CHAPITRE XL
Vie* Voie* île Bleu.
Colin partit le même jour, et alla trouver le bailli de Grasse. La mère Manon alla trouver le père Jérôme. Elle revint en disant à Mariette d'aller chez le curé, qui voulait Jui parler. La jeune fille obéit.
En route elle rencontra Colin qui venait d'arriver. Il la salua timidement; elle lui dit qu'elle allait chez le curé. J'y vais aussi, dit Coliu, car il faut que j'aille lui porter l'argent de la dîme. En s'acheminant ensemble Colin lui prit la main en silence; ils tremblaient tous deux comme s'ils eussent commis un crime.
— M'as-tu pardonné? dit Colin. Ah l Mariette, que t'ai-je fait pour être si cruelle envers moi ?
— Sois tranquille, Colin, dit-elle, je te rendrai mon ruban. J'étais bien sûre que c'était toi qui m'avais donné la cruche.
— Peux-tu en douter? Vois, je te donnerais tout ce que j'ai!
Elle ne lui répondit pas. Ils entrèrent ensemble au presbytère, et attendirent quelques moments. Colin profita de la solitude où il se trouvait, et baisa avec feu la main de Mariette. En ce moment la porte s'ouvrit, et le
vénérable père Jérôme s'offrit k eux. Les jeunes gens étaient confus d'avoir été surpris.
Le père Jérôme s'avança vers eux : Mes enfants, aimez-vous l'un rautrq^diicil^e^ij lpqr tint un petit discours touchant : car la surdité du vieux curé l'avait empêché d'entendre le nom du futur, et il croyait que c'était Colin.
Mariette fondit en larmes : Ah ! s'écria-t-elle, je l'aime bien ; mais il me hait 1
— Moi te haïr! Mariette; je n'aime que toi depuis que tu es a la Napoule. 0 Mariette! toute la ville le sait bien!
Le vieillard ne leur laissa pas le temps de s'expliquer davantage ; il prit leurs mains et les upit en disant : Enfants, enfants, aimez-vous l'un l'autre!
Mariette se jeta dans les bras de Colin, qui la couvrit de baisers. Ils oublièrent le curé et te monde entier, et se trouvèrent sans le savoir devant l'autel avec le çère Jérôme.
— Mariette! disait Colin en soupirant.
— Colin! disait Mariette.
11 se trouvait beaucoup de monde daps l'église; mais l'étonnement des assistants fut grand en voyant le mariage de Colin et de, Mariette. Plusieurs d'en tr' eux s'échappèrent avant la fin de la cérémonie pour en ré-
pandre la upuyelie djufê la Naj?<Wta.
Le père Jérôme était ravi ; il n'avait jamais béw de couple plus, assorti.
LÀ 4XDCHB «2UKÉB. 498