‹ Contes vrais [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 39 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

TEST TARGET (MT

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D'avord, il y a le tempéramment qui nous fait tourner comme le vent fait tourner une girouct{e, avec cette différence que l’on rit et que la girouette grince, Puis, ce sont les circonstances qui nous entortil'ent comme les araignées entortillent les mouches, dans leurs to ls ténues et collantes, et les chemins qui se bifurquent ! et les montées raides let les descentes vertigineuses !, . . Tenez ! la vie est ur jeu de hasard ; elle devrait être défendue.

Mais J'ai appris à souffrir. Je ne dis pas cela pour me vanter. Il n'y a que ceux qui ont eu peur de la souffrance qui se vantent d’avoir souilert. Or, savoir souffrir, c’est peut-être ce qu'il # a de plus utile à l'homme, et ceux qui ne de savent pas sont encore plus à plaindre que moi.

Et puis, il y a l'expiation.

Qui d'entre les hommes n'a pas quelques peceadilles sur la conscience 7, . . La route où nous cheminons est glissante . . . Le pied se hcurte à une pierre mise là d'aventure . . . La lumière est douteuse . . . On chancelle, on roule . . .

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Dicu aveugle ecux qu'il veut perdre, Pour-

QuOr n'aveuglorait-il Pas aussi, mais d'une

autre facon, ceux qu'il veut sauver, afin qu'ils

fassent des bévues, qu'ils ne soient pas heu-

reux dans leurs entreprises, que leurs projets À échouent, que leurs espérances s'envolent, que leurs richesses se dissipent, et qu'ils piient ainsi, dès maintenant, si leur soutnission est sneère, la dette du péché ?

SI je n'ai pas été chanceux, mon ami Célestin Graindamour l'a été. Dame !'avee un nom pareil, Vous me direz peut-être que le nom nv fait rien, Chacun peut penser et dire ç»

qu'il voudra, POUTVU que cela ne fasse de tort

théiconne, Je ne suis pas de l'avis de tout le

ONU, Moi ; je n'aime pas à opiner du bon- CÉ. 1

Mou ami Graindamour est né sous une Ë boue éto le : Vénus où PEpi de la Vierge, J'ai dit : Vénus. Nos Jeunes astronomes vont scurire où s'indigner, I] n'est pis permis, en cfet, de prendre pour une étoile cctte pla-

néte Voluptususe qui n'est pas plus grosse que l2 Terre, et ne vaut pas mieux qu'elle, Mais Son rayonnement est si vif qu'on la cro: ait

un grain de cette poussière de soleils qui monte sans cesse de linfini . . . Il en est done du ciel comme de la terre, et là comme ici l’apparence est trompeuse et l'éclat, souvent emprunté.

Tout de même, mon ami Célestin est né sous une bonne étoile. Je vais vous conter la chose, Si vous avez des doutes sur l'exactitude de mon récit, venez me prendre, nous irons ensemble à la maison hantée.

Avez-vous entendu parler de la maison hautée ? Une petite maison de pierre, dans le bo's du moulin, et vieille ! vieille ! . . . Elle doit y être encore, car après tout je n'ai pas TOVé ca.

Le était abandonnée depuis longtemps.

Quelquefois, lorsque nous allions à la pêche au crapet ou à la perchaude, dans la Grande Riviere du Chène, avant de descendre la côte sablonneuse, nous nous y arrêtions. Nous poussions les ais vermoulus de la porte et nous pénétrions dans les pièces basses et humides. La cuisine paraissait désolée avec son âtre béant et sa crémaillère noireie par la fumiée. Des hibous taciturnes semblaient se com-

plaire sur les pierres effritéos de la cheminée, Célestin, qui est adroit au tir, en a tué plusieurs. Moi, je n'ai Jamais de ma vie fait jouer la gâchette d’un fusil, J'ai peur du bruit.

Les bonnes gens du village disaient que c'était toujours le même hibou qui tombait sous le plomb de Célestin ; et je me rappelle l'exclamation soudaine et le geste comique de li mère Fanfan, un soir qu'elle nous rencontra portant triompha'ement l'oiseau de Minerve au bout d'une carabine, Nous sortions du bois.

— Encore le hibou ! fit-elle, en levant les bras au ciel.

Puis elle ajouta d'un accent découragé :

—Vous ne le tuerez jamais, ullez !

—Diable ! répliquai-je, il me semble pourtant, qu'il en a pour son compte.

J'étais curieux, tout de même, de connaître le pensée de la vieille femme, et je demandai :

— Que voulez-vous dire, mère Fanfan ? Nous “avons pas abattu le même oiseau deux fois . . . Ce qui est mort est mort.

Elle me regarda avec des yeux indignés,

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