Marie d'abord, Elisabeth ensuite ; mais il était arrivé que le
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idè CONTES PO^R LES ENFANTS.
roi Henri VIII leur père, en faisant casser ses mariages par le Parlement, les avait toiites deux déclarées illégitimes et incapables de lui succédîer. Ainsi, vous voyez, le trône manqpiait d'héritier, après la mort d'Edouard.
— C'est tout simple, dit Payry ; mais je ne vois pas comment cela donne des droits à lady Jane et à notre reine Marie Stuart?
— C'est pourtant bien simple, reprît miaître JacL Si Henri VIII était mort sans enfants, ou bien si ses enfants étaient morts ou avaient été déclarés fllég^times comme cela est arrivé, à qui serait revenu le trône ?
— Et pardieu I reprit Fayry , à Marguerite d'Angleterre, la sœur aînée du roi Henri.
— Et ensuite, ajouta Jack, à Marie d'Angleterre sa soeur cadette, n'est-il pas vrai?
— Eh bien ! dit Fayry. . .
— Eh bien ï dit Jack, qui est-ce cjfd rei>réséntié les droits de Marguerite, sœur dé Henri VIÎI ?