‹ Contestation de l'élection de Berthier, mai 1878 [microforme]Chapitre 32 sur 56 · L'argent était pour une aumône · texte numérisé non relu

L'argent était pour une aumône

R.—C'était une aumône dont la Paroisse avait besoin pour différents objets.

Q.—Ne vous a-t-il pas conseillé de conduire votre fils dans un asile pur le faire soigner ?

Æ.— Plus tard, ça arrivé plus tard ; cette fois là, peut-être qu'il m'en a parlé aussi, on a parlé de bien des affaires.

Q.—Dites-moi donc ce que c’est que le libéralisme catholique ?

R. —C'est plus que je connais, je ne suis pas capable de vous en faire ua détail, c'est un peu maluisé de venir là-dessus.

Q.—Lorsque monsieur le curé a dit que monsieur Joly était protestunt ça ne vous a pas faic changer d'opinion ?.

R.—Non.

Q.—Vous ne l'avez pas cru ?

ÆR.—Si fait, monsieur, j'ai cru ce que monsieur le curé me disait en disant qu'il était protestant ; mais un bon, protestant, il n'y a pas grand chose à révéler contre lui.

Q.—Savez-vous si le curé l’a dit en chaire qu'il était protestant, êtes vous sûr de cela ?

R.—Ecoutes, je le lui ui entendu dire; mais pour vous dire positivement que c'est en chaire ou dans la tribune devant la porte de l’église, c'est plus que je suis capable de vous dire, mais je le lui ai

entendu dire certainement, Q.—Savez vous si mousieur, le curé est allé sur les hustings, dans la dernière élection dont il est question en cette cause-ci ? R.—Oui, monsieur,

Q.—Vous êtes certain qu'il a monté sur le hustiog dans lu derpière élection ? |

R.—Oui; ila monté, faute que le parti de M. Robillard n'y était pas; M. Sylvestre est venu faire un discours, un dimanche après l'oflice de l'après-midi, et M, le curé a monté, et ils ont parlé chacun leur tour. ‘

RÉ-EXAMINÉ

Q.—I1 a pris la place de M. Robillard ?

R.—1] représentait le parti de M. Robillard.

Et le déposant ne dit rien de plus.

Maxime Hénault,

Cultivateur, de la paroisse de Berthier, âgé de 54 ans, Lequel eto., eto., dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès.

Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et en mai 1878, avez-vous eu occasion d'aller au presbytère de la paroisse de Berthier et de parler avec le Révd, Messire Champeau, curé de cette paroisse, de la poltique ou de cette élection en rapport avec la religion, et racontez nous ce qui s'est passé entre vous et lui à ce sujet ?

R.—Je suis allé au presbytère, demander à M. le curé, pour pouvoir m'approcher des sacrements, faire mes Pâques.

Q.— Qu'est-ce qu'il vous a demandé, d'abord, en vous disant bon. jour ?

R,—dJe suis ectré ; j'ai dit: bonjour monsieur le curé, il dit: bonjour M. Héuault. Ilm'ademandé: Comment vont les rouges ? J'ai dit: ‘ ils vont assez bien ; dans ce temps-ici, mais ils ont des difficultés pour faire leurs pâques, et je voudrais bien faire mes pâques comme je les ai toujours fuites depuis ma première communion.” Il me dit là, dans cette occasion là : pour quel parti avez-vous voté ? J'ai dit ; j'ai toujours voté pour monsieur Sylvestre. Il m'a dit : voilà une élection qui se présente, voterez-vous dans le même sens ? J'ai dit : oui. Il m'adit: “eh bien! pas de pâques.” J'ai dit: c’est bien! je vous ai demandé à faire mes pâques, j'irai plutôt à confesse ailleurs et je ferai mes pfques.

Q.— Vous at-il indiqué quelques prêtres des Paroisses étrangères, en vous suggérant d'aller les voir pour vous confesser ?

R—Il m'en a suggéré plusieurs, et je lui ai dit que je n'irais pas à eux, que c'était loin ; que si j'étais pour aller ailleurs, j'irais voir M. Plinguet,.

Q.—Lesquels vous a-t-il sugérés ?

K,—1l m'a mentionné MM. los curés de St Norbert, de St Cuthbert, de St Barthélemy et de Ste Elizabeth.

Q.— De qui lui avez-vous parlé; vous ?

R.— De M. Plinguet, curé de l'Isle du Pads, O.— Qu'est-ce qu'il vous a dir, quand vous lui avez mentionné ! M. le curé Plinguet ? ki R.—Il m'a dit : ‘c'est un rouge comme toi.” Q.—Dans ce temps-là, dans quelle paroisse résidiez-vous ? R.—A Berthier, monsieur.

Q.—Monsieur Champeau, dont vous venez de parler, était votre i curé ?

Î R.—Qui, monsieur.

Q.—C'était dans le temps des Pâques, ce temps-là ? ÆR.—Oui, monsieur, Q.—Etiez-vous électeur ayaut droit de voter à cette élection-là ? R.—Oui monsieur. | Q.—Etiez-vous réellement en faveur du candidat Sylvestre, tel que vous l'avez dit à monsieur le curé ?

R.—QOui, monsieur, Q.—Il vous connaissait bien comme étant un électeur du parti . libéral ?

R.—Oui, monsieur, Q.—Par le mot rouge, avez-vous compris qu’il parlait du parti libéral ?

R.—C'est bien ce que j'ai pensé.

Q.—Combien de temps était-ce avant la votation, cette conversa. tiou-là ?

R.—C'est ce que je ne pourrais pas dire, monsieur. Q.—Est-ce après que les deux candidats ont été sur les rangs ? R.— Oui, monsieur,

TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR

Q.—Cette conversation-là eût lieu, pendant la dernière élection et dont il est question en cette cause, monsieur ?

R.—Oui, monsieur.

Q.—Au presbytère ? ; R.—Oui, monsieur.

Q.—Y avait-il quelques autres personnes avec vous, dans ce temps-là, au presbytère ?

Æ.—Novu, movsieur, j'ai rentré seul, je venais du marché, et j'allais pour savoir s’il y avait moyen que je fussé mes Pâques, et j'ai rentré parler à M. le Curé.

Q.—Vous aviez fait vos Pâques l’année précédente ?

R.—QOui, monsieur,

Q.— Vous alliez à confesse à M. le curé ?

Æ.—A M. le vicaire,

Q.—A viez-vous été, l'année précédente, lui demander d'avance si vous pouviez faire vos Pâques ?

R.—Noo, monsieur.

Q.—Pourqnoi y êtes vous allé cette année-là, plus que les autres années, savoir si vous pourriez faire vos Pâques ?

Æ.—Parceque j'avais une raison,

Q.—Quelle raison ?

R.—Parceque j'avais été a confesse, la veille et que le vicaire m'avait refusé, à cause de ma politique, et je voulais aller voir le euré, pour voir s’il me refuserait lui aussi, l'égard du

Q.— Vous dites que vous éties seul avec M. le curé ?

ÆK.—Oui, monsieur,

Q.— Vous avez fuit vos pâques cette unnée là aussi ?

ÆR.—Oui ; plus tard.

Et le déposant ne dit rien de plus.

23 Avril 1880.

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