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CA 2 ie
“conscience vous dit cela, votez pour M. Sylvestre, si cela vous convient mieux."
Question posée par la Cour.
Ceoi ne constitue pas une réponse à la question; on vous denande si, dans votre opinion, un catholique aurait commis un pêché en votant pour le parti libéral, ou pour son caudidat, en étant de bonne foi ?
R.—Je ne vois pas qu'il y ait de péché à cela; je l'ai conseillé moi-tuême,
Par l'avocat,
Q.— Pendant cette élection, un prêtre auruit.il été justifiuble de refuser l’absolution ou le sacrement de l'Eucharistie à un électeur catholique qui lui aurait déclaré appartenir uu parti libéral, vou- Joir voter pour le candidat Sylvestre et persister Rs sa résolution de faire cela ?
Objecté à cette question comme illégale, en autant que le refus de l'absolution ne peut faire l’objet d’une adjudication par le Tribunal, ‘t que la question n'est pas pertinente au présent litige,
‘bjection renvoyée var la Cour.
Æ,— Quant à moi, je ne l’ai jamais fait ; je u’ai jamais refusé l'absolution à une personne qui se disait apparteir au parti libéral et je ne pourrais pas dire ce que pourraient faire les autres prêtres ; mais pour moi, ma ligne de conduite a été de ne jamais refuser l'absolution à une personne seulement parcequ'elle était libérale, Je puis bien étendre un peu plus la réponse, si votre Honneur le demande. Il y a ceci: une personne qui serait du parti libéral pourrait s'adresser à moi, et pour d’autres raisons qu'elle m’expliquerait confidentiellement, je pourrais lui dire : “n’y vas pas,” si je croyais qu’il y aurait des occasions prochaines de pêcher pour elle ; mais quant à dire seulement : ‘‘je suis libéral, j’appartiens au parti politique, et je veux demeurer libéral, ” je dis que je lui donnerais l’absolution, c’est ma coutume, parceque je suppose qu’un homme comme cela travaille pour sa conscience, ; 4
Q.— Alors, dans votre opinion, un prêtre n'aurait pas été jutifia-
us con:
demnanêché en de bon-
‘onscillé
tuble de électeur ral, vou- Sgolution
refus de Tribunal,
is refusé ti libéral s prêtres ; s refuser libérale, bnneur le i libéral m'explias,” si je our elle; au parti donnerais n homme
é jutifia-
ble de refuser l'ubsolution ou le sacrement de l'Eucharistie à uw pénitent pour cette seule raison-là ?
ÆR,— Pour moi, je ue le fais pas; un autre, ça ne me regarde pas,
Q.—Je ne vous demunde pas si vous ou d'autres le fuites ou ne le faites pas ; je vous demande si c’est votre opininn qu'un prêtre eût été justifiable de le faire ?
R.—Allez-vous me demander si je puis juger mon frère ou mom prochain ? Je ne le puis pas, je ne juge pas de même, moi, je crois que ç1 m'est défendu.
Question posée par la Cour :
Pouvez-vous répondre autre chose à la question, monsieur le curé ?
ÆR.—Peut-être que si Votre Honneur m'expliquait la chose, je compreudrais mieux ; mais, d’uprès ce que j'ai compris, je ne puis pas rendre compte de ce que fait ou est obligé de faire mon frère, dans certaines circonstances ; d’après moi, je ne puis pas juger ce qu'un autre est obligé de faire ; moi, je sais ce qu: j'ai à faire et je fais de mon mieux, je ne puis pas juger uu autreet dire : ‘‘faites cela, faites comme cela”’; je ne puis pas commander personne, il me semble que je n’en ai pas le droit, Votre Honneur.
Q.—D'après ce que vous venez de dire, vous ne vous seriez pas cru justifiable, vous, de refuser l'absolution à un électeur cathoiique, dans les circonstances qui viennent de vous être mentionnées ?
R.--Cela, votre Honneur revient toujours à la même chose ; j'ai dit bien franc dejà que moi je ne refuse pas ies sacrements À une personne, pour la seule raison qu'elle est libérale, je ne refuse pas cela,
Question posée par la Cour.
Q.—-Aivez-vous une autre réponse à donner ? On vous demande si vous êtes d'opiaion que vous auriez eu le droit de refuser l'absolution, pour cette seule raison-là ?
R.--Si j'eusse cru avoir le droit de le faire, il peut se faire que je l'aurais refusée quelques fois; comme je viens de dire, j'aämettuis les libéraux, et pour la seule raison qu'ils sont libéraux, je ne les renvoie pas des sacrements ; si j'a vais cru que c'était mon droit de
æefuser l’absolution, je les aurais renvoyés, si j'eusse cru que je pou- ‘vais le faire et ne pas entrer sur le terraiu des autres,
Q.— Alors, à ce point de vue, quant au droit de participation aux
.sacrements de l'Eglise, les conservateurs et les libéraux sont sur
un pied d'égalité ?
R.--Oui ; dès qu’un homme veut travailler suivant s1 conscience, qu’il veut travailler pour plaire au bon Dieu, qu’il soit libéral ou qu'il soit couservateur, ç1 ne m'inquiéte plus ; mais, avant d'arriver là, je tâche de lui faire comprendre son devoir ; mais, quand il dit: ‘je veux voter pour un tel parti, pour le parti libéral, si ‘vous voulez, c'est m'a conscience qui me le dit”; je dis: ‘c’est bic, votez.” S'il me disait : “je ne voterai pas, si vous ne voulez pas que je votes pour le parti libéral, je ne voterai pas du tout ”, et si on lai suggérait de voter pour le parti conservateur et qu’il ue voulut pus voter du tout, s’il dit : ‘ je ne voterai pas ni pour le parti conservateur, ni pour le parti libéral, je ne voterui pas du tout ”’; je lui dirais : ‘votez, c’est un devoir, votez pour le parti libéral, si votre conscience vous le dit, faites-le c’est un devoir.” Et je l'ai dit plus d'une fois aussi,
Q.— Lorsqu'un électeur vote ainsi pour le parti libéral, croyez-vous qu’il expose en aucune manière le salut de son fime ?
R.—-S'il est de bonne foi, je ne vois pas comment il peut s’exposer ; si c'est sa conscience qui le lui dit, s’il croit faire le bien, s'il croit faire la volonté du bon Dieu, je ne crois pas qu’il engage sa conscicuce, bien entendu.
Q.—Pendant cette élection, aviez vous, de quelque manière, caché ou dérobé, à la connaissance du Défendeur, que vous étiez favorable à sa candidature ?
Æ.— Oh ! non ; jene l'ai pas caché, je l'ai dit franc, à lui comme à tous les autres ; ordinairement je parle frane, moi, je n’ai pas caché ecla.
Q —-Pendant l'élection, vous êtes vous rencontré avec quelquesuns de messieurs vos confrères curés des autres paroisses, et avezvous parlé eusemble de l'élection et de la candidature du Défendeur ?
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)A aux nt sur
nscienlibéral it d'arquand éral, si “c'est voulez tout ”, t qu'il pour le pas du le parti devoir.’
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t s’exe bien, | enga-
hanière, us étiez
comme s caché
elquespt avez- Défen-
R.— Oui, monsieur.
Q.— Eu quelles circonstances, où, et avec qui ?
R.—Je ne pourrais pas citer les personnesyni dire trop où c'était dans quels lieux ; on pouvait se rençontrer eusemble quelques fois: sur un vapeur, quelques fois Gus d'autres pluces, je neme rappelle pas trop où c’est, mais quand on s’est, rencontré enscmbie, on em a parlé franchement comme je viens d'en parler.
Q—-Avez-vous rencontré M, le curé. de Lanoraie, Messire Loranger ?
BR.—(Ça peut bien se faire ; j'ai rencontré assez souvent M. Loranger,
Q.—-Le Révérend M. Champeau aussi ?
R.— Oui ; je pense bien que oui.
Q.—Les Révérends MM. Archambeauit et Brien ?
R.—-Oui, ordinairement je rencontre tons mes voisins, M. Plinguet, M. St, Jacques, M. Champeau, M. Brien, M. Archambeault, je les vois tous.
Q.—Les Révds, MM, Loranger, (hampeau, Brien et Archamebault étaient-ils du même parti qu? vous, dans cette élection, et favorisaient.ils la même candidature ?
R.—Je pense que oui; je pense que tous les prêtres que je viens de nommer là étaient de ce parti. je n’ai jamais eutendn parler qu'un prêtre se disait libéral, je n’en ai j‘mais rencontré, bien.… qu’on l'ait dit, J'ai eu occasion de rencontrersouvent M. Plinguet, et j'ai rencontré souvent M. St Jacques, et ils ne m'ont jamis dit qu'ils étziené libéraux; il y a eu quelques propos là-dessus, parceque j'avais ouï-dire que ces messieurs étaient libéraux, et j'ai tâché d’en avoir ia preuve, mais je ne pouvais pas voir s'ils étaient libéraux; ils étaient conservateurs comme moi, ça m’a paru cela ; ils ne l'ont pas dit, toujours.
Q.—D'après ce que vous ont dit ces quatre messieurs que je viens de vous nommer, avez-vous compris qu'ils travaillaient, chacun dans. leur paroisse respective, dans les intérêts de la candidature du Defendeur, comme vous le faisiez dans votre propre paroisse ?
R.—-Je pense que ces messieurs le faisaient ; je puis préeumer
qu'ils croyaient avoir le droit de le faire, comme je le fais moi-même, et je pense qu'ils le faisaient aussi.
@.—Avez-vous été demandé ou invité par quelques uns de ces messieurs pour avoir quelques pourparlers au sujet de l'élection ?
R.—Pat rapport à M. Sylvestre ou à M. Robillard ?
Q.—Au sujet de l'élection, soit avant ja candidature du Défendeur, soit après ?
R.--Non, monsieu: : je ne me rappelle pas qu'on ait eu des pourparlers.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDÉUR, SOUS RÉSERVE DES OBJECTIONS CI-DESSUS.
Q.— Vous avez dit quele Défendeur n’était allé chez vous qu’une fois pendant et avant cette élection ?
ÆR.—Oui, monsieur, de ce que je me rappelle, il peut être venu #hez moi avant, car j'avais rencontré M. Robillard bien des fois avant,
Q.-—Vous rappelez-vous si vous lui avez dit, en propres termes, que vous étiez pour lui, dans l'élection ?
R—Je crois bien, pourtant, avoir dit que jesupporterais le parti conservateur, parceque je ue me suis jamais caché de cela,
Q.—N'avez-vous pas pris la chose comme admise, et n’est-il pas vrai qu'il n’a pas été question, entre vous et M. Robillard, de quel parti vous étiez ?
R.—M. Robillord ne m'a demandé pas cela ; je ne me rappelle pas qu'il m'ait demandé ce que je ferais pour lui: mais, moi, j'ai du lui dire comme ceci : ‘‘ moi, ma ligne de conduite est telle, je suis un conservateur.” Je lai toujours dit, et je l’ai fuit,
+ Q.—Vous avez pu le dire, muis vous ne vous rappelez pas de l'avoir dit ?
ÆR;—Pour encourager M. Robillard ?
Q.-—Oui.
R,— Non; je ne me rappelle pas d’avoir encouragé monsieur Robillard.
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RÉ-EXAMINÉ
Q.— Pensez-vous que M. Robillard pouvait ignorer que vous étiez conservateur, à cette élection-là ?
R.—Je ne sais pas trop, je n’ai jamais eu occasion de parler à M. Robillard de politique, avant cela ; on s’est rencontré pourtant plusieurs fois, et ma réputation est bien établie, comme conservateur, et je ne veux pas le nier non plus.
Et le déposant ne dit rien de plus.
Louis Lavallée,
Cultivateur, de la Paroisse de St, Norbert, âgé de 60 ans.
Lequel etc., ete., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès.
Q.—Pendant l’election dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à voter à cette élection, et pour quelle paroisse ?
R.—J'étais qualifié à voter à cette élection, pour la paroisse de St. Norbert ; j’habitais la paroisse de St. Norbert,
Q.—Vous étiez, comme vous l’êtes encore, catholique ?
R.—Oui, monsieur.
Q.— Avez-vous eu occasion, en assistaut à lu grande messe, les dimanches cu jours de fêtes, d'entendre prêcher, dans l’église, le Révd. M. St Aubin, curé de cette paroisse ?
R:--J'ai eu oveasion de l'entendre une fois, ensuite je me suis trouvé dans un moment de maladie et n’y ai plus été. C'était un dimanche.
Q.-—-Etat-ce avant la votation ?
R.— Avant la votation, mais approchant la votation ; c'est l’avantdernier ou le dernier dimanche peut-être ; toujours, qu'on parlait beaucoup d'élection dans le temps.
Q.—Lorsque vous l’avez entendu parler en chaire de la politique,
a-t-il parlé du libéralisme catholique et du libéralisme politique, et | qu'a-t-il dit de ces deux choses ?
R.—II a parlé des deux, du libéralisme catholique ct du Jibéralise politique ; il a dit que c'était la même chose.
Q.—Et qu'est-ce que c'était, vis-à-vis de l'T lise ; était-ce permis ou défendu ?
ÆR.—Que c'était un méchant parti, défendu.
Q.—Défendu par qui ?
R.—Par l'Eglise,
Q.—D'après la croyance d’un bon catholique, et dans l'opinion généralement répandue parmi le peuple catholique, peut-on faire son salut en appartenant a un parti défendu par l'Eglise, contrairement aux instructions de son curé données du haut de la chaire ?
R.—-Moi, je l'ai fait mon salut; pourtant, j'entendais faire les défenses.
Q.—Pour quelle raison avez-vous cru, vous, que vous pouvicz faire votre salut, en appartenant à un parti que condamnait votre curé ; quels sont les faits qui vous out porté à croire cela ?
R.—Parceque je suis allé consulter Mgr. Bourget en premier lieu, et en second lieu Mgr, Fabre, Evêques de Montréal, qui m'ont raffermi sur ce point, J'avais entendu faire des défenses par monsieur le curé.
Q.—Pour les autres électeurs, qui n’ont pas consulté l'Evêque, quelle opinion pouvaient-ils avoir, aprés les sermons du curé, du parti libéral ?
R,— Dans l'opinion que j'ai eue, j'ai conclus que, dans les élections, cela faisait de la peine à celui qui étcit de ce parti-là ; parceque j'ai entendu dire moi-même par quelques uns, par plusieurs, que c'était de valeur de se faire prêcher, de se faire chicaner, de voir que Al. le curé méprisait tant ce parti-là; que c'était bien leur volonté de le suivre, mais qu'il fallait bien qu'ils l’abandonnent, qu’il leur fallait changer de parti; sans pourtant que j'ai fait remarque d’un tel ou d’un tel. C'est un cri que j'ai entendu dire à plusieurs reprises,
À Lucnent surnomme, etonrermennes 2m |: à 0 Ga ram amer: ur em
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—Croyez-vous, et ne croit-on pas géuénéralement. parmi les catholiques, qu’il y a des questions où le prêtre puisse et même
quelques fois doit, iutervenir dans la politique, au nom de la religion ?
Objecté à cette question comme illégale, en autant quene relevant pas de l'examen en chef,
Objection renvoyée,
R.—dJe ne connais pas les droits du prêtre.
Et le déposant ne dit rien de plus.
Déziel Rémillard,
Cultivateur, de la parvisse de St, Barthelémy, âgé de 33 ans,
Lequel etc., ete., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé duns l'événement de ce procès.
Q.— Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à voter à cette e’cction, et pour quelle paroisse du comté de Berthier ?
Æ.—-Oui, dans la paroisse de St. Barthelémy.
Q.—-Vous étiez, comme vous l’êtes encore, catholique ?
Æ.— Oui, monsieur ; comme je le suis encore,
Q.—Avez-vous eu occasion, en assistant à la grande messe, les dimanches où fêtes, d'entendre, peudunt cette élection et avant la votation, M, le curé Arehambeault prêcher et parler en chaire dela politique ou de l'élection dont il est question en cette cause ?
R,—Oui, monsieur ; tous les dimanches, il parlait de La politique,
Q.—Combion y avait-il de temps que ous éHie résident dans la paroisse ?
Æ.—Aux environs six mois,
Q. —Il n’y avait pas eu d'autre élection, depuis votre arrivée en cette paroisse ?
ÆR,—Non, monsieur.
Q.—Vous rappelez-vous de l'avoir entendu parler du parti libéral, et qu'est-ce qu'il en a dit ?
R.— Oui, je lai entendu dire, quand il parlait de la politique, il condamnait toujours le parti rouge.
Q.—A:t-il dit si un catholique pouvait être rouge et rester catholique ?
R.—II l’a dit, qu’on ne pouvait pas être libéral et rester catholique.
Q.— Vous rappellez-vous, par vous-même, d’autres choses ou d’autres paroles que celles que vous venez de mentionner ?
R.--Je ne me rappelle pa s bien de tout ce qu'il a dit; ilena tant dit que je me rappelle pas de tout.
Q.— Vous rappelez-vous s’il a parlé du libéralisme catholique et du libéralisme politique, et qu'est-ce qu’il a dit de ces deux choses ?
R.—Ce qu'il a dit, c’est que le libéralisme était condamné par l'Eglise.
Q.—Vous rappelez-vous de qui il a dit que les rouges ou les libéraux étaient les enfants ?
ÆR.— Ah ! bien, je ne sais pas là ; je m'en rappelle pas. Illa toujours dit... il parlait toujours du diable .….. qu'on était les enfants du diable !
Q.—Etes-vous allé à confesse au Révérend M. Archambeau}, pendant cette élection ?
R.—Non, monsieur ; c’est à M, Brien, ke vicaire, que j'y suis allé,
Q.—Après votre confession, avez-vous eu une conversation avec Jui, au sujet de cette élection, et qu'est-ce qu'il vous a dit ?
Objecté à cette question comme illégale, en autant qu'elle tend à prouver des ‘a ts relat:fs à la confession et des communications confidentielles qui ne reuvent, faire l'cbjet d’une preuve devant cette Cour.
Advenant quatre !eure: et demie’de l'apr' s-midi, la présente déposi-
en
ette
osi-
tion est ajoumée à semadi, le vingt-quatre avril courant, à dix heures de l’avant-midi.
Et advenant dix heures de l’avant-midi, le vingt-quatrième jour d'avril courant, le témoin comparaissant de nouveau continue sa dée position comme suit :
Objection maintenue quand à toute partie de la question, tendant à obtenir du témoin une réponse qui pourrait divulguer ce qui lui aurait été dit durant l’ac:omplissement de l'acte de la confession, attendu que la divulgation d’une communication privilégiée ne doit pas être permise,
R.--Après l’absolution donnée, (il m'a donné l’absolution, il m’avait donné l’absolution, tout était fini) ; j'ai parti pour me lever; il m'a dit : “ arrêtez un petit brin, j'ai une chose à vous demander.” Il m'a demandé pour quel parti j'étais; je lui ai repondu : ‘ pour Pi. Sylvestre.” Il a répondu : ‘ ça se peut pas.” J’ai dit: ‘“ pourquoi ?” Il m'a dit : ‘ voussavez bien que c'est le parti rouge ?” I1 m'a dit : ‘pourquoi ne votez-vous pas pour M. Robillard.” je lui ai dit: ‘que je ne pourrais pas voter, parceque je ne l’avais jamais vu ni connu.” Là, il m'a dit: ‘tu as le cœur rouge, donc?” Je n'ai pas répondu ; après cela, il ma dit : ‘quand tu seras décidé de voter pour M. Robillard, tu viendras me voir.” Je lui ai répondu que oui.
Q.—Pourquoi vous disait-il de revenir le voir ?
R.— C'était pour faire mes Pâques.
Q.—Avez-vous fait vos Pâques, cette année-là ?
R.—Non, monsieur.
Q.—Pourquoi ?
R.— Parceque j'étais pas pour le parti bieu.
Q.—Vous at-il refusé vos Pâques, cette fois-là ?
R.—Oui, monsieur.
Q.——C'est lors de la conversation que vous venez de rapporter, après votre confession terminée, qu'il vous a refusé vos Pâques ? R.--Oui, monsieur.
Q.——Etait.ce avant la votation que vous avez eu cette conversation, avec le Révd. M. Brien ?
R.—Oui, monsieur,
Q.-—Dans ce temps-à, les candidats Sylvestre et Robillard étaient ils tous deux sur les rangs ?
ÆR.—Oui; ils étaient venus parler,
Q.--Etait.ce bien connu que vous étiez libéral, duns le temps que vous avez parlé avec M. Brieu ?
R.— Non, pas bien bien; je n'étais pas bien connu; j'étais étrange r dans la paroïsse ; il n’y avait que six mois que j'étais dans la place.
Q.—— Vous rappelez-vous quelle comparaison M. le curé Archambault à fuite, en chaire, par rapport à l’acte de vanner le grain ?
R.--Oui; je me rappelle de plusieurs affaires. Ii a dit en chaire, eu parlant de l'affaire de vanner le graiu ; il disait: ‘ c’est pour vous faire une comparaison ; j'ai un van, je vanne mon grain, toute la balle s'en va au vent, c'est tous les rouges qui s’en vont.” J'ai compris comme X a parlé, que les bleus restaient dans le van.
Q.—-Ea parlant ainsi de vanuer, à quoi a-t-il comparé les rouges, à la balle ou au grain ?
R.—Il a dit que la balle c'était les rouges, à ce que j'ai compris.
Q.—A propos de quoi faisait-il cette comparaison en chaire; à propos de quoi cela est-il veau ?
R.—Je ne puis pas dire ; il parlait de la politique.
Q.—Qui s’adonnait à sortir de l'Eglise, lorsqu'il a fait cette comparaisou-là ?
R.—1I1 y en avait qui prenaient leurs chapeaux et qui sortaient de l’église, .
Q.—-Est-ce quand quelques libéraux sont sortis de l’église, qu’il a fait cette comparaison ?
R.—Oui ; les libéraux.
Q.—Et c'est pendant qu'ils sortaient, qu'il faisait cette comparaison ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Est-ce que cela arrivait souvent que des libéraux sortaient pendant les prédications du curé ?
R.—Je n'ai pas remarqué,
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TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
O.-— Vous êtes sorti, cette fois-là, vous aussi ? R.—Nov, monsieur.
Q.--Vous n'êtes pas sorti ?
ÆR.—Non, movsieur, j'ai resté dans l’église.
Q.— Depuis combien de temps étiez-vous dans la puroisse ? R.—Ça fisisait aux environ six mois avant l’élection. Q.—Où demeuriez-vous avant ?
R.—Je restais à Montréal, Q.— Avez-vous toujours été libéral ?
R.—Oui, monsieur, Q.-—Le prédicateur, lorsqu'il a parlé de politique, comme vous dites, à l'église, ne lisait-il pas un mandement des Evêques ? R.—Oui ; il en a bien lu des mandements des Evrêques. Q.— Combien en a-t-il lu, en tout ?
R.—Ah ! bien, je ne pourrais pas vous dire ; au restes, je suis bien certain qu'il en a lu plus d'un.
@.—Ce mandement là parlait des libéraux, n'e st-ce pas ? R.—Oui, raonsieur.
Q.—Bien, c’est en commentant ce mandement là qu'il a dit ce que vous avez rapporté ?
R.—Oui, monsieur.
Et le déposant ne dit rien de plus.
24 Avril 1880.
Louis Grionon,
Cultivateur, de la paroisse de St, Barthelemy, âgé de 74 aus, ‘Lequel etc., etc., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès. Q.——-Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue
en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à votre à cette élection ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Dans quelle paroisse résidiez-vous ?
R.—A St, Barthelemy. ”
Q.—De quelle religion étiez-vous et êtes-vous encore ? R.—Catholique, monsieur.
Q.—Pour lequel des deux candidats étiez-vous ? R.—Pour M, Sylvestre,
Q.—Avez-vous voté à cette élection-là ? Q.—Qu'est-ce qui vous en a empêché, monsieur ?
R.—U'est les prédications de nos curés, c'est-à-dire de notre curé, M. Arclimbeault.
Q.—Quelles sont les prédications dont vous vous rappelez, et qui vous ont empêché de voter ?
R.—I1 nous disait, d’abord, que les libéraux-catholiques et les libéraux-politiques que c’étaient la même chose ; et qu'on savait ce qu’il nous avait dit les élections avant, Dans cette élection-ci, il nous nous a dit : ‘‘vous vous remettrez de ce que je vous ai dit aux élections précédentes ; je suis encore le même, et ce que je vous ai dit, il faut que vous y passiez, ou bien vous n’êtes pas dans le bon chemin, vous ne suivez pas les principes de l’Église.” Ça fait que la crainte de n’être pas dans les priacipes de l’Eglise, cela m’a empêché de voter. M. Robillard, je ne le connaissais pas ; je connais bien M, Sylvestre, j'ai été élevé avec lui ; je savais que c’était un brave garçon, un honnête homme ; ça m’a bien fait de la peine de ne pas voter. M, Sylvestre était un homme capable de nous représenter. J'ai toujours aimé et suivi les avis de M, Sylvestre, mais j'ai pas voté par rapport aux prédications de notre curé ; je n’aï pas voté, mais ça m'a fait beaucoup de peine,
Q.— Quand il vous a dit de vous rappeler, ou de vous remettre,
ça
ca
ette
ce qu’il vous avait dit aux élections précédentes, qu'est-ce que c’est: que ces paroles là vous ont rappelé ?
R.— Ça m'a fait rappeler que les libéraux ne pouvaient pas être catholiques, en votant du parti; et que ce parti était condamné.
Q.—De quel parti était M. Sylvestre ?
R,—Du parti libéral,
Q.—D'après ces prédications, pouviez-vous être libéral et rester catholique ?
R.—Bien ! monsieur, suivant son dire, on n’était pas capable. C'est ce qui a fait que je me suis resous à ne pas voter, pour être catholique ; j'aimais mieux suivre ma religion.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—I1 vous disait qu'un libéral catholique n'était pas bon, et: que les autres libéraux étaient bons, n'est-ce pas ?
Æ.—IL n’a pas dit le libéral catholique, mais que tous les libéraux, catholiques et autres qu'ils étaient tous pareils; qu'on ne pou. vait pas faire de religion étant Jibéral, qu’on soit catholique ou pas catholiques, que c'était absolument la même chose,
Q.—Commentait-il un mandement quand il parlait de cela ?
R.—QOui, monsieur ; il l'a commenté, Je pense bien que c’est: toujours le même mandement ; il l’a peut-être lu quatre ou cinq fois, il en lisait quelques lignes ct les commentait; je pense que c'était toujours le même mandement. Je ne suis pas de l'opinion de ceux qui ont dit que c’étaient différents mandements, Il Hsaik quelques mots à chaque instruction, et il commentait dessus.
Q.—Avez vous toujours été libéral, vous, monsieur ?
R.—Non, monsieur; c’est selon comme j'ai été, c'était les hommes. Quand il y avait des élections, je votais pour celui que j'aimais, Par exemple, M. Dostaler s’est présenté chez nous, j'ai été tout seul pour M. Dostaler sur soixante-et-dix-sept feux qu'il y avait dans le rang. Je trouvais que M. Dostaler était plus capable que M. Piché ; j'aimais M. Dostaller, j'ai voté pour M. Dostaler ; ja n'ai pas de parti. Quand l'élection de M. Sylvestre est arrivée,
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