SECOND DÉCRET
Article l'^ « Nous adoptons tous les enfants des
généraux, officiers et soldats français morts à la bataille d'Austerlitz.
Art. II. u Ils seront tous entretenus et élevés à nos frais; les garçons dans notre palais impérial de Rambouillet, et les filles dans notre palais impérial de Saint-Germain. Les garçons seront ensuite placés, et les filles mariées par nous.
Art. III. » Indépendamment de leurs noms de baptême et de famille, ils auront le droit d'y joindre celui de Napoléon. »
Quelques jours encore après, il passa la revue de toutes les divisions de son armée, et donna partout des marques de son contentement. A chacune il témoigna, dans ses ordres du jour, sa satis&ctioo de sa brillante conduite. Enfin^ à la revue de la division Vandamme, il arrive devant le front du !•' bataillon du 4^ de ligne, qui avait ployé un moment sous Teffort de la garde russe. Il s'arrête, son visage se rembrunit, il parcourt la ligne d'un coup d'œil irrité, et tout à coup il s'écrie brusquement : « Sol-
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n dats, qu'avez-vous feit de Taigle que je vous ai » donnée? vous m'aviez juré de la défendre jusqu'à » la mort, » Un silence profond répond seul à cette vive interpellation. Cependant le major du régiment s^avance : a Sire, dit-il, le porte-drapeau a été twé au moment de la charge : immédiatement après on nous a ordonné un mouvement sur la droite^ et o» n'est qu'alors que nous nous sommes aperçu^i quft notre drapeau avait disparu. ^ Et qu'avez-vous fait alors sans drapeau ? reprend l'Empereur avec se* vérité. — Sire, ajouta le major, nous avons été^ chercher ceux-ci pour prier Votre Majesté de noua rendre une aigle en échange. Et deux grenadiers avancent portant chacun un drapeau enlevé à des régiments russes. L'Empereur les considère et semble hésiter un moment. Enfin il s'adresse au régiment : — Soldats , jurez-vous qu'aucun de vous ne s'est aperçu de la perte de son aigle? — Nous le jurons! répond le régiment entier. — Jurez-vous, reprend l'Empereur, que vous seriez
tous morts pour le reprendre si vous l'aviez — Nous le jurons! répond encore le régiment. — î vous garderez celle que je vous donnerai, car soldat qui a perdu son drapeau a tout perdu. -^ cris tumultueu?^ répondent encore : C'est un ser
solennel et terrible à la fois. — Eh bien ! dit l'Em^
reur en souriant, je prends vos drapeaux et je vooi rendrai votre aigle. »
Voilà quelle fut la conduite du seul corps qui ne fut pas irréprochable dans cette bataille. En loule autre occasion c'eût été de la gloire ; à Austerlitz ce fut à peine une excuse.
m: RIVALITÉ