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temple, mais le moineau se réchaulle à son rayon. Parle! Pourquoi redouteiais-tu l'insulte à l'objet de ton culte. Ln blasphème n'atteint que ci'lui qui le profi^TC. Et ne sais-tu pas que la foroe postiiume des martyrs s'accroît en proportion directe des malédictions lancées par les persécuteurs? Que serait la gloire des saints si le mal n'existait pas ? Parle ! »
J'obéis.
Au cours de ma longue existence, j'ai négligé l'action apparente. Comme tous les hommes dont rinlellecl éploya son vol hors du temps, à la stérile agitation des occidentaux en mon siècle je ne pouvais accorder qu'une commisération dédaigneuse. Ma vie fut uniquement sentimentale et conceptuelle; et je n'ai affaité le faucon de ma volonté que pour le lancer au gouffre du Mystère. Depuis un demi-siècle environ, au mépris de toutes fins mortelles, seul l'effort vers le Divin hanta ma pensée.
Par suite de contingences qu'il est supei'flu d'énumérer, ma jeunesse se trouva très-mèlée au monde. En citant ce détail, je désire établir que je ne fus pas un ennite contemplatif dont la solitude déforma la vision. A vingt-cintj ans ^1 m'avait été donné d'acquérir une expérience des hommes pouvant défier celle de ces misé-
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rahlcs vieillards (jui durant de longues aimées se eomplurent à la vanité de l'intrigue sociale.
J'avais vingt-six ans quand m'arriva l'événement qui décida de ma vie postérieure : Ma femme devint enceinte.
Hélène comptait alors vingt trois ans. Elle rappelait le type de Vierge que chérissent certains Primitifs du Nord conune Memling et Jean Van Eyck. La loi des attractions nous avait poussés l'un vers l'autre: mais son esprit, bien qu'évoluant, sous l'impulsion native, dans la sphère d'idées où Je m'élançais, conserva son originalité tout en s'épanouissant au contact du mien. Assurément il s'imprégna des émanations de ma pensée, mais sans perdre le charme de son parfum initial. Son âme profonde, merveilleux clavier oii les doigts des anges, en s'y jouant, éveillaient d'harmonieuses intuitions, se révélait dans ses candides yeux noirs et dans le caractère archaïque de sa beauté attestant ce phénomène d'hérédité, nommé par les physiologistes modernes « le retour ancestral », grâce auquel un être ressemble à quelque ascendant, prototype de sa race. Mais l'énergie aggressive de l'aïeul, un guerroyeur de la Renaissance, un maréchal de France
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fameux donl la famille, en dos siècles lointains posséda la couronne de Bretagne, s'était transformée, chez lajcune femme, en une force de mélancoliijuo douceur.
A la certitude dt; sa maternité, Hélène fut prise d'une inquiètude(i ue je partageai. Appeler, du fond de l'Inconnu, une âme à la vie, c'était une responsabilitt' qui' notre jeunesse n'enxisageait pas sans trembler.
— Soit, affirma la jeune mère, cet ei\fant, ce sera mon chef-<euvre, à moi. Ivre du Beau, mon esprit est un oiseau qui voleparmi des mondes dont il revient ébloui sans pouvoir en rapporter, pour témoignage, la moindre fleur en son bec rosé. Si j'étais homme, je subirais la torture des poètes impuissants à réaliserleur vision. La faculté d'expression me fut refusée : etquel- (juefois je m'attristai de me sentir artiste stérile. Oui, cet enfant sera mon chef-d'(ruvre. Je veu.x créer un être sublinn*, un être de Lumière et de Beauté. Et l'idéal que j'entrevois derrière un voile de brume, il le contemplera de ses yeux d'aigle, <lans une intégrale splendeur, avec la scit'ine limpidité du génie.
Dès lors, il fut convenu que nous unirions nos forces afin d'éveillerà la vie un magnifique modèle humain?
— Mais, dis-jo à Hélène, co n'est pas aujourcriiui que commence ce travail. Chaque effort (l'élévation, chaque minute d'exaltation vers le Divin perçu sous l'une de ses manifestations multiples, chaque coup d'aile vers le triangle du Beau, du Vrai et du Juste, chacune de ces volitions disparues qui constituent la partie noble de notre passé, tout cela n'est pas perdu, — non plus hélas ! que le fardeau de nos défaillances et de nos erreurs. Et c'est parce que tu es natalement pure qu'il te sera permis de donner la vie à un être supérieur.
Hélène se livra toute entière à son œuvre de création avec une constante énergie, en suivant scrupuleusement mes indications successives.
Cette arrivée d'un enfant au monde terrestre, ce mystère de l'incarnation qui déconcerte les hommes, je pus lui en révéler certaines phases, et sa merveilleuse intuition pénétra d'un coup des arcanes sur lesquels a longuement peiné la méditation d'admirables penseurs.
A la lumière puisée dans mes études je pouvais soulever quelques-uns des voiles, dont le secret du Verbe fait chair est enveloppé par la science moderne qui connaît seulement les modifications des phénomènes d'embryologie, et parles religions, qui, toulcs, dans le symbolisme de la
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Cliulo t't de la Rt'tk'inption enseignent, à qui la peut entendn-, une part de l'éternolle Vrrité.
La science exot('i'i(jue, sur le plan ]jliysi(jne où le borne son investigation, a entrevu, très incomplètement d'ailleurs, sous le nom d'Evolution l'une des lois primordiales qui ordonnent le monde. Elle n'a pas encore compris que cette Loi est mystiquement énoncée, sous le titre de Rédemption, par toutes les théologies. Mais elle ignore, — et sans doute elle ignorera toujours, — au pôle opposé, la loi d'Involution, que les religions appellent la Chute, et selon laquelle s'opèrent les naissances.
Comment une âme, émanation de l'Absolu descendant la spirale de l'Involution, entre-t-elle dans la matière? Comment est-elle emportée par le vertige de la Chute, vers la matrice de la femme, premier tombeau delhonniie"? sur ce mystère, je ne puis lever ici qu'un coin de voile :
Par l'Amour, par l'étreinte auguste de leur chair, le couple humain attache aune parcellede matière un principe de la Vie Universelle. Ainsi crée-t-ilun centre d'attraction dont la puissance rayonne versles splièresoù circulent les esprits en désir d'incarnation. Le Verbe d'un couple appelle une âme de sa race. Plus haut s'élancet-il vers le zénith de l'Infini, plus belle et plus
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noble est-elle, celle qui répond à Finvocalion cliarnelle. Mais il se peut que l'aile Je l'Amour emporte, quelque jour, uu-d'^.là sa sphère d'attraction accoutumée, la virtualité génératrice d'un couple vulgaire ; et c'est pourquoi une femme de beauté, un pur génie quelquefois naquirent d'une paire de bourgeois un instant magniliés par l'extase d'un spasme.
Les esprits en attente de vêtir la forme corporelle obéissent, comme tout au monde, à la loi de Hiérarchie. C'est un esprit élémentaire qui entrera dans la peau d'un rustre : c'est un esprit déjà fleuri d'un antérieur développement qui habitera le cerveau d'un Dante. « Tout être créé est une Révélation dans la Chair », disent tous les mystiques par la voix de iNovalis. Et la plus haute révélation s'incarne dans les Héros, types suprêmes de l'humanité que jadis la pieuse Helladeproclamaitdemi-dieux : Phidias, Shakespeare, Léonard de Vinci, Platon, saint Jean, Jacob ïiœhme...
— Je veux, dit Hélène, être la mère d'un enfant de cette beauté.
— Prends garde! Toute grandeur s'expie par une douleur. Les sept glaives sont réservés au cœur des mères glorieuses.
— Souvent aussi, hélas! à celui des humbles
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m<'n's. La oroyanco populaire afïirmo que pendant la grossesse, les sentiments de la mère inflent sur l'enfant.
— Elle a raison. L'ànie populaire est le puits où s'est croupie l'eau pure de la Vérité. La Grèce anti(jue connaissait u!i art ignoré des modernes, ces contein[)t('urs de la B«'auté : la callipédie. ou l'art de créer de beaux enfants.
— Cet art, ami, peux-tu le reconstituer?
— Nous pouvons y tâcher.
— Mais d'abord il faudrait sasoir le sexe de l'enfant.
— C'est facile. iNous contrôlerons l'un par l'autre deux procédés: C(dui des pliysiologistes contemporains et C(dui des sages anciens.
En attendant, nous aurons recours à la lucidité magnétique. Toutes les formes sont inscrites. — hors du temps, — dans la lumière sidi'-rale connue dans une succession d'épreuves photograj)hi<iues instantanées. L'homme luagnétisé dont le corps sidéral, est mis eu rapj)ort avec cet universrd réceptacle des reflets, perçoit ces form«'S inaccessibles à ([ui n'es! j)as en l'Iat de A'oyance.
J'endormis une jeune lille dont j'a\ais antérieurement éprouvé la lucidité :
— C'est une fille, dit-elle. Oh! (ju'elle est
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1)L'11(' ! Elle naîtra dans ia proniièro quinzaine de décembre, un samedi, avant minuit. 11 mest impossible de lire la date exacte, d'en savoir darantage. Réveillez-moi.
Le sexe «'tant connu, il fallait donner à Tenfant un nom.
Noîiiiner un être, c'est le vouer, c'est le vêtir d'une chape de soie ou d'une robe de Nessus, c'est attacher à son col un talisman d'or ou de ploml). Certes, rien n'est indifférent à une destinée huiniine, et les éventuilités que le vulgaire attribue à un absurde hasard se manifestent comme les effets de causes inconnues. Mais la volonté qui associe à la sonorité de quelques syllabes l'individualité d'un être fait une inconsciente incantation dont les vibrations, réfractées par le bouclier du Destin, viennent r»'tomber sur la tète de ce vivant en ondes de maléhces ou de gloire, de tristesse ou de félicité. Sur cette vérité, la divination des grands poètes habitués à manier la vertu évocatoire des paroles s'accorde avec la science des Prophètes. Il est dit dans les Védas : « Tu donneras à ta fille un nom sonore, abondant en voyelles, et doux à voltiger sur les lèvres de riiomme. » Au berceau des princes de légende, les fées marraines investissent les frêles filleuls de syllabes
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heureuses, et ce n'est pas iulileinciit (|uelt's religions baptisent les )iouveaux-n«''S de noms quillustrèrent priinilivenient. martyrs ou saints, des êtres il'une humanité supt'rieurc et que niniba dune force occulte la vénération postérieure des races.
L'enfant reçut les noms de Miriame Ih'lène, exprimant chacun l'idéal féminin d'une civilisation. Le vocable hébraïque Miriame, dont je n'ai pas à commenter ici le mystère hiéroglvplii- (|ue. désigne la femme dont le front est couronné du septénaire d'étoiles et dont les pieds foulent le Serpent de la lumière astrale.
Dans le mythe homérique, Hélène, la fennne dont les vieillards troyens suivent extasiés le sillage charmant, porte un nom qui précédé «l'un nouveau hiérogramme, est attaché à l'éclat de la lune (Séléné), et dont la racine El apj)elle innnuablement, dans les initiales langues dOrient, — restes de la langue-mère — toute conception de splendeur, de gloire, de magnificence. Si c'est pour quelques rares voyants que le nom d'Hélène éveille la révélation métapliysique enfermée dans sa suave sonorité, du moins griîce à l'énergie dune longue tradition, représente-t-il aux imaginations moins profondes d un [dus grand nombre lidée de la su-
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prènio beaiitô. dv la plus rayonnanlc i'oniic d'huinanité que la nature ait fait jaillir de sa matrice.
Un nom contient en lui la représentation de l'ensemble de pensées dont il appelle les correspondances chez l'honHiie ([ui le prononce. Il réunit donc à sa vertu essentielle celle qui lui est attribuée par la tradition d'une collectivité bumaine, et celle dont il est aimantée par le vouloir qui en cbape un être. Le nom est le symbole vivant de l'être qu'il désigne.
Portant dans ses flancs un être inconnu que sa maternité appellait du c(eur de l'Infini, Hélène se considérait comme un temple que ne devait profaner ni une pensée vile ni une vision de laideur.
— Esprit de mon enfant, tant que ta forme obscure emplira mon ventre, tu vivras en moi comme dans un palais splendi<le où le génie des grands artistes a peint les murs à fresque ! Je ne penserai jamais à toi, jamais à une partie de toi sans y associer quelque idée de beauté... Mais, me demanda-t-(dle, l'àme de l'enfant estell(^ entrée en lui pendant <jue la mère le porte ?
— D'après la doctrine secrète, l'àme ne commence à s'attacber au belus (jue lorsqu'il a un
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('rr\(';iu, c't'st à «lirr. suivant les doiinres de rt'iuhrvolog^ic. vers le luiilirinr mois. Mais cllr lldttc alors autour Je lui. (l'est srulwnicnt à l'instant df la naissance (juCllc le pénètre on même temps (jue la première houllV-e d'air, connue à la mort, elle s'exale avec le dernier sout'tle. D'ailleurs, l'àme «'ssenlicUe ne s'allie jamais aussi étroitement au corps <jue l'enseignent exotéri(|uement certains théolo<i;-i(uis. Irréductil)le à l'emprisonnement ciiarnel. elle est raur(''ole où baig^ne la forme. Ton àme, c'est ton idéal !
Le peuple qui apparut, missionnaire adorable, pour donner à notre monde la plus magnifique révélation de la beauté, la Grèce, installait au.x" demeures de ses femmes de nobles (euvres d'art alin (jue l'œil des mères, liante d'une perpétuelle vision de vé'nust(''. imaginât des fils charmants comme des dieu.x. Comme ces génitrices, Hélène s'entoura d'une atmosphère de beauté. \ ivant à Paris la période de sa gestation, elle passait les journées au Louvre.
Les modernes ne conijirennent rien à lliarmonie du corps humain. Connnent une race habituée à considérer la lunlilé connue une boule ent<'ndrait-(dle le merveilleux poème de la plasticité'? Celte sacrilège ignoram-e de son plus ad-
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mirablo cliof-d'cruvre, la juste nature la cliàtie dans la chair même de ces hypocrites brutes. Elle les façonne en torses grotesques, en ventres immondes, en liideux membres, et les lance à l'ironie de la lumière, tas de viande amorphe, alin qu'un jour quehjue puissant veng^eur, quelque Daumier farouche fouaille pour innnortellement leur turpide apparence.
Triomphatrice du temps, la statuaire grecque les insulte de sa gloire et transporte de pures joies cette élite humaine, toujours renouvelée, à qui le destin assigna mission de conserver la flamme sur l'autel de la divine Beauté.
Des chefs-d'œuvre helléniques, celui qui avait inspiré à Hélène la plus intense émotion, celui qui aA'ait tordu d'un frémissement toutes ses fibres, et couvert son jeune visage de cette pâleur sacrée que donne un beau vers à des poètes adolescents, c'est la victoire de Saniothrace. Ah! maudite soit la cause qui mutila ce corps sublime! Certes la grande main qui t'a taillée dans le marbre, ù Victoire, àme pétrifiée, n'a pas voulu faire de toi l'allégorie monstrueuse de regorgement d'une armée par une autre, l'apothéose du meurtre et de la brutalité. 0 forme auguste, je sais le désir dont vibrent tes pieds sur ton rostre de pierre. Tu es la vie-
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toire de l'Iiumanité sur reiifVr, le Iriomplic du Triang^lr d'en haut sur le Triangle d'en bas. de la vérité sur l'erreur, du bien sur le mal, du beau sur le laid ; et lélancement lyrique de tes lianes, l'essor fougueux de tes larges ailes, t'emportent tout droit vers le climat de ta patrie, vers le mystère de ton rêve, vers le sein des dieux!
Comme tous les artistes aimant le caractère spiritualisé de la forme. Hélène reprocbait au corps normal de la femme la lourdeur des cuisses, colonnes génudlées supportant l'entablement trop puissant du bassin et de la croupe, massive architecture dont le poids écrase les tiges frêles des chevilles. Ainsi la femme apparaîtelle un superbe animal de reproduction, dont toutes les énergies se concentrent au ventre, vaste temple de la fécondité. -Voilant ce défaut, l'auteur (le la \'éiuis ^'i(■trix dut entourer dune draperie les jambes et le genou levt'. alin de faire jaillir d'une hampe isopérimètre la fleur du torse adorable.
La jeune mère évoquait à l'horizon de son inuiginalion un plus svelte idéal dv plasticité féminine, ennobli de l'élégance virile de l'adolescent, et proche de celui qui tenta les statuaires des ffermaplirodiles étendus, au Lou\re, sur leurs coussins di' marbre.
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Jour par jour, elle peupla la méinoirc de ses prunelles des plus radieuses tètes que caressa la main des grands nuiîtres. Les Vierges des Primitifs italiens, rovale élancé de ces visages dont chaque trait révèle une énergie de tendresse et d'amour, la sereine cand«'ur de ces fronts dorés, avaient envahi sa vision comme des portraits aimés. C'était à ces types, peu variés, de beauté féminine que son esprit vouait son sonoral baiser ; aux fenmies des Florentins et des Ombriens, à celles dont Sandro Botticelli adora la mélancolie voluptueuse, à celles môme dont Péiugin anima les joues roses d'une joie païenne de vivre. Mais surtout une magnétique attirance appelait Hélène aux femmes du suprême Héros de la peinture, du divin Léonard de Vinci. Comme elle aspira la grâce profonde, i'énigmatique douceur de ces profils qui sourient de cotinaître les arcanes de la mort et de la vie !
Parmi ces créatures de beauté, avait-elle choisi un prototype d'après lequel sa pensée volontaire tenterait de modeler dans ses entrailles le visage de son enfant? Elle se souvint qu'un jour, à V Académie de Florence, devant l'archange essorant, glaive au poing, dans le Tobie de Boticelli, elle s'était écriée en un élan d'admiration passionnée :