‹ Contes vrais [microforme] (volume 2)Chapitre 18 sur 39 · EE · texte numérisé non relu

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puis sa bouche ridée fit une moue dédaigneuse :

—Je ne sais pas ce que je dis, peut-être . ..

— Pardon, la mère, repris-je, avec douceur, je ne veux pas vous offenser, mais Je comprends qu'ils sont tous de la même familie. C'est cela, n'est-ce pas © TT y à des familles de hibous : d:3 pères, des mères, des frères, de; coeurs, des cousins, des cousines, comme il y a des familles de loups, de renards et d'homme:

La vieille ne riait pas. Elle repartit :

C'est le même hibou ; il n’a pas de famille, . . pas plus que le payen qui est enterié dans la masure du bois.

—Comment Lil y a un homme d'enfoui là ?

Pas un homme, un payen, que je dis . . .

Et le hibou que vous tuez de temps en temps, c'est son âme à ce payen . . . L'âme est immortelle vous ‘savez . . . Le curé le dit assez souvent.

Elle était bien convaincue de ce qu’elle affirmait. J'ajoutai ;

— 11 devait avoir l’âme noire, ce payen que l'on tue et qui ne meurt jamais. L’avez-vous connu ?

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Elle se hâta de répondre :

— Moi, non, mais mon père, I] vivait seul, n'aimait pas les pauvres et dépouillait les riches.

— Et ils ne se plaignaient pas les riches ?

demandai-je, |

-—Se plaindre, pourquoi ? cela n'auiait servi de rien, car il était protégé par Béelzébuth.

— Quel est ce monsieur-là 2

— Vous voulez rire, Je le vois bien .

Tout le monde connaît Béelzébutt..

—Je ne l'ai jamais vu . . .

—Je vous souhaite de ne Jamais le voir . ., C’est satan en propre personne , ..,

—Oh !'oh ! je comprends . . Et ceux qu'il protège dorment done en sûreté ?

— Oui, mais c'est le réveil qui n’est pas diôle . . . Béelzébuth garde le trésor, ajoutat-elle.

—Quel trésor ?

—Le trésor du payen, dans la maison en | ruine.

/ $ | e , . e \ J'aurais voulu la faire parler encore, mais elle me tira sa révérence.

[4 | A Î IE 44 | L : — 08 a Al LI! —Excusez, dit-clle, je me rends auprès } . M7 Q Q Q | d'Henriette Lépire, qui est bien malade , . . | | pour mourir peut-être, 4 | Elle fit deux ou trois pas et revint.

j — Vous savez, recommença-t-elle de sa voix

glapissante, elle est entrée, l’autre jour, dans la masure, en passant, et elle a eu terriblement

peur.

—Ï1 pleuvait, je suppose, et elle s’est mise

| Et la vieille de se hâter de répondre :

{l —Des plaintes, mon bon monsieur, des gé- I] missements à fendre l’âme, puis aussitôt après, des ricanements . . .

a | à l'abri . . . À 1) —Ou ben le soleil était trop chaud et elle | j s’est mise à l'ombre . . .

4 | —Ïl n'aurait pas été nécessaire de se rendre F }| sous le vieux toit moussu, les branches de à LE sapin gardent bien de la chaleur, observai-je. 14 À | —ÆEt la mousse fait un bon lit, ajouta-t-elle, | il tout drôlement. :

| (f —Le jour baisse, partons, dit Célestin. û D |! —Elle a eu peur ? repris-je, un peu curieux 4 | de connaître la petite médisance. |

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