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CHAPITRE XVII

lie Siège de Bude*

On se battit deux ans en Hongrie. Bude semblait imprenable. Dans l'été de 4686 le duc de Lorraine s'avança avec des troupes fraîches contre la place; il avait sous ses ordres l'électeur Maximilien-Emmanuel de Bavière et le prince Louis de Bade. Ainsi trois généraux renommés se réunissaient pour détruire la ville de Bude. Les travaux furent poussés avec une activité sans égale ; on livra assaut sur assaut; mais on se retira toujours battu par le courage et la sagesse d'Apti pacha.

Cependant on avançait, par les fossés et les ouvrages couverts, toujours plus près de la place. Le duc de Lorraine envoya le comte de Kœnigseg au pacha , avec sommation de se rendre. Le pacha répondit : a Je rendrai des cadavres et des ruines. » Sa lettre était liée d'une soie rouge pour en indiquer le contenu.

Cette réponse Spartiate excita davantage la fureur des assiégeants; ils redoublèrent d'efforts. Le pacha comptait sans doute sur le secours du grand vizir , qui approchait avec une armée d'observation ; mais celui-ci fut battu par le duc de Lorraine, et une brèche fut faite aux murs de Bude.

Lorsque la brèche' parut assez avancée, on résolut de

livrer l'assaut; mais la valeur désespérée du pacha opposait encore de grands obstacles. On espérait encore le séduire par des propositions (laiteuses, et Ton songea à lui députer un officier distingué. Le prince Louis, sous les ordres de qui Olivier servait en qualité de major, le proposa comme un homme sûr et habile.

Olivier reçut donc la commission de se présenter aux portes de Bude pouç déterminer le pacha k se rendre : on lui annonçait que, s'il tardait plus longtemps , un assaut général serait livré, et qu'on n'accorderait aucun quartier k la garnison. Le major Olivier, accompagné d'un officier, d'un truchement et d'un trompette , se dirigea à cheval vers la forteresse. Il fut admis sur l'heure dans la place, et conduit au palais du pacha.

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