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— Parbleu ! s*écria Fayry enchanté de cette découverte, c'est notre reine Marie Stuart, sa petite fille, puisque Marguerite épousa Jacques IV, notre roi et en eut Jacques V, qui est le père de notre Marie. C^est donc Marie Stuart qui est Ja vraie reine d^Angletwre, puisqu'elle descend de la sœur aînée d'Henri VÏÏI.
— Doucement, reprit Jack; elle a été déclarée étrangère comme fille d'Écossais, tandis que lady
Jane, petite-fille de Marie, sœur cadette de Hen-
ri Vni, est de pur sang anglais.
— Comment cela se fait-il , répliqua Fayry, la princesse Marie a été mariée à Louis XII, roi de France?
— Sans doute, continua Jack, mais elle est devenue veuve, est rentrée en Angleterre et y a épousé le duc SufTolk que tu as aujourd'hui dans ta fournée ; de ce mariage naquit une fille qui a épousé lord Henri
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Grey, qui t'appartient aussi, et de ce nouveau ma-
riage est née lady Jane Grey, qui me revient, et qiù
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est la femme du jeune Dudley, que je te recommaude particulièrement.
— A ce compte, reprit Fayry, et si la qualité d'étrangère doit définitivement exclure Marie Stuart du trône d'Angleterre, les droits de lady Jane me semblent incontestables.
— Doucement! doucement! s'écria de nouveau maître' Jack. Voici là question : pendant que les partisans de lady Jane la proclamaient reine, la fille aînée de Henri VIII, Marie Tudor, a fait comprendre au Parlement que Facte qui la déclarait illégitime était une iniquité^épouvantable ; on Ta reconnue propre à succéder à son père, et, quarante mille honunes d'armes aidant sa logique, elle a prouvé qu'elle avait raison, et que lady Jane était une coupable usurpatrice.
— Et c'est pour cela qu'on la tue ? dit Fayry.
— Pour cela ; quoique ce soit ce vieux duc qui ait tout fait, jusqu'à la déclaration d'Edouard VI, qui désignait lady Jane pour son héritière.
— N'y en avait-il pas aussi une d'Henri VIII en
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&veor de Marie Stuart, dans le cas où son fils Edouard mourrait sans en&nts ? , — C'est vrai ; mais qu'elle regarde un peu où pareil titre a mené lady Grey et qu'elle reste dans sa pauvre Ecosse, sinon...
— Bah I s'écria Fayry, profitez dé l'occasion. Vous n'en trouverez pas une pareille ; on ne rencontre pas toujours sur le trône des reines qui prennent plaisir à tuer leurs rivales ^t leurs parentes.
A ces mots, ils se séparèrent; trois valets suivi rent Fayry à Tybum, un seul accompagna maître Jack à la Tour.
Le soir vint, Fayry rentra le premier, il était ferme et dégagé, il avait l'air content de lui; il appela tout haut maître Jack en arrivant, et fut étonné d'apprendre qu'il n'était pas rentré; il plaisanta sur sa longue absence, disant qu'il était urgent de le remplacer et qu'il devenait lent et paresseux. Pendant ce temps, la table se dressait et le souper fumait dans une immeqse marmite. Au milieu des propos joyeux
de Fayry et des autres valets, la porte s'ouvre et maître Jack se présente ; il était pâle, défait, anéanti, son valet tremblait derrière lui. Dès qu^il eut passé le seuil de la porte, il tira de dessous son manteau sa lourde hache, Téleva au-dessus de sa tête et la lança de toute sa force prodigieuse sur le mur qui hii faisait &ce ; la hache y pénétra profondément et le manche brandit longtemps conune tenu par une main convulsive.
— Exécration! s'écria-t-il ; ce que j'ai fait est infâme! *
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Le silence remplaça la gaîté ; on s'approcha, on
voulut s'informer; mais il ne répondit pas et se prit à répéter en prenant sa tête dans ses mains :
— Miséricorde du ciel, c'est infâme, infâme, infâmell!
Puis il prit une cruche de bière, la but d'un seul trait, et dit brutalement :
— Soupons.
On s'assit; on. le considérait avec une curiosité
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qui se brisait contre la sombre expression de son visage.
p^abord il mangea goulûment, avec colère, il but de même : puis il s^arrêta, son assiette resta pleine, son verre vide ; il appuya sa tête sur sa main, ses traits s'amollirent peu à peu et Fayry se hasarda à dire:
— Eh bien! maître, qu'avez-vous?
— Fayry, lui répondit-il d'une voix émue, c'est infâme, te dis-je ! C'est infâme ! Imagines-toi que je
suis arrivé dans la prison ; on m'a introduit dans la
salle où Texécution devait avoir lieu, le billot était prêt et trois gardes veillaient à chaque porte. A peine étions-nous arrivés qu'une femme s'est
présentée, c'était la princesse Elisabeth.
— La princesse Elisabeth ! s'écria Fayry.
— Elle-même, que sa. sœur Marie Tudor tient enfermée à la Tour depuis la conspiration de Wyatt, quoiqu'on n'ait rien trouvé qui l'accusât.
— Elle venait peut-être considérer le sort qui la menace.
— Je ne sais, reprit maître Jack, mais elle a toogtemps mesm^ la salle de Uœil ; elle s'est approchée de moi, elle m'a examiné avec attenlion ; puis elle a frappé du pied sur les dalles de pierre.
— Cette salle est sourde ? mVt-elle dit.
— Les cris d'un enfant , lui ai-je répondu, n'y viendraient pas aux oreilles d'une mère.
— Et le sang se lave aisément sur ces dalles, a-telle ajouté.
— Quelques pintes d'eau, et il n'y parait plus. Elle a souri ; puis, oubliant tout ce qui l'entourait,
elle a appuyé sa main sur le billot, et s'est perdue dans ses réflexions. Peu à peu, elles l'ont gagnée à ce point qu'elle parlait tout bas, mais je n'ai pu entendre que cette parole qu'elle a dit en frappant le billot :
— Après tout, c'est peut-être la meilleure base du trône.
Aussitôt elle a ordonné à un soldat de la conduire dans l'appartement de Jane Grey, et elle est sortie. L'entretien a duré longtemps; car ce n'est qu'uae