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Q.—Tout ce que vous venez de rapporter là, l’avez vous entendu grononcer dans la chaire ?
B.—Oui ; dans là chaire,
@.—Pendant l'élection dont il ést question en cette cause ?
-R,—Oni ; yn peu avant la votation,
Q.-— Lorsque mopsieur le curé Archambeault parlait ainsi, étaitdl calno ou exvité dans.la chaire, et comment paraissait-il ?
R.—-1| paraissait très-excité et il frappait sur la chaire ; je n’augais pas voulu frapper aussi fort, j'aurais eu peur de me faire mal aux mains.
Q.— D'après vous et d'après les faits que vous avez pu copstadot daus le temps, quel a été l'effet de ces sermons-là eur le résulat de la votation, dans cette paroisse ?
R.—C'était une opinion générale que cela faisait tort à M. Sylvestre ; et plusieurs m'ont dit cela à moi-même.
D.—Etait.ce augsi votre opinion à vous-même ?
R.—Oui, et plusieurs me l'ont dit qu'il leur fallait abando &æ parti, que le curé prêchait trop, que c'étuit de valeur de conuauer d'être de 6e parti-là.
Q.—Savez vous quelle majorité M, Sylvestre avait eu dans son élection précédente, et quelle minorité il a eu daus cette électionci'dres St, Burthelémy ?
R.—Je ne puis pas vous dire le nombre, On me l'a dit, maïs je ne ra'en rappelle pas ; je suis que tout le monde est resté surpris, après avoir toujours été en majorité et d’être en minorité à la deræière élection,
‘Q.—A quoi le monde, a attribuait-il ce changement ?
Æ.—Aux prônes du curé, et au confessionnal ; cela se disait.
0.—Quelle était la rumeur publique ou la notoriété publique dans la Paroisse, relativement aux difficultés ou à la position dans laquelle sé trouvaiént les électeurs libéraux de cette Paroisse, con-
oernant leur devoir pascal,
R.—Les uns disaienk ‘on ne peut donc pas faire nos pâques ef
s'approcher des sacrements en étant libéral, monsieur le curé nous
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le dit assez souvent” ; un autre disait : ‘ je ne vois pas que ce soit son affuire, j'irai à confesse, je mo confesserai, et s'il ne veut pas m'absoudre je ferai comme bon me semblera.”
Q.—Etuit-ce l'opinion générale, dans la paroisse, que les éleeteurs libéraux éprouvaient des difficultés à faire leurs pâques ?
ÆR.—Par moi-même, j'ai trouvé qu'ils étaient maltraités.
Q.—Que vous est-il arrivé, à vous-même, lorsque vous vous êtes présenté pour vous confesser au Révd, M. le curé Archambault et pour faire vos Pâques ; avant de commencer votre confession, vous a-t-il fait quelque retus de vous confesser, et si oui, pour quelles raisons vous a-t-il fait tel refus ?
Objecté à cette question comme illégale, en autant qu'elle tend à prouver des faits relatifs à la confession, et des conversations formant partie de la aonfession confidentielle, el qui ns peuvent être l'objet d'une preuve parfaite,
Objection maintenue, quant à toute partie de la réponse du témoin qui pourrait tendre à divulguer ce qui lui a été dit durant l'accomplissement de l'acte deja confussion, attendu que la divulgation d’une communication priilégiée ne doit pas être permise.
R —Je me suis présenté au Révérend M, Archambecault pour aller à confesse ; en ouvrant le guichet, il a commencé sur la politique, Pour lors, je lui ai demandé si le parti libéral était défendu, là il m'a répondu : ‘‘ tu le sais bien, qu’il est défendu ; un catholique ne peut pas fuire sa religion en suivautce parti-là.”” Là, je me suis aperçu qu'il me trompait, car je croyais savoir que le parti n’était pas défendu, et là j'ai pris la décision de me retirer. Là, il m'a dit: ‘tu revieudras dans quelque temps, quaud tu seras décidé à suivre mes principes pelitiques,” Je n’y suis pas retourné, car je n'étais pas décidé à suivre ses principes politiques.
Q.—-A:t-il alors refusé de vous confesser ou d'entendre votre confession ?:
R.—Il m'a refusé comme ceci, ea me disant : ‘‘tu reviendras si th veuxsuivre mes principes, autrement je ne puis pas t'absoudre."” Q.—Vous êtes parti du eonfessional là-dessus ?
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R.—Qui ; je suis parti et n’y suis pas retourné, c'est-à-dire à lui,
Q.—I1 vous connaissait bien, et il savait à quel parti vous apparteniez.
R.—Ah ! oui : il me connaissait, et il savait bien de quel parti j'étais,
Q.—Etait-ce dans le temps des Pâques, cela ?
R.— Oui, monsieur ; le lendemain du dimanche de la Passion,
Q.— Vous présentiez-vous, cette fois-l}, au curé, dans le but de vous confesser et faire vos Pâques ?
R.-Oui, monsieur.
Q.— Les avez-vous faites vos Pâques, cette année là ?
R.—Non, monsieur,
Q.—Pour quelle raison ne les avez-vous pas faites ?
R.--II n’y avait pas moyen ; puisque je ne pouvais pas voter libéral et faire mes Pâques.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Le défendeur declare qu'il transquestionne le témoin sous la réserve des objections ci-dessus,
Q.—Ne vous a-t-il pas fait d’autres questions que cela, lorsque vous êtes entré au coufessional ?
R.—Non, pas à ma connaissance,
Q.—Ne vous a-t.il pas demandé si vous vouliez changer de conduite, au sujet de certuine autre chose que la politique ? ÆR.—Non, monsieur, il ne m'a pas parlé de cela du tout, Q.—Lorsque la conversation a commencée, est-ce le prêtre qui Ù P q Va commencée, ou si c’est vous ?
ÆR.—En entrant dans le confessional il est tombé sur la politique. Il m'a demandé si j'étais toujours du parti libéral ? J'ai dit oui, moi qui étuis fier de l'être. Là-dessus, je lui ai demandé si le parti libéral était déferdu, il m'a dit ; “ oui, tu sais bien qu'il est défendu.” Comme j'ai dit tantôt, je croyais savoir que le parti libéral n’était pas défendu par l'Eglise,
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Q.—Aviez-vous fait le signe de la croix, avant que la confession commence ? .
R.— Oui, je le pense bien.
0.—Aviez vous dit depuis combien de temps vous aviez été à confesse ?
ÆR.—Noo, je n’en ai pas eu le temps.
Q.--Vous avez dit, dans votre examen en chef, que le curé Archambault avait dit, que ies libéraux étaient des serpents ; ai-je bien compris, avez-vous dit cela ?
R.—J'aj dit qu'il avait lu un mandement qui venait de Monseigneur, et daus ce mandement, Monseigneur disait qu’on était des serpents.
Q.—Ne parlait-il pas d’un mandement, dans lequel il était parlé du libéralisme-catholique ?
R.—Oui ; si je me rappelle bien; il en aété parlé ; on nesesouvient pas de tous les mots.
Q.—Ne parlait-il pas d’une lettre pastorale des Evêques de la
“Province de Québec, en date du 22 septembre, 1875, signé par
l'Archevêque de Québec, les Evêques de Montréal, de Trois-Rivières, de Rimouski, de Gratianopolis, de Sherbrooko, d'Ottawa, et par l'admivistrateur du didcèse de St, Hyacinthe, dans laquelle les paroles suivantes, se trouvent : ‘ Le libéralisme-catholique, dit “ Pie IX, est l'ennemi le plus acharné et le plus dangéreux de la “ divine constitation de l'Eglise. Semblable au serpent qui se “ glissa dans le parrdis pour tenter et faire decheoir la race humaine, « il présente aux enfants d'Adam l'appat trompeur d’une c.taine “liberté, d’une certaine science du biex et du mal; liberté et ‘ science qui aboutissent à la mort ” ?
R,.—J'ai counaissance de cette lettre pastorale que vous venez de mentionner. Je n’ai pas retenu tous kes noms des Evêques qui sont mentionnés dedans. J'ai connaissance d’une lettre pastorale qui a été lue, et qu'il a dit qu'il avait oublié dans ses papiers, qu’il avait reçue depuis plusieurs mois même.
Q.— Croyez-vous que c'est en commentant ce mandement qu’il a parlé des serpents, ou de serpent.
R,— Oui, il a dit que Monseigneur nous comparait à des serpents, toujours en faisant allusion au parti libéral.
Q.—Lorsque vous dites que le Révérend Messire Archambeault a dit que ni Evêque ni d'autre ne lui fermerait la bouche, ne disait-il pas que son Fvêque ne lui fermerait pas la bouche, parcequ'il était autorisé à parler, et que d’autres n'avaient pas d'autorité pour lui fermer la bouche, et est-ce en commentant ces paroles du mandement ci-dessus mentionné, qui sont en ces termes : ‘“ Sans “ doute, Nos Très Chers Frères, l'exercice de tous les droits de “ citoyen par un prêtre n’est pas toujours opportun, il peut même ‘‘ avoir ses inconvénients et ses dangers, mais il ne faut pas oublier ‘ que c’est à l'Eglise seule qu’il appartient de donner à ses minis- ‘ tres les instructions qu'elle juge convenables, et à reprenüre ceux ‘qui s’en écartent, ct les Evêques de cette Province n'ont pas # manqué à leur devoir sur ce point.”
R.— Tout ce que je me remets, c’est qu’il a lu ce mendement, je ne sais pas de quelle date il était, je n’ai pas connaissance qu'il ait parlé d'autre chose que ce qu'il a dit, que ni Monseigneur ni d'autre ne l’empêchernit de parler ; qu’il connaissait son devoir ; la fois qu’il a parlé comme cela,
Q.—N'a-til pas dit cela en commentant le mandement dout il était question alors ?
R.—C'était dans un prône; il ne commentait aucun mandement, lorsqu'il a dit cela.
Q. Ces paroles-là ont-elles été dites dans le temps de 1 lection du défendeur ?
R.— Oui; avant la votation-
Q.—Vous aves dit que tout ce que vous aver rapporté avait été dit dans le temps de l'élection du défendeur.
R.—Oui, monsieur.
Q.—N'est-il pas vrai, que lorsqu'il a dit les paroles qu'il a dit, que le diable était sorti des enfers pour venir eurégistrer les électeurs, cela a été dit après les élections ?
ÆR.—Je ne suis pas positif quand il a dit que le diable était sorti des enfers; je ne sais pas si c'est dans le temps de l'élection ou
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après. Je dis que cela n'avait pas de place, plus dans un temps que dans un antre.
Q.—Tâchez de vous rappeler ?
R.—J'ai jamais cherché à m'en rappeler ; j'aurais bien aimé jemais l’entendre ; je n’ai pas remarqué la date, cela ne m'a pas fait assez plaisir.
Q.—Vous avez dit que plusieurs électeurs vous avaient dit qu’ils avaient été empêchés par le curé de voter pour le candidat Sylvestre, vouiez-vuus nomwer ces personnes qui vous ont dit cela ?
R.—M. Jérémie Plante qui est comparu tantôt ; je ne l'ai pas dit tel que vous le dites; j'ai dit que plusieurs n'avaient pas voulu voter par rapport à ce que M, le curé disait ; M. Fauteux m'a dit ceci: ‘ il faut-bien abandonner notre parti, M. le curé
ous prêche tant, qu'on ne pourra pas faire notre religion, on va être contraint d'abandonner le parti.”
Q.—Quel monsicur Fauteux ?
R.— Un des garçons de monsieur Fauteux, de St. Barthelemy. Q.—Son nom ?
R.—Gustave ou Oswald.