L.— Qui; je le jure
Q.— Quand avait eu lieu cette élection-là ?
R.—1II a dit cela dans l'élection qui a eu lieu ilya trois ou quatre ans,
Q.— Quel était le candidat libéral, à cette élection précédente ?
R.—C'était M. Sylvestre, le même candidat que dans la dernière élection, et M. Tranchemontague.
Q.—Quel était le candidat libéral, à cette élection-là ?
R.— C'était M. Sylvestré, le même qu'à l'élection en cette cause.
: Q.—De qui avez-vous compris qu’il voulait parler, en parlant de ceux qui étaient les enfants du diable et qui nvaient été enrégistrés sur la liste électorale ?
R.—Ën disant que c'était la majeure partie, j'ai compris que c'était notre parti, à nous autres, le parti libéral,
Q.—C'était le parti qui soutenait M. Sylvestre ?
R.—Oui; qu’on était rejeté par l'Eglise, puisqu'il nous a dit: sur treize ou quatorze cents comimunmiantse, dans la paroisse, quatre ou cinq cents tout au plus sont dignes de s’approther de la Sainte Table, pour les Quarante-Heures ; alors c'était bien aisé de comprendre que c'était notre parti, parce qu'on avait eu la majorité.
‘Q.—Et les Quarante-Heures ont eu lieu pendant cette électionlà même ?
ÆR.—Les Quarante-Heures ont eu lieu quelques jours après l'6lection antérieure; c’est le dimanche après la votation que les Quarante-Ieures ont commencé.
Q.-A l'occasion de ces Quüarante:Heures ét de cette élection antérieure, qu'est-ce qu'il vous avait dit privément, à vous-même ?
R.—A moi même, il m'a dit que jo ne devais pas ténir à ce par-
ti-la, que c'était impossible, qu’il était condamné por l'Eglise. I! a dit que M, Sylvestre était un ignorant, que je ue devais pas le soutenir, que je ne le connaissais pns, et j'ai dit : pardon, M. Je Curé, il m'a écrit une lettre, à moi, et je l’ai fait analyser par la maitresse d'école, et elle n'a trouvé que deux fautes; il a dit : si je vous disais, aujourd’hui, à vous, venez donc de l'avant,
Objecté à la preuve de toules conversations particulières entre le temoin et le révérend Messire Archambault, antérieures à l’élection dont il est question en cette cause, et auxquelles il n'a pas été fait réference spécialement, dans les sermons que ls témoin mentionne,
Objection réservée par la Cour.
R,—1Il a dit, si je vous disais, aujourd’hui, 4 vous, venez de l'avant. Qu'est-ce que vous teriez ? J'ai répondu : je n'ai pas les moyevus et je ne suis pas iostruit, Il a dit les moyens, je vais te fournir l'argent, et tu es aussi instruit qu'il l'est ; tu es même plus instruit que lui, tu peux convenir mieux que lui. J'ai dit: pardoo, il est bien instruit, il m'a écrit une lettre et je l'ai fuit analyser par la maitresse d'école, et elle dit qu'il n'y avait que deux fautes, dans sa lettre. Il a dit : ce n'est pas lui qui l’a écrite; il l'a fait écrire par un autre; il a dit, lui, je le crois bon catholique, mais la tête du parti est méchante, la tête du parti est pourrie, le parti ue vaut rien, on ne peut pas faire de religion sans jeter <e parti-là de côté. Voilà ce qu'il m'avait dit et bien d’autres Choses dont je ne me rappelle pas, sur le moment. (C'est ce que j'ai compris qu’il voulait dire, en disant : vous vous souvenez de ce.que j'ai dit, c'est encore la même chose. J'ai compris que c'était encore tout le passé qu'il m'avait conté.
Q—Maintenant, à l'occasion de ces Quarante-Heures et de l'élection antérieure, lui avez-vous demandé si, en restant libéral comme vous l'aviez toujours été, vous pouviez vous approcher des sacrements pour faire vos Quarante-Heures, et qu'est-ce qu'il vous a répondu ?
À. —Il a répondu que c'était impossible de faire sa religion et de soutenir ce parti-là,
Q.—A:til parlé que quelqu'un voulait faire taire les prêtres, ou
les empêcher de parler des élections, et qu’a-t-il dit À ce sujet-là, en chaire, lors de l'élection de 1878 dont il est question en cette cause ?
R.—A la dernière élection, celle qui est contestée aujourd'hui, entre M. Robillard, le défendeur, et M. Sylvestre, le dimanche qu'il nous a dit qu'il ne serait pas long à l'égard de cette électionlà, et qu'on vint nous souvenir de ce qu’il nous avait dit, il a dit qu’on ne pouvait. pas rester catholique et sautenir ce parti-là, et que ni Prêtre, ni Evêque, ni Pape ne l’arréteraient de parler.
Q.—Qu'est-ce qu'il a dit que ceux qui disaient cela füisaient en. disant cela ?
R.— T1 a dit que c’étuient des menteurs, et qu'ils ne l’arrêteraient pas dé parler.
Q.—A:til parlé de ce que faisaient ou de ce qu'on disait que d’autres curés faisaient, relativement à la politique, et qu'est-ce qu'il a dit à ce sujet-là ?
R.—Il a dit qu'il y avait toujours eu des méchants prêtres et qu'il y en avait ehcore à cet égard-là. Il nous a cité, je ne me rappelie pas du nom, un père, en France, qui était un libéral et qui était perdu, et il a dit que par ici il y avait encore des faux prêtres; que lui ne s’occupait pas de celui-ci ou de celui-là, mais qu’il ne s'occupait que de sa propre affaire.
Q.—Lui avez-vous demandé, pendant l'élection en question er cette cause, quelle espèce de têtes étaient les libéraux ?
R.—I] nous a dit qu'on était des têtes croches, ceux qui soutepaient ce parti-là,
Q.— Et les enfants de qui ?
Æ.—Les enfants du diable,
Q.—Auparavant cette élection-là, avait-il souvent, pendant les élections antérieures, et aus:i entre les différentes époques de ces élections-là, parlé de politique et du parti libéral, en chaire, et dans quel sens en avait-il déjà purlé chaque fois avant ce temps-là ?
R.—-Il en avait parlé bien souvent déjà, à ma conuaissance, en disant quele parti libéral était condamné par l'Eglise et que c'était le méchant parti; qu’on ne devait pas le suivre, et bien d'outres
raisons que celles-là ; mais, le plus court, que c'était le méchant purti et qu'on ne devait pas le suivre: Il a dit cela chuque fois qu'il a parlé.
Q.— Quel effet ces paroles-là, prononcées du haut de la chaire, pendant la dernière élection, comme vous venez de le dire, ont-elles eu relativement à l'élection et à lu candidature de M. Sylvestre ?.
è.--Je connais beaucoup de gens qui n’ont pas voté pour cette raisou-à, vu que le curé disait qu'ils étaient perdus, qu'ils n’étaient pas Cupabies de faire leur religion , ils ont préferé ne pas voter et être tranquilles ; il y a bien des gens qui n’ont pas voté pour cette raison-là, et d'autre ont voté pour M. Robillard, vu que le curé disait que le parti libéral était le méchant parti; ils ont dit, il faut revenir, et il y en a beaucoup qui n'ont pas voté du tout.
Q.— Quel est celui des deux candidats, à la dernière élection, qui a eu la majorité dans St. Barthélewy ?
R.—C'est M. Robillard,
Q.—Dans les élections antérieures, quel parti avait toujours obtenu la majorité ?
R.—Le parti libéral depuis plusieurs années ; depuis que M, Archambault est prêtre là, ça toujours été le parti libéral qui a été le plus fort, a l'exception de la dernière fois; c'est-à-dire pas toujours, mais depuis trois élections auparavant c'était le parti libéral qui était en majorité.
Q.—Est ce que ça changé tout d’un coup ou graduellement, d'élection en élection, ct est.ce que le parti libéral à diminué graduellement de force ?
R.—J1 a changé tout d'un coup, à la dernière élection ; parce qu’à l'élection auparavant on avait la majorité, et tout d’un coup nous voilà à terre ; on comptait encore une majorité chez nous, et on à eu une minorité.
Q.—-A quoi attribuer-vous ce changement dans le résultat du vote de votre paroisse ? |
R.—Je dis que c'est parce que le curé, à ses prônes et autrement, forçait les gens, qu'ils ont préféré ne pas voter que de scuteit le parti libéral, vu que le curé disait que c'était le mauvais
échant 1e fois
chaire, nt-elles estre ?
1r cette étaient roter et ir cette le curé , il faut
élection,
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Ilement, ué gra-
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ltat du t autre-
le scutemauvais
parti. Dans un mauvais parti on y va longtemps, mais ça vient qu'on s’y taune quand son directeur dit qu'il est méchant.
Q.—Est-ce un fait notoire ‘et reconuu, dans le public: générale. ment, dans la paroisse, ce que vous venez de mentionner M?
R-—Oui, monsieur.
Les pétitionnaires déclarent n’avoir pas d'autrés questions à poser. au témoin, en examen en chet, excepté sur des faits qui sont relatifs à la confession, et que cette question est actuellement en délibéré devant la Cour sur une objection du défendeur, faite hier à l'enquête: les pétitionnaires se réservant le droit de questionner le témoin de nouveau, Sur ces faits du confessionnal, au cas où la Cour déciderait l'objection de manière à permettre une enquête sux de tels faits.
Le aéfendeur, de son côté, s’objecte à l’audition du témoin sûr cer. taines parties de la preuve, sans clore le têmoignige.