TOME mob deptit
@Q.—A:til parlé du libéralisme catholique et du libéralisme po- Æitique, et qu'est-ce qu'il a dit de ses deux choses ?
R.—Il en a parlé plusieurs fois à ma connaissance, Il n’a pus fait de distinction des deux points. [un valait l’autre, d’après ce qu'ila dit,
0.—Atil ait qu'est-ce que ses deux choses, dont il ne faisait pss distinction, étaient par rapport à la religion et à l'Eglise ?
FR—Contre a religion.
©.— Ati dit par qui le libéralisme était condamné ?
Æ.—Oui, movsieur.
Q.—Par qui ?
R.—II a dit souvent qu'il était condamné par l'Eglise,
0.—Qu'est-ce qu'il a dit qu'il fallait faire par rapport à cela, æour rester enfant de Dieu ?
R.—Qu'il fallait nécessairement se soumettre à l'Eglise, Sans #tla, on cessait d’être les enfants de Dieu.
Q.—Duns votre opinion, quel a été l'effet de ces sermons, rela- #ivement à l'élection et au résultat de la votation, dans la paroisse ?
R.—D'après moi, cela a fait beaucoup d'effet dans la paroisse, pour M. Robilard.
Q.—Quelle était l'opinion générale dans la paroisse, après l'é- Bection, par rapport à cela ?
R.—L'opinion générale de cela, à peu près la plus forte partie des gens disaient comme j'ai dit auparavant.
Q.—M. Robillard était-il un homme connu et populaire dans la paroisse, lors de cette électionlà ?
ÆR—Je ne l'ai jamais vu dans la paroisse, à l'exception que je l'ai #u à St. Cuihbert une fois pendant l'élection.
Q.—Etait-il bien connu et bien populaire parmi les autres de Æteurs de la paroisse ?
R.—Je le ne crois pas, monsieur.
Q.—M. Sylvestre, lui, était-il bien connu et bien populaire dans la paroisse ?
R.— Oui, monsieur, parcequ'il avait subi déjà »lusieurs élections, :et il avait paru à la paroisse.
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18, relaaroisse ?
paroisse, près l’ée partie dans la Je je l'ai
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lections,
Q.—Des conservateurs influents vous ont ils parlé du résultat de l'élection, et qu'est-ce qu'il vous en ont dit ?
R.—A propos de parler de la question, soit avant ou après, ils me disaient qu'ils préféraient M. Sylvestre à M. Robillard, mais
que, par rapport aux prêtres, ils pouvaient pas faire autrement que de voter de ce parti-là ?
Q.—Dans le parti de M. Robiilard ?
Q.—Y at-il des conserv ateurs qui ont été eurpris du résultat de la votation ou de l'élection ?
Æ.—Je nepourrais pas vous mentionner leurs noms, mais, à connaissance, je sais que cela a été parlé par les électeurs.
Q.—Qu'est-ce qu'ils vous disuient qu'ils admettaient ?
R.—Qu'ils admettaient de perdre leur élection avec M. Robillard ; ils étaient surpris d’avoir gagné,
Q.—A quoi attribuaient:ils cela, d’avoir gagné ?
R.—Ils ont dit eux-mêmes que c’était l’effet des prédications, qui les avaient aidé d’avoir gagné.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR
Q.—Vous avez dit que des conservateurs préferaient M. Syk vestre à M. Robillard ?
R.—Oui, monsieur.
Q°—Pouvez-vous nommer quels sont ces messieurs ? ÆR.—Oui, monsieur ; il y a Onézime Dauphin, un de wes oncles, Colbert Bellehumeur, fils, de la paroisse de St Barthelémy. Q.—Y en a-t-il d'autres ?
ÆR.—Je ne me rappelle pas des autres.
Q.—-Vous ont-ils dit cela eux-mêmes ?
R.—Eux-mêmes.
Q.--Quard vous ont-ils dit cela ?
R.ÿ- Dans le temps de l'élection de M, Sylvestre, soit avant où après, on était en discussion à propos de parler d'affaires, Q.--Coïbert Bellchumeur avait-il droit de vote ? R.--Je pense que oui, vous pouvez prendre des reïseignements
aux gen de la paroisse, lui est de St. Barthélemy et moi de St, Norbert, Je pense que oui, qu'ilx droit de vote, J'en suis pos certain.
Q.— Lorsque le curé a dit qu'il fallait se soumettre à l'Ezlise, et que, sans cela, où cessait d'être cufant de Dieu, avez-vous été bien scandulisé de ses paroles ?
R.—Si j'ai été scundalisé ? Ah ! bien, je voyuis à peu p ès ce qu'on avait à fuire. Je ne l'ai pas été, moi.
‘Q.—Mais toujours que vous n'approuviez pas cola ?
R,—Pas pour moi.
Et le déposant ne dit rien de plus.
Œ mnt tfne ee cummmanne eme
Gonzague Joly,
Cultivateur, de la paroisse de Lanoruir âgé de 63 ans,
Lequel etc., ete.. dépose et dit :
Je ne suis point intéres:é dans l'évènement de ce procès.
Q.—Pendant l'election dont il est question en cette cause, tenue eu avril et mai 1878, entre M. Robillard et M, Sylvestre, éticz-vous uno électeur qualifié à voter à cette élection ?
R.—Oui, monsi ur.
Q—Dans quelle paroisse résidiez vous ?
AÀ.—-Lunoraie, monsieur.
Q.—Quel est celui des deux candidats, que vous préfériez. à l'autre, d'après votre opinion ?
R.—D'après mon sentiment, mon goût était de voter pour M. Sylvestre.
Q.—C'était en lui que vous aviez confiance ?
À.—QOui, raousieur. f
Q.—Avez vous voté ?
R.—Non, monsieur ; je n'ai pas voté.
Q.— Qu'est-ce qui vous a empêché de voter, ?
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fériez. à
pour M.
R.—C'est que plusieurs parlaient des candidats, à l'égard de certuiues choses; et tout d'uu coup il y en a qui faisaient des risées de cela, qu'on était pas dans le bon chemin ; j'ai dit : * puisque je ue puis pas voter pour mon goût, jo préfère rester chez nous ; puisque j'engagerais ma conscience en votant pour M. Sylvestre ” ; j'ai resté tranquille chez nous.
Q.—Avez-veus enteodu prêcher le Revd. M. Loranger, curé de Lanoraie ?
Q.—V'uvez-vous entendu parler des libéraux d'Europe, de Garibaldi ?
R.—Je ne m'en souviens pas.
Q.--L'avez-vous entendu parler des rouges en chaire ?
R.— Des fois,
Q.— Est-ce après lavoir entendu parler ainsi, avez-vous eu l'idée que vous étiez dans le mauvais chemin ?
R.—Oui, moi-même, si j'avais rien entendu, je pense bien que j'aurais donné mou vote, Cela m'a empêché de donner mon vote, vu que ce n’était pas assez bon le ee bort-là,
Q.—Bst-ce par les serons du curé que vous avez vu cela ?
LR, — Oui ; c'est à cause de ces sermons là,
Q.— Vous avez cru que vous engagiez votre conscience ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Si vous v'aviez pas entendu dire cela par M. le curé, votre conscience aurait-clle été troubiée ?
ÆR.—-J'aurais donné mon vote,
Q.—Eu connaissez-vous d'autres que vous, qui u'out pis voté pour M. Sylvestre, pour les mêmes raisons que vous ?
R.—Oui; M, Hénault, mou gendre,
Q.--Il avait droit de vote, et il n’a pas voté ?
R.—-Oui, monsieur.
Q—-Pour les mêmes ruisons que vous ?
R.--Oui ; il est venu me trouver à la maison, et m'a demandé :
* donnez-vous votre vote 7” Je lui ai répond qte non. Mon gargon, lui, a voté pour M. Robiliard. Mon gendre a dit : “moi aussi,
FS
je nc le doune pas, je préfère le parti de Sylvestre, et plutôt que de ne pas voter à mon goût, je ne vote pas.”
Q.—Vous a t-il dit pourquoi il ne voulzit pas voter ?
4.— [1 avait entendu parler, lui uussi, de la wême ehose que moi.
@.—A:til parlé du curé ?
A. Pareil comme moi. [l a parlé de ce qu'il avait entendu dire à la prêche, comme moi.
Q.—-Connuissez-vous un M. Tarte, qui n’a pas voté non plus ?
1.—Oui ; on m'a dit qu’il n’a pas voté, mais je ne le sais pas.
.— Vous en a-t-il parlé lui-même ?
R.—Lui-même ine l'a dit qu’il n'avait pas voté, mais je n'en sais rien,
Q.— Vous a-til dit pourquoi il ne votait pas ?
1è,—Nou, morsieur.
Q.— Vous at-il parlé du curé et des sermons ?
E.—Oo en a parlé tous les deux pareil ; il a dit : ‘c'est cela, qui tua empêché de voter.”
Q—C'est M. le curé Loran ger, qui était votre curé ?
R.--Oui, monsieur.
TRANSQUESTIONNÉ PAR LR DÉFENDEUR
Q.—-U n’y a pas que les sermons du curé, qui vous ont empêché de voter pour M. Sylvestre ?
Æ.— Comment ?
Q.—Les déclarations que vous avez entendues à la porte de l'église ?
R.—Je vous ai dit que, pour toutes les paroles qui se sont dites à l'égard des libéraux, j'ai préféré ue pas donuer mon vote.
Q.--Vous avez trouvé que ceux qui parlaient à la porte de l'église, coutre M, Syivestre, avaient droit ?
Æ.— Pardon, monsieur,
0.—C'est pourgette raison, que vous n'avez pas voté pour lui ?
R.--Pardon ; ce n’est pas ce qui a été dit aux portes des églises,
ôt que
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au temps de l’électiou, qui m'a empêché de donner mou vote, je: préférais le parti de M. Sylvestre.
Q.--Et c'est parceque vous aviez entendu les accusations qui se: disaient, contre lui, à la porte de l’église ?
R.-— J'avais entendu ça, mais, quand je me suis décidé à ne pas voter, c'est à la fin.
Q.—Mais lorsque vous vous êtes décidé à ne pas voter pour lui, c'était par ce que vous aviez entendu dire de lui ?
R.--Ce n'est pas cela qui m'a décidé ; je vous ai dit que je ne m'étais décidé à ne pas donner mon vote, qu’à la fin de toute,
Q.—Mais quand vous vous êtes décidé, je sais que c’est à la fa, muis n’est-ce pas par rapport à tout ce que vous avez entendu dire de lui ?
R.—C'est par rapport à tout ce que les prêtres disaient.
Q.—Ce n'est pas aussi parce que les orateurs disaient contre lui à la porte de l’église ?
R.--Quand on écoute, on entend parler sur l'un et sur l’autre, c'est cela qui se fait; on comprend pas cela, on reste dans l'équilibre là-dessus; j'ai changé mou vote à veuir à ce temps-là ; avant que je vins voter pour lui, je votais pour M. Cuthbert; je ne tiens pas au parti, mais à la personne ; M. Octavian Cuthbert est veau sur les rangs, j'ai donné mon vote pour M. Octarian, parceque je le trowvais de mon gout. Aujourd'hui, il en est veau nn autre sur les rangs, je préfère M. Sylvestre à l’autre, parceque je le connais.
Q.--N'est ce pas parceque vons n’aimiez pas ni l’un ni l’autre que vous n’avez pas voté ?
ÆÀ.—Je vous demande pardon.
Et le déposant ne dit rien de plus.
Joseph Dumontier,
Cultivateur, de la paroisse de St. Barthelemy, âgé de 30 ans. Lequel ete., etc., dépose et dit :
Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès. Q.— Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue
en avril et mai 1878, éties.vous électeur qualifié à voter à cette élection ?
B.-—-Oui, monsieur,
Q.—Daps quelle paroisse résidiez-vous ?
R.—St, Barthelemy, monsieur,
O.—De quelle religion étiez-vous, et êtes-vous eucore aujourd'hui ?
R.—Catholique,
Q.—Quols étaient les curé et vicaire de cette paroisse ? R.—M, Archambeault et M, Brien.
Q.—-M. Archambeault était curé et M. Brien vicaire ? R.— Oui, monsieur.
©Q.—A quel parti apparteniez-voun, et à quel candidat étiez-vous favorable, pendant cette élection ?
R.—C'était à M. Sylvestre,
Q.—Vous étiez du parti libéral ?
R.-—Oui, monsieur.
Q.— La chose était assez connue, vous ne le cachiez pas ?
R.—Obh! non, je ne m'en cachais pas.
Q.—Pendant cette élection, mais avant la votation, vous êtes-vous
présenté pour vous confesser, dans le but de faire vos Pâques, soit à M. le curé Archambeault, ou au vicaire M, Brien.
R.— Oui, je me suis présenté.
Q.—Auquel des deux ?
R.—A M. Brien. , 0.— Vous êtes-vous confessé ?
R.—-—Oui, je me suis confessé.
Q.——Après la confession de vos péchés, muis avant le refus ou l'octroi de l’absolution ou de l4 bénédiction, M. Brien, votre con- Seseur, vous a-t-il parlé de la politique et de cette élestion, et si oui, dites quels menaces, refus ou promesses, eu rapport avec la seligion, il vous a fait, à cause de vos opinions politiques, comme
cette
aujour-
iez-vous
tes-vous es, soit
fus ou re Con- D, et si avec la comme
membre du parti libéral, et comme électeur disposé à voter pour le candidat Sylvestre ?
Objecté à cette question comme illégale, en autant qu'elle tend à révéler la confession, at à prouver des faits qui ne peuvent être l'objet d’une preuvo devant celte Cour,
Objection maintenue, en autant que la question tend à obtenir du témoin une réponse qui divulguerait ce qui lui a été dit durant l'accomplissement de l'acte de la confession.
Les Pétitionnaires excipent respectueusement,
Le Défendeur déclare ne pas transquestionner le témoin,
Et le déposant ne dit rien de plus.
Charles Gravel,
Menuisier, de Berthier, dans le district de Richelieu, âgé de 74 aus.
Lequel ete., ete., dépose ct dit :
Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès.
Q.—Peudant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à vuter à cette élection ?
Æ.—Oui, monsieur.
Q.—Dans quelle paroisse résidiez-vous et aviez vous droit de vote ? N
R.—lTci, à Berthier,
Q.— Pour la ville de Berthier ?
Îè.— Oui, monsieur.
Q.—Dans le commencement de l'éleetion, lorsque les candidats out commencé À annoncer leur candidature, vous étiez-vous prononcé pour l’un de ces candidats, et pour lequel ?
ÆR.—Jc me suis prononcé du commencement jusqu’àprès pour le conservateur ; j'ai été conservateur à la première élection à lequelle j'ai voté ; et j'ai toujours voté conservateur jusqu’à la der-
pière ; à la dernière élection encore, conservateur ; et quand je voterai encore, ce sera conservateur. Je n'ai jamais voté pour un autre parti.
Q.—Avez-vous déjà voti pour M. Sylvestre ?
ÆR.—Oui, comme de raison, j'ai voté pour M. Sylvestre, une aonée la première année qu'il s'est présenté.
Q.—Au commencement de cette election-ci, vous étiez-vous prononcé et étiez-vous disposé à voter encore pour M. Sylvestre ?
R.—Si je n’eus pas appris qu’il avait changé de parti, certainement que j'aurais encore voté pour lui; j'ai appris qu’il avait changé de politique, j'ai commencé à comprendre cela dans l'église. M, le curé ne disait pas de M, Sylvestre, il est libéral, c'est le parti du libéralisme , non, monsieur, si vous me questiounez sur ce qu'il d&ait, je ne suis pas capuble de vous répondre qu'un seul mot, c'étuit qu'il mettait le parti-du libéralisme inférieur à l'autre, voilà tout ce dout je me rappelle ; je ne comprenais pas trop ce qu'il vou- Jait dire, moi qui avait une confiance particulière en M. Sylvestre qui est un homuwe respectable sous tous rapports ; j'ai eu des affuires avec lui, et je n'ai jamais rencontré un homme plus digne, et des fois je disaisen moi-même ‘ comment cela se fait-il” ? J'ai rencontré un homme digne de savoir les choses, comme vous savez lire duns votre livre, ce qui se passe dans la chawbre; je m'imforme de lui: “dites moi donc ce que ça veut dire cette affaire-là, est-ce que c’est M. Sylvestre qu'on critique comme cela ?” I] dit: ‘* certainement, il a sgicomme un rouge.” J'ai dit: ‘* la première anuée qu'il s’est présenté, la première session, on ne lui a rien reproché, mais a présent, ce n’est plus la même chose.” Je n'étais pas encore content de cela, ce n’était pas encore asscz, j'étais un peu comme St. Thomas, mais n'importe ; jo l'ai rencontré Ini-même, et j'ai fait venir un à propos de long, et je suis venu à savoir ce que je voulais savoir, décidément, il n'est plus conservateur, il m'a dit carrément, après une conversation établie avant cela; ça n’est pas venu tout d'un coup ; de même je le croyais trop monsieur, et trop gentil pour mentir, et je le crois encore ; j'ai commencé à lui demander, sprès une conversation que je ne suis pas capable de repéter, que
nd je voun autre
stre, une
vous prore ?
certaineyait chanlise. M, e parti du : ce qu’il seul mot, itre, voilà ‘qu'il vou- Sylvestre les affaires et des fois contré un luns votre ui : “dites b c'est M.
ment, il a 1 s’est pré- , mais à core conomme St.
j'ai fait je voulais arrément, venu tout op gentil emander, éter, que
je ne me rappelle plus, je lui ai demandé; je voulais bien savoir, absolument le savoir, pour faire ma décision, Je n'ai pas envie de mépriser l'homme, parceque c'est un homme de' mérite, mais un autre peut avoir autant de mérite que lui. J'ai commencé à faire venir un à propos, après une conversation qui s'était établie entre nous deux, probablement de politique, ga ne peut pas se faire autrement, mais je ne puis pas dire ies mots, depuis deux ans, vous comprenez bien ; ensuite j'ai dit: “ en chambre, comment est-ce que ça se trimme ; les conservateurs et les libéraux sont.ils séparément, chacun sur leur siège, ou sont-ils mêlés ensemble ; comment est-ce que ça s'arrange, peut-on connaitre cela ea entrant de dedans, supposons que j'entrerais dans la chambre, est-ce que je pourrais m'appercevoir où sont les libéraux et où sont les conservateurs ;”” voiià la manière dont je me suis pris, je ne voulais pas lui planter cela, Il m'a donné une réponse, qui ne m'a pas satisfait tout-à fait, ce n'était pas encore bien cela, je n'étais pas encore prêt à partir pour cela, je lui ai posé une autre question, à propos de M. Joly, là il m'a répondu: ‘ qu'il ve huïssait pas les principes de M.Joly ;” je pe puis pas dire s’il m'a dit qu'il ne les haïssuit pas, mais il m’a donué une réponse de nature à me faire croire qu’il adoptait les principes de M. Joly; j'ai dit : ‘c'est tout ce qu’il me faut, il ne m'en faut pas plus long,” et on s’est laissé comme cela, parceque je dis que si j'ai voté une fois pour M. Sylvestre, j'avais beau à soutenir M. Trauchemontagne, mais je le croyais assez ferme et assez monsieur pour soutenir la politique que j'aimais moi-même, Dépuis l’Honorable M. David Armstrong, j'ai voté pour lui la première fois, c'est la première année que j'ai connaissance, ensuite est veuu M. Dostaller, plusieurs fois eusuite est venu, et c'est toujours conservateur, Q.—La première fois que M. Sylvestre, s'est présenté contre le
Dr. Moll, avez-vous voté pour lui, ou pour le Dr. Moll ?
R.-J'ai voté une seule fois pour M. Sylvestre la première fois de tout; je ne me souviens pas qui luttait contre lui.
Q.-—-La seconde fois, lorsqu'il s'est présenté contre M. Tranchemoutagne ?
R.—Je n'ai pas voté pour lui.
Q.—-Avez-vous voté pour M. Tranchemontagne ?
R.—Qui ; je n'ai voté qu'une seule fois pour M, Sylvestre, parcequ'on ne lui avait rieu reproché, sa conduite était magnifique, et j'ai dit : s’il est bon, gardons-lo.
Q.—JLa seconde fois qu'il s’est présenté contre M. Tranchemontague, avez-vous voté cette fois-là ?
R.—Joivous ai dit, que je n'ai voté qu'une seule fois pour lui, la première fois de toute, mais J'ai su qu'on lui faisait reproche de sa conduite en chambre, et j'ai arrêté de voter pour lui; je vous assure que je fuis autant le libéralisme, que vous êtes pour l'autre vous; il v’y a pas moyen de fuire un libéral avec moi,
Q.—Vous êtes contre le libéralisme catholique ?
K.—Je suis contre tout les libéralismes : d’abord que c’est un libéral, ce n'est pas bon pour moi.
Q.— Pourquoi êtes-vous contre le libéralisme comme cela ?
A,— La première fois que M. Armstrong s'est pré-enté, on a eu des orateurs pour nous iustruire, ct j'étais ignorant dans cette affaire, il y a iougtemps de cela, et il fallait avoir des gens instruits pour nous montrer le chemin qu’on avait à prendre, j'ai adopté le chemin du conservateur dans ce moment là, et M. À rmstrong était pour ainsi dire le père de la paroisse. C'était l’homme le plus instruit ; on l'avait emmené en chambre, c'est qu’on l’aimuit, on le trouvait digne du fait ; il fallait adopter les principes de ses amis, qui sont venus cabaler pour lui, alors, je me suis engagé comme cela, et moi, je ne suis pas maquignon.
Q.— Savez-vous que monsieur Armstrong avait été libéral, c'està-dire rouge ?
Æ.—Je n’en sais rien, mais il était conservateur dans ce temps- R. Je ne sais pas ce qui s'était passé avant, mais dans ce temps-là, on l’a pris pour un conservateur, et je le crois encore qu'il l'était dans ce temps-là, Je ne sais pas ce qu'il avait fuit avant,
Q.—Dans l'église (vous dites que ça commencé là) avez-vous entendu M, le curé quand il a parlé du libéralisme ? R.—Certainement que je l'ai entendu,
re, parque, et
bemon-
r lui, la e de sa 3 assure > VOUS ;
st un li-
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1 l'était
cz-vous
Q.— Qu'est-ce que vous lui avez entendu dire contre ke libéralisme ?
R.—J'ai envie de faire une comparaison.
Q.—Dites ce qu'ila dit ?
R.—Je ne le sais pas, je viens de vous le dire,
Q.—Qu'est-ce que vous avez compris qu'il disait ?
R.--C'est par une comparaison que je vais vou" faire comprendre, je ne puis pas répondre mieux , c'est comme un homme qui s’en va à pied, il marche misérablement, un homme passe avec une voiture et il l'embarque, ça ne le pousse pas en arriére, ga lui rend service, il va bien; ch! bien, moi, il m'a réchauffé, je n'avais pas froid, Essayer de vous donner les mots qu'il a dit, je ne m'en souviens pas. Tout ce que je suis, c'est qu’il a parlé du libéralisme et qu'il a dit qu'il était inférieur à l'autre parti ; voilà tout ce que je puis vous en donner de vérité là-dessus.
Q.— Vous rappelz-vous s'il a dit que le libéralisme était condatuné, ou approuvé, pur l'Eglise 2
ÆR.—Je ne puis pas sermenter cela sous serment ; je déclare franchement que je ne puis pas le dire, parceque je n'ai pas apprécié les mots.
Q.— Vous avez entendu parler M. le curé. de M. Joly, dans l'église ?
R.—Je vous ai déjà dit que je ne me souviens point d'un seul mot, que.je sois capable de répéter franchement. Dire qu'il l’a dit je ne suis point capable, je ne m'en souviens pas ; deux ans pour un homme de mon âge, c'est trop long.
Q.—Vous souvenez-vous toujours qu'il a parlé de M. Joly ?
R.—Non, je ne m'en souviens pas.
Q.—Vous ne vous souvenez pas, que M, le curé ait dit que M, Joly était un protestant et un suisse ?
R.—-Non, monsieur,
Q.—Où aviez-vous appris cela, avant de rencontrer M. Sylvestre ? ÆR.—Ils ne sont rares pas qui le savent ; la cabale depuis M, Arms-
trong, mais il n’était pas question de M, Joly, dans ce temps-là, Q.—Avant cela, il en était question ?
Æ.—Bicn des fois ; je vous déclare que j'ai pris ce parti-là en aversion et je l’ai encore,
Q.—Je ne vous parle pas du parti, je vous parle de M. Soly ?
R.--Je crois bien qu'il en a parlé. je le pense, mais je ne m'en rappelle pas.
Q.—Pourquai étiez-vous contre M. Joly ?
R.— Parceque je savais qu'il est libéral.
Q —Est.ce parceque vous croyiez aussi qu’il était un protestant ou uu suisse ?
R.--Je dis que je ne sais pas quoi répondre là-dessus ; c'est un parti que je n’aime point, c'est un parti que je ne veux pas adopter.
Q.— Pendant la dernière élection entre M. Sylvestre et M. Robillard, ou peu de temps après, avez-vous rencontré M. Dixon, marchand, de Berthier, et ne lui avez-vous pas dit : ‘que vous étiez obligé d'abandonner le parti de M. Sylvestre, et que vous ne pou-
viez pas voter pour lui, à cause des serimons de M. le curé,” ou des parules dans ce sens là ?
Objecté à cette question comme il'égale.
Objection renvoyée.
R.--Je n'ai pas mémoire de lui avoir dit cela ; je ne me souviens pas de l'avoir dit, mais je puis le lui avoir dit, parceque M. Dixon n’a pas l'habitude de mentir, Je puis l'avoir dit; je l'ai probabiement dit ; je le crois, si je ne l'ai pas dit à lui, je lai dit à d’autres, je l’ai dit à une Dame bien plus intéressée à cela, ë
Q.—de ne vous demande pas s1 vous l'avez dit à d’autres, mais je vous demande si vous l’avez dit à M. Dixon ?
R,—Je ne me rappelle pas de le lui avoir dit; mais, je puis le Jui avoir dit.
Le Défendeur déclare ne pas questionner le témoin. Et le déposant ne dit rien de plus,
i-Jà en
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M. Ro- Dixon, as étiez
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uviens Dixon bbabie-
utres, s, mais
buis le
Pierre Dumontier,
Cuiltivateur, de St Barthelemy, âgé de G1 ans,
Lequel ete., ete., dépose et dit :
Je ae suis point intéressé dans l'événement de ce procès,
0.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à voter à cette élection ?
R.—Oui, monsicur.
Q.—Dans quelle paroisse résidiez.vous ?
R.—A St Barthelemy.
Q.——De quelle religion étiez-vous alors et êtes-vous encore aujourd’hui ?
R.—Catholique.
Q.—Quel était le curé de cette paroisse ?
ÆR.—M. Archambault.
Q.—Quels étaient les candidats à cette élection ?
R.— M. Sylvestre et M. Robillard,
Q.—M. Robillard, le défendeur ?
R.—Oui, monsieur,
Q.— Quel parti représentait M. Sylvestre ?
R.—1.e parti libéral.
Q.—Et M. Robillard ?
R.—M. Robillard représentait le parti conservateur.
Q.— De quel parti étiez-vous, et pour quel candidat ?
Æ—Moi; j'étais pour M. Sylvestre.
Q.—Commeut appelez-vous ce parti-là ?
R.— J'étais libéral.
Q.—Pendant cette élection, vous rappelez-vous de quelques paroles prononcées en chaire par M. Archambault, concernant la politique et cette élection, pendant que les candidats étaient sur les rangs ?
R.—II a dit: “qu'il n'était pas pour en parler bien souvent, mais
de se rappeler ce qu'il avait dit, et qu’il était le même homme.” k
Q.—Vous rappelez-vous d’autres choses, pendant cette élection- B, qu'il ait dites ?
R.—Non, pas pendant celle-là ; seulement il a dit: ‘ rappelezvous de ce que j'ai dit.” Il parlait d'avant, je suppose.
Q.—Qu'est-ce que c'est que ga vous a rappelé, ces paroles là ?
R.—Ça m'a rappelé ce qu’il avait dit avant, dans les autres sermons,
Q.— Qu'est-ce que ça vous a rappelé ?
R.—Bieu de quoi qu'il avait dit! bieu de quoi! bien plus qe je suis capable de dire.
Q.—Rapportez ce qui vous a le plus frappé ; et ce dont vou: vous rappelez dans le moment ?
R.— Avant, il avait dit que c'était un parti suisse ct révolutionpaire,
Q.— Quel parti ?
R.—Le parti libéral.
Q.—Avait-il dit cela en chaire ?
R.--Oui ; et bien d’autres choses, que je ne suis pas capable de dire ?
Q.—Vous rappelez-vous ce qu’il a dit après l'élection précédente, entre M. Sylvestre et M. Tranchemontagne, à propos de Lucifer, et de la majorité de M. Sylvestre dans la paroisse ?
ÆR.— Après l’éleciton de M, Tranchemontagne, il a dit : ‘“ que Lucifer était sorti de l'enfer, qu'il avait pris la liste électorale, qu'il avait parcouru les rangs, et qu'il avait enrégistré les noms de ses enfants, et qu’il avait eu une grande majorité.”
Q.—-Combien de temps après l'élection de M, Sylvestre : avec M. Tranchemontagne, avait-il prononcé ces parcles-là ? R.—Je pense que c’est le dimanche ensuite,
Q.—M. Sylvestre représentait-il le parti libéral à cette électionà ?
R.—Oui, monsieur ; le parti libéral,
Q.--M. Tranchemontagne, de quel parti était-il ?
R.— Du parti conservateur,
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Q.—:. dimanche qu'il a dit cela, était-ce celui où les Quarante- Heures commençaient ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Qu'a-t.il dit à propos des Quarante-Heures et de ceux qui étaient indignes d'approcher des sacrements à cause de ectte élec tion là ?
R.—T à dit: ‘que les libéraux qui approcheraient du Tribunal ‘de 11 pénitence, et qui ne se confesseraient pes d'être libéraux feraient des sacrilèges.”
Q.—A:til parlé de damnation, et qu'est-ce qu'il a dit À propos de ceia ?
R.—Cela. il eu a parlé rlusieurs fois,
Q.—-Qu'est-ce qu'il a dit de la dummation ?
k.— Il a dit qu'il nous disiit ee qu'il fallait faire, et que si om. ne voulait pas l’écouter, de se dammer si on voulait,
Q.--A propos de quoi disait-il cela, de faire ce qu'il disait de faire ou de se damner ?
R,—11 disait qu'on veut être conservateur, et que si on restait libéral, on ne pouvait pas,
Q.—-On ne pouvait pas quoi ?
R.—On ne pouvait pas rester libéral et faire notre religion.
Q.—Quel effets ont eu ces prédications là, d’après vous, sur le résultat de l'élection entre M. Robillard et M. Sylvestre ?
R.—Ça fait qu'ii y en à plusieurs qui n’ont pas voté.
Q.—Savez-vous quelle a été la majorité obtenu,e par monsieur Robillard ?
R,—Je ne puis pas vous le dire au juste,
Q.—Dites, à peu près ?
R.--Je ne m'en suis pas mêlé ; je n’y ai pas été ; jai été comme de raison voter, ais je n’ai pas suivi cela du tout,
Q.--A l’autre élection antérieure, entre M. Sylvestre et M. Tran. chemontagne, qui avait eu la majozité ?
R.—M Sylvestre,
Q'—Vous rappelez-vous combien ?
R..-Non ; je ne suis pas capable de vous le dire.
Q.—A quoi peut-on attribuer le virement qui s'est fuit à cette électiou-là contre M. Sylvestre.
R.—A M. Archambault,
Q.—A M. le curé ?
R.— Oui, à M. le curé.
Q.—A ses prédications et à son influence ?
KR.— Quand il a pu rencontrer quelqu'un, il a travaillé là-dessus tant qu'il a pu, pour nuire au parti libéral.
Q.—Pendant l'élection dont ils question en cette cause, entre M. Robillard et M. Sylvestre, mais avant la votation, vous êtesvous présenté, pour vous confesser et faire vos Pâques, an Révd. M. Archambault, curé de votre paroisse ?
ÆR.—Non, monsieur.
Q.—Vous ne vous êtes pas présenté ?
R.—Je me suis présenté au vicaire, parcequ'à M: Archambault äl avait longtemps que je n’allais pas à lui.
Q,—Pour quelle raison aviez-vous cessé d'aller à M. Archambault ?
R.—Parcequ’il me disait que je me damnais à suivre ce parti-là.
Q.—T1 connaissait bien le parti que vous suiviez ?
R.—Oui, monsieur.
Q.—Le vicaire, M. Brien, vous a-t-il confessé ?
Æ.—Oui, monsieur, et il m'a refusé l’absolution.
Q.—Après votre confession terminée, c’est-à-dire après l’absolution ou la bénédiction, ou soit après l’absolution refusée ou donnée, avez-vous eu quelque conversation avec M. le vicaire Brien, au sujet de la politique et de l'élection, et qu'est-ce qu'il vous.a dit à se sujet ?
OUbjerté à cette question comme illégale, en autant qu’elle tend à prouver des faits conc2rnant la confession et des communications confidentielles qui ne peuvent faire l’objet d’une preuve devant cette Cour.
Objection maintenue, parceque la question tend à prouver le motif
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pour lequel le confesseur a refusé l’absuiution à son pénitent, et de plus, parcequ'elle contient l'admission d’un fait qui n'a pas été dé:laré par te témoin.
Les Pétitionnaires excipent respectueusement de la décision du Tribunal.
Q.—Après la confession de vos péchés, mais avant le refus ou l'octroi de l’absolution ou de la bénédiction, M. Brien, votre coufcsseur, vous a-t-il alors parlé de la politique et de cette élection, et si oui, dites quelles menaces ou que: refus, en rapport avec la religion, il vous a fait, à cause de vos opinions politiques, et pour vous engager à voter pour le Défendeur ou à vous abstenir de voter pour le candidat Sylvestre ?
Objecté à cette question comme illégale, en autant qu’elle tend à prouver des faits conceruant la confession, et des communications confidentielles qui ne peuvent faire l’objet d’une preuve devant cette Cour. :
Objection maintenue, en autant que la question tehd à obtenir une Li Là . . + . . ! ! * * .
réponse qui divulguerait ce qui lui a été dit durant i’accomplissement de l’acte de la confession.
Les Pétitionnaires excipent respectueusement de la décision dw Tribunal,
Q.—Avez-vous fait vos Pâques, cette année là ? R.—Non, monsieur. i
Q.—Combien de temps après l'élection avez-vous pu communier, pour la première fois ensuite ?
R.—Vers le dix de mai,
Q.—Le dix de mai de la même année ?
R.—-Oui, de la même année,
Q.—C'est-à-dire dix jours après la votation ? R.—Oui, monsieur,
Q.—A quelle condition ?
R.--A condition que je vins à changer de parti, Q.—Avez-vous promis cela, de changer de parti ?
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