‹ Contes sans prétentionChapitre 37 sur 41 · DE MURÂT ET DE DAVOUST · texte numérisé non relu

DE MURÂT ET DE DAVOUST

Malgré Topinion un peu anti-française de certain général qui se plaît à jeter sur Napoléon tout le blâme des désastres de la guerre de Russie, malgré son admiration pour toutes les défaites des Russes, durant la marche de l'Empereur jusqu^à Moscou, il est juste de reconnaître qu'il se trouve ailleurs que dans son imprudence et son incapacité des causes essentielles de nos malheurs, et que le grand homme ne fut pas si niais qu'on nous le montre. Peut-être

les doléances de certains généraux qui ont l'air de croire que la guerre peut se ftdre sans bras coupés ni hommes tués, peut-être aussi la mollesse de qudques-uns et la rivalité de quelques autres, n^ontelles pas peu contribué à jeter le désordre et le découragement parmi notre armée? Voici une preuve fatale de cette rivalité qui laissait les soldats incertains, et qui leur enlevait souvent l'enthousiasme qu'il fallait à cette guerre.

Napoléon venait de mettre Davoust sous les ordres de Murât, qui commandait Tavanl-garde d« Tarmée, et Ton était arrivé à Slawkowe : c'était le 27 août. Le 28, Murât pousse l'ennemi au delà de rOsma. Avec ses cavaliers il passe la rivière et attaque vivement les Russes, qui s'étaient logés sur une hauteur, de l'autre côté de l'eau, et qui pouvaient aisément y soutenir un combat opiniâtre ; ils le firent d'abord avec quelque succès, et Murât, voulant épargner, quoi qu'on dise, sa cavalerie dans un endroit dont le terrain était difficile, fit ordonner à

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