‹ Contes suissesChapitre 159 sur 159 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Fin de cette mémorable Hifttwire.

La mère Manon arriva hors d'haleine. Elle avait attendu son gendre futur ; il n'était pas venu. Au dernier coup de cloche, l'inquiétude l'avait portée a aller chez messire Hautmartin. Mais elle éprouva une nouvelle surprise : on lui dît que le bailli de Grasse, accompagné de valets de la viguerie, avait saisi les papiers du juge, et l'avait emmené prisonnier.

— C'est encore une noirceur de Colin ! se dit-elle. Et elle courut au presbytère pour s'excuser auprès du père Jérôme. Le bon vieillard vint a sa rencontre en souriant, et lui présenta avec orgueil le nouveau couple.

La mère Manon en perdit presque la raison. Mais Colin montra plus d'éloquence qu'il n'en avait jamais déployé; il parla de son amour, de la perfidie du juge, et supplia la mère Manon de bénir ce qui était fait, et ce qui, après tout, était sans remède.

Le père Jérôme, qui n'entendait rien de ce qu'on disait, élevait pieusement les mains, et s'écriait : « Les voies de Dieu sont merveilleuses ! » Colin et Mariette pressaient Manon dans leurs bras, et, de guerre lasse, elle consentit a leur union.

496 LA CKUCBE CASSÉE.

— Mais suis-je vraiment (a femme, Colin? demanda Mariette.

Pour toute réponse Colin l'emmeua dans sa ferme. Toute la Napoule assista a la noce; et les débris de la cruche furent conservés dans la famille comme une sainte relique.

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