LÉ BAISER FATAL
Henriette la folle, comme on l’appelait ordiuairement, faisait souvent de longues prome- :: des à pied, sur les routes solitaires qui traversaient les prés et les bois. Au temps de la floraison, elle errait dans les prairies où se berçaient, comme des ailes de papillons, la renoncule d’or, le bluet d'azur, et la blanche Marguerite, dans les champs ensemencés où se déroulaient les nappes odorantes du sarrasin ei les vagues blondes de ’avoine et du blé. Ici cle prenait un épi qu’elle mettait dans ses cheveux, là elle cueillait une margucrite qu’elle cffeuillait en disant : Il m'aime... un peu... beaucoup... pas du tout... à la folie... Parfois elle jetait un éclat de rire, parfois aussi une larme coulait sur sa joue pâle.
Cependant ses pas ne s’égaraient point tou-
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