PRES... AS STE
R.— Dans son élection,
Q.— Oui, monsieur ; dans la paroisse ?
R. Cinq à six, je pense, dans la paroisse de St Norbert,
Q.-—Queile est l'élection qui a eu lieu avant celle de monsieur Robillard ?
R.— L'élection qui a eu lieu avant celle de M. Robillard, ga devrait être M. Cuthbert, si je ne me méprends pas.
Q —Avec qui ?
R.— Ça devait être avee M, Drainville.
Q.—M. Cuthbert était-il candidat du même parti que M, Ro. billard ?
R.--M, Cuthbert s'est présenté comme indépendant, sans auun parti, même il l’a promis à la porte de l’église de St Norbert, qu'il ne prendrait pas de parti, qu'il serait libéral indépendant, qu'il serait pour les bonnes mesures ; et on respectait M, Cuthbert, c'est le seigneur de la place. Ila eu une majorité forte ; quelle a été cette majorité, je ne me rappelle bien bien comment il a eu, toujours que cela a été bien peu pour M. Drainville.
Q.—N'est-ce pas vrai que monsieur Cuthbert n'a eu qu’un vote de majorité de plus que M. Robillard ?
R,--Ça peut arriver,
Q.--Vous jurez positivement que monsieur Cuthbert a dit, à la porte de l'église, qu'il état libéral ?
R.— Oui ; j'étais près de lui, et à moi-même il l'a dit qu’il ne suivrait aucun parti, qu'il se présentait libéral indépendant qu'il serait pour les bonnes mesures,
Q.—Vous avez dit, tout à l'heure, que d’après votre opinion, monsieur Robillard devait son élection à l'influence de monsieur le curé ; quand est-ce que c’est que monsieur Robillard vous a exprimé son opinion ?
R.—Je n'ai jamais eu occasion de lui parler, je ne le convais pas; mais d'après la rumeur et d'après ce que mousieur le curé avait préché, monsieur Robillard n’était pas connu dans la Paroisse. J'ai entendu dire cependant qu'il était passé une fois et qu'il était arrêté à l'Hôtel Bacon, qu'il y avait eu un petit discours par monsieur
np ET
Tarte ; ils étaient une quinzaine de personnes, l'assemblée n'avait pos été prévue.
Q -—Vous savez que c'est un homme, qui fait beaucoup d'affaires dans le comté de Berthier ?
R.--Oui, j'apprends que c’est un commerçant et un honnête homme ?
Q.——N'at-il pas rendu quelques services à certaines personnes, dans St. Norbert ?
R.—Je ne m'en rappelle pas; il peut se faire qu’il en ait rendus, il peut avoir des amis, mais, moi, je ne le conaais pas.
Q.-- Vous ne sortez pas souvent, je suppose ?
R.—Je puis bien sortir, et voir bien des hommes, mais je ne les conuais pas tous par leurs noms.
Q:--Y ail eu des orateurs pour adresser la parole à la porte de l'Egllse pour parler en faveur de monsieur Robillard ?
Æ.—Il en est venu une couple de fois, pent être plus; je ne me rappelle point de leurs noms ; je sais qu'il est venu des orateurs purler en faveur de monsieur Robillard, et qui paraissaiént bien
forts: monsieur le curé était près de l'Eglise, une fois, mais il ne parlait pas.
RÉ-EXAMINÉ,
Q.-- Dans votre opinion, la mojorité qu'a eue M. Cuthbert, dans St Norbert, était-elle due à la considération persounélle dont il
‘jouissait parmi les habitants de cette paroisse ses censitaires, ou
était-elle dûc à des considérations de parti ?
R.- C'était dû, à ma connaissance, comme honnête homme ; un homme de service, dans lu place.
Q.--Savez-vous s’il y a des libéraux, qui ont voté en faveur de M. Cuthbert, pour ces considérations-là ?
ÆR.--Oui, monsieur.
Et le déposant ne dit rien de plus,
us,
les
rte
me >urs en
ne
lans nt il ou
, un
r de
Catherine Hervieux,
Effuse de Louis Boucher, de la paroisse de Lanoraie, âgée de 50 ans.
Laquelle etc., et., dépose et dit :
Je ne suis point intétiseéà dans l'évènement de ce à procès.
Q.— Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, avez-vous eu occasion, avant la votation, d'avoir une conve ‘sation avec le Révd. M. Loranger, curé de votre paroisse, aprè: avoir été à confesse à lui ; et que vous at-il dit alors, après votre confession terminée, au sujet du parti libéral et de quelques membres de votre famille ?
R-—Oui, monsieur,
Q.— Qu'est-ce qu’il vous a dit alors ?
R.—Il m'a dit : êtes-vous du parti de M. Robillard ? J'ai dit, oui, Il a dit: pensez-vous que votre famille est de ce parti-là,? J'ai dit : je n’en sais rien, j'ai deux garçons. Ila dit: vos garçons sont-ils du parti de M. Robillard ? J'ai dit : je ne le sais pas, Ila dit: “s'ils sont du parti libéral, comme femme chrétienne, vous à qui Dieu a confié le soin d'élever vos enfants; je vous oblige, comme femme chrétienne, vous êtes obligée de les élever sur la loi de l'Eglise, la loi vous oblige.”
Q.—Et puis, qu'est-ce qu'il vous a dit que la loi de l'Eglise vous obligeait de dire ou de conseiller à vos enfants au sujet de ce parti libéral ?
R.—Parcequ'il pensait que mes enfants deviendraient du parti li béral, etque moi je n'étais pas de ce partisil a dit : ‘ tâchez de faire votre possible pour qu'ils soient des conservateurs; le parti libéral est un méchaut parti ; ils sont au milieu de quatre voisins, qui travaillent à les virer du parti rouge, du parti libéral.”
Q.—A:t-il dit, ou avez-vous compris alors, par qui et pourquoi le parti rouge était défendu ou condamné ?
R.— Dans sou intention, monsieur le curé n'aimait pas le parti rouge, J'ai compris qu’il aimait mieux le parti bleu, le parti
Co
de ne à Eee Fe Le [O2
conservateur, qu'il m'encouragait à les faire virer de ce parti là, vu qu’ils n'avaient pas de père, et que j'étais leur mère.
Q-—Par ces paroleslà, avez-vous compris par qui le parti Ke ral était condamné ?
R.—J'ai compris que le parti rouge qu'il l’aimnait pas, et j'ai dit à mes enfants : vous êtes du parti libéral, ct monsieur Loranger m'a dit de vous instruire du parti conservateur, que le parti rouge était un méchant parti, qu'en suivant ce parti-là vous feriez des mauvais enfants ; que le parti rouge conduisait au chemin de l'enfer.
Q.—Vous avait-il dit ces mêmes paroles là: ‘que ça conduisait au chemin de l'enfer ” ?
ÆR.—Oui, et de prendre garde à mes enfants que c'était un méchant parti.
Q.— Vous avez repété à vos enfants ce qu'il vous avait dit ?
ÆR.—Oui, monsieur ; et je leur ai dit qu’il m'avait dit qu’ils étaient au milieu de quatre voisins rouges, Charles Boucher, Louis Boucher, Joseph Hervieux et Edouard Champagne, qui les perdaient,
Q.— Vous at-il dit comment ils les perdaient ?
ÆR.—J'ai compris que c'était parcequ'ils étaient du parti rouge,
Q.—Avez-vous compris que, parceque ces personnes là étaient rouges, elles entraîacraient vos enfants dans ce parti-là ?
R.—Ils étaient rouges tous les quatre aussi.
Q.—Vous at-il dit, ou avez-vous compris ce qu'était le parti rouge, par rapport à la religion, et commen. il était considéré par l'Eglise ?
R.—II m'a fait voir, et lui-même m'a dit, que le parti rouge était un mauvais parti.
Q.—Vous en parlait-il au point de vue de la politique, ou de la religion ?
R.—Ii parlait au point de vue de la religion, et de l’autre aussi. Il me faisuit voir que c'était un méchant: parti,
Q.—Qu'est-ce que vous avez compris qu’il vous disait de votre devoir de mère de famille ?
R.—J'ai compris que le parti rouge, qu'il le dédaignait, comme je ne l’aime pas moi non plus.
Q.—Vous avez compris qu’il lui répugnait au point de vue de la religion ?
R.--Comme à moi-même, parceque moi je ne l'aime pas.
Q.—Cette conversation-là a-t-elle eu lieu dans la sacristie, immédiatement après votre confession à lui ?
R.—Je me levais du confessionnal, et il m'a dit: écoutez que je vous parle ; je me suis remise à genoux, et M, le curé m'a donné les instructions que j'ai dit,
Q.—I1 était encore dans le coufessionnal ?
R.—Oui, monsieur.
TRANSQUESTIONNÉE PAR LE DÉFENDEUR,
Q.—Le curé vous a dit que c'était un mauvais parti; mais c’est tout ce qu’il vous a dit ?
ÆR.—Oui, le parti rouges était un méchant parti, qui était la destruction de la religion dans le Canada. Il a dit que j'avais deux garçons, qui pouvaient venir dans ce parti-là, de les instruire du contraire, et de tâcher de les mettre du parti conservateur,
Q.—Vos garçons étaient-ils voteurs, avaient-ils droit de vote ?
R.—Ils sont des hommes en âge, Je ne sais pas s'ils ont droit de vote.
Q.—Unt-ils voté à la dernière élection ?
R.-—Je ne le sais pas; je ne connais pas cela,
Et la déposante ne dit rien de plus.
Adolphe Roch,
Cultivateur, de la paroisse de St Norbert, âgé de 49 ans. Lequel etc., etc., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé daus l'évènement de ce procès. Q.— Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue
etre Re
en avril et mai 1878, étiez-vous qualifié a voter à cette élection, et pour quelle paroisse l’étiez-vous ?
ÆR.—Oui, monsieur ; j'étais qualifié à voter pour la paroisse de St Norbert.
Q.—-Vous étiez et vous êtes encore catholique ?
ÆR.—-Oui ; comme je l'ai toujours été.
Q.— Vous étiez résidant là, comme vous l'êtes encore ?
R.—Oui ; la même chose.
Q.—Avez-vous occupé quelques charges dans votre paroisse ?
R.—Oui, monsieur ; j'ai été juge de paix, comme je le suis encore, et j'ai été maire du conseil.
Q.—L'êtes vous encore ?
R.—Non ; mais je l'ai été.
Q —Avez vous eu occasion, pendant cette élection, d'entendre prêcher le. Révd. M. St Aubin, curé de la paroisse de St Norbert, sur la politique et cette élection, à ses prônes des dimanches ou fêtes ?.
R.—Oui, monsieur. . .
Q.—Veuillez dire ce que vous vous rappelez de ses paroles, à propos de la politique et du parti libéral. |
R.—J'ai compris que M. le curé, dans un prône au’il a fait un dimanche, a dit, que le libéralisme catholique était défendu par l'Eglise, et qu'il y eu avait qui disaient :. je suis libéral en politique et non religiun. M. le curé à dit : je ne puis pas comprendre autrement que celui qui est libéral en politique soit libéral en religion ; c’est la même chose, absolument la même chose,
Q.—A:t-il dit comment cela était considéré par l'Eglise d’ être libéral ?
R.—Bien ! je n’ai pas tout compris, mais j'ai compris enfin, que le libéralisme était une chose qui était condamnée par l'Eglise, et
que celui qui n’écoutuit pas l'Eglise, et qui ne faisait pas la volonté
de l'Eglise, était damné.
Q.—Dites-vous qu'un libéral était celui qui n'écoutait pas me re ?
R.— Que le libéral et le libéraliste catholique est la même chose,
fo
pr
Q.—Dites-vous qu'être libéral c'était ne pas écouter l'Eglise ? .
R.—Oui ; que c'était la même chose, qué d’être libéral en politique et libéral catholique. Voilà les paroles que j'ai comprises
Q.—A:t.il parlé de ce que pouvait être un catholique, par rapport au parti libéral, et qu’est ce qu'il a dit à ce sujet ?
R.—I1 a dit qu'un catholique qui u’écoutait pas l'Eglise manquait à ua devoir religieux, qu’il fallait non seulement écouter l’'Igilse, mais suivre le bon parti.
Q.—A:til parlé du parti du bon Dieu, et quel parti at-il dit que c'était ? |
R.--Je ne m'eu rappelle pas.
Q.—A:til expliqué quel était le bon parti, et qu'est-ce qu’il = dit à ce sujet ?
R.—- Pour vous dire tout au long, j j'at un banc qui est‘ en arrière de l'église, et mousieur le curé n'a pas l'habitude de parler biem fort ; j'ai pas bien compris tout au long, je n'ai pu entendre seulement que quelques mots.
Q.—Et c'est ce que vous avez compris dé ses paroles ?
R.— Oui, monsieur.
Q.—Est-ce celà qu'ont compris vos co-paroissiens, qui étaient présents à ces sermons ? v
R.—Je le suppose par moi-même; mais personne pe me l'a dit personnellement.
Q.—A-til prêché plusieurs fois, avant la votation, sur ce sujeblà ? :
R.--Je ne l'ai entendu qu'une fois; mes occupations ne me permettaient pas d'y aller souvent,
Q.—Etait-ce avant la votation ?
R.—Oui, monsieur.
Q—-ËÉtait.ce l'avant-dernier dimanché ou le dernier dima neke ?
R.—Je ne sais pas; je me rapppelle seulement qu'il a parlé avant la votution. |
Q.—D'uprès vous, quel effet ont eu ces prédications de M. le curé sur le résultat de l’élection, dans votre paroisse ?
R—Je pus que cela a été un hon coup en faveur du parti con-
servateur,
@Q.—Par Fe! le parti ess était il repr csenté comme candidat à cette, élection ?
Æ'—Par M. Robillard, le défendeur.
Q@.-—M. Robillard était:il bien connu et bien populaire dans vette paroisse, avant cette élection ?
R—Moi, j je ne l'avais jamais vu ; ce jour-là même, il y en a qui on 2% qu'ils l'avaient vu, mais moi, je ne l'ai pas vu.
« + tre connaissance, a.t.il fait quelques discours en public ?
KR. 4 j'ai pas entendu, ni su qu'il en avait fait, Quelques "os ont dit qu'il avait parlé, mais pas à la porte de l'église,
Q. -vez-vous eutendu dire que les gens se plaignaient de cette absence de 14, Rouiilerc ?
Æ.—Oui ; et moi-méme, j'aurais bien aimé à l'entendre . pour sous fuire connuîtré. sa politique.
Q. — Vous n ‘avez donc jamais eu ce plaisir-là ?
R.—Je l'ai entendu parler, à la porte de l’église de Berthier ; je me l'ai entendu que quelques minutes.
Q@.—A:t:il fait un bien long discours, cette fois.là ?
Æ.—I1 n’a dit que quelques mots; qu'il n'était pas habitué à parler en public.
©Q.-— Est-ce que le résultat de l'élection a été celui qui était attendu par Je public dans vôtre paroisse ?
R,—J'ai compris que bien du monde ont été surpris de voir que AT. Robillard a remporté là victoire ; qu'il ne s'était pas montré dans la paroisse, et que malgré cela il a été plus fort; moi pour uô, je croyais Qüe M. Sylvestre aurait les deux tiers en sa faveur, et il s'est trouvé en minorité.
Q .—A quoi le public at.il attribué cela, à quelle influence ?
.R.—Plusieurs ont cru que c'était par rapport à monsieur le
Q—Etait-cé ptr rapport à ses prédications, ou par rapport à ses &émarches en dehors de son ministère ?
R.-= A: l'ivfluence qu'il a dans la'paroïsse, |
je
ses
Q.—Comme curé de la paroisse ?
R.—-Comme curé.
Q.—A l'élection précédente, de M. Sylvestre ‘contre M. Tranchemontagne, trois ans auparavant, qui avait eu la majorité dans la Paroisse de St. Norbert ?
R.-—Je ne suis pas capable de vous le dire, monsieur.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—A l'élection précédente de celle dont il s'agit en cette cause, savez-vous quel est le parti qui avait eu la majorité ?
R.—Je ne peux pas vous dire positivement.
Q.—Ne savez-vous pas que, dans la paroisse de St. Norbert, le parti conservateur a eula majorité ?
R.—Oui, je me rappelle, à une couple d'élections.
Q.—N'est-il pas vrai que la majorité du défendeur en cette cause, à l'élection dont il s’agit ici, n’a été que de cinq à six voix ?
R.—Peut-être que c'est cela.
Q.—-N'est-il pas vrai que la majorité du défendeur en cette
cause, à l'élection dont il s’agit ici, 4 été moindre qu'à l'élection de monsieur Cuthbert ?
R.—Oui, monsieur.
Q.--Vous avez dit, que bien du monde étaient surpris du résultat de la votation dans la Paroisse de St. Norbert, naturellement c'étaient les libéraux qui étaient surpris ?
R.—II est tout probable, Personne d'autres me l'ont dit que les libéraux.
Q.— Vous dites que vous avicz un banc en arrière de l’église, et
que vous ne compreniez pas tout ce qui se disait par le curé. R.—Oui, monsieur,
Q.—Et il pourrait bien se faire que vous auriez mal compris certains mots qu'il aurait dit.
R.—J'ai bien compris par rapport au libéralisme catholique ; je l'ai bien compris; mais il pourrait se faire que j'aurais oublié d’autres choses.
Pre
Q.— Vous avez dit que le curé disait qu'il fallait écouter l'Egli- ‘8e, si on voulait rester catholique ?
R.— Oui ; il a dit cela, qu'il fallait écouter et suivre l'Eglise.
Q—Vous croyez cela, vous aussi, qu'il faut suivre et écouter l'Eglise pour être bon catholique ?
ÆR.— Oui; tout bon catholique doit le croire,
Q.—Cela ne vous a pas surpris, que le curé ait dit ecla ?
R.—Moi, je m'y attendais.
Q.— Ca n’est pas la première fois qu'il le dit ?
R--Non ; il l'a dit plusieurs fois.
Q.—Vous êtes né dans la paroisse ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—-Et le curé qui l'a précédé disuit la même chose, qu'il fallait écouter l'Eglise ?
R.--Oui; je le pense bien, muis je crois qu'il ne se mêlait pas autant d'élection.
Q.—Quand le prédécesseur de monsieur je curé disait la même chose, que disait-il à propos du libéralisme catholique et du libéralisme politique ?
R.—Je ne l'ai jamais entendu.
Q.—Et quand monsieur St. Aubin à dit qu’il fallait écouter l'Eglise, le disait-il en parlant de la politique ou du parti libéral catholique ?
R.—-II le disait en parlant du parti politique.
Q.——Et il disait cela pendant ses sermons ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Dans les mêmes sermons où il disait que le libéralisme catholique et le libéralisme politique étaient la même chose ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Lans les mêmes sermons, où le libéralisme était défendu par l'Eglise ?
R.—Oui ; comme le libéralisme catholique.
LO
du
RÉ-EXAMINÉ
Q.—Maintenunt, vous avez parlé de monsieur Cuthbert, y ati} quelque comparaison à faire entre la confiance dont jouissuit M. Cuthbert, comme ecigneur de l'endroit, et celle doat jouissait le défeodeur, monsieur Robillard ?
R.—Suivant moi, il y a une grande différence; M. Cuthbert est bien counu depuis longtemps, c’est notre seigneur, et c’est un homme qui ést aimé par presque tout le monde.
Q.—Qui a rendu des services à tout le monde, n'est-ce pas ?
Æ.—Oui ; à beaucoup.
Q.— Le résultat de l'élection de M, Cuthbert, et les votes qu'il a obtenus dans la paroisse, n'ont surpris personne ?
Æ.--Non; moi, je vais vous dire, que pour un j'étais en faveur de M Cuthbert ; je ne pouvais pas être contre lui, parceque je le considérais , moi, je ne suis pas pour le parti, mais pour les hommes que je crois dignes de représenter le comté en Chambre,
Et le déposant ne dit rien de plus.
Bernard Ribardy,
Cultivateur, de la paroisse de St Cuthbert, ci-devant de St Barthelémy, âgé de 60 ans.
Lequel etc., etc., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès.
Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous qualifié à voter à cette élection, et pour quelle peroisse ?
J'étais qualifié à voter pour la paroisse de St Barthelémy.
Q.—Résidiez-vous dans cette paroisse ?
R.—Oui; dans St Barth:lémy.
% À | Fr
a {1 — 280 — Die Q.—Depuis combien de temps y résidiez.vous ? ° DR R.— Depuis près de deux ans avant, Q.—Vous éties, comme vous l'êtes encore, cutholique ?
R.— Oui, monsieur.
Q.—Qui étaient les deux candidats à cette élection ?
R.—M, Sylvestre et M. Robillard.
1 Q.—Quel était le parti de chacun des deux candidats ? R.— Monsieur Sylvestre était libéral, et monsieur Robillard se Î présentait, dit-on, conservateur, Ce n’est pas lui qui nous l’a dit ; ou ne l'a Jamais vu,
Dans ee O.— Avez-vous eu occasion, en assistant aux grandes messes des : F dimauches ou fêtes, pendant cette élection, mais avant la votation,
AA d'entendre monsieur le curé Archambeault prêcher et dire quelque
EU Chose relativement à la politique et à cette élection ?
V! R.— Oui, monsieur,
41 Q.—Plusieurs fois ?
ii R.— Oui; je l'ai entendu plusieurs fois. Presque tous les di. von manches, dans ses prônes, il commençait sur la politique, et il a toujours fui ses prônes par la politique.’ Un jour, il disait du parti libéral, que nous étions les enfants du Diable, et les enfants du Dé- Aion ; un jour, il nous disait qu’un jeune homme qui était élevé dans de parti libéral était comme un œut qui se gâtait en le mettant sous une poule ; une autre fois, il disait que le Diable était sorti des enfers pour enrégistrer des votes dans la Paroisse, pour fuire son tour, 11 faisait toujours allusion au parti libéral, Je ne peux : pas me rappeler tout ce qu'il a dit, mais je dirai que tout ce FA: qu’il a pu trouver d’effrayant à dire il l'a dit.
1 à Q.—Vous rappelez-vous s'il a parlé du libéralisme-politique et ù du libéralisme-catholique, et qu'est-ce qu’il a dit de ces deux choses? É
R.—11 a dit que le libéralisme-politique et le libéralisme-catho-
L tique étaient absolument la même chose, défendue par l'Eglise ;
La qu'un chrétien ne pouvait pas rester catholique et faire Sa religion,
s’il appartenait au parti libéral, et il a dit cela à plusieurs re prises.
ms NT ue
Q.— Qu'est ce qu'il a dit à propos d'un jigement qui tendait à empêcher les prêtres de parler de politique ?
ÆR,—1I] nous a dit que quelques unsétaient allés à Monseigseun, et qu'ils étaient revenus en disant : ‘les prêtres vont donc arrêter
de parler, de mépriser le parti libéral” ; il a répondu: ‘* nun, ils en.
ont menti”; et ila dit cela à plusieurs reprises, et il a dit: ‘< personne ne m'empêchera Üe parler, ni Evêque, ni d'autre.”
Q.—A:t-il prononcé, en cette circonstance, ua autre Dom que celui de l'Evêque ; d’un autre dignitaire de l'Eglise ?'
R.—Si je me rappelle bien, il a nommé M onseigneur Üenroy. Q—A:t-il parlé de ce qu'on disait des curés des autres paroisses, et qu'est.ce qu’il a dit À ce sujet ?
ÆR.—Je me rappelle d'un peu, j'ui bien peu de choses à dire ln dessus; je me rappelle qu'il a dit, qu'on disait qu'il y avait. des. prêtres qui appartenaient au parti libéral ; il a dit là-dessus : ‘il a toujours eu des poltrons, et il y en aura toujours.”
Q.—A t-il parlé de ceux qui voulaient se damner, et ve qu'il a dit à oe sujet ?
A.—Oui ; toujours en parlant du parti libéral, il a dit: “ së vous voulez vous damner, vous avez en belle, allez et votez pour le parti libéral.”
Q.—Vous rappelez-vous s'il a parlé des serpents, ct qai il a dit étaient des serpents ?
R.—Oui ; c'était dans le auto qu'il disait qu'il avait owblié, disant que ça venait de Monseigneur, qu’il avait oublié de lire, et dans ce mandement Mouseigneur nous comparais à des serpents,
Q.—A t-il dit les enfants de qui, et quelle sorte de têtes étaienk les libéraux, qui ne voulaient pas écouter leur curé ?
R.— II s'est exprimé plusieurs fois. Il'a dit que c’étaient des ‘ têtes croches.”
Q.—Et les enfants de qui ?
R.— Les enfants du Diable ; les deux motsse suivaient, les enfants du Diable et les enfants du Démon.