‹ Contestation de l'élection de Berthier, mai 1878 [microforme]Chapitre 47 sur 56 · TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR SOUS RÉSERVE DES OBJECTIONS UI-DESUS · texte numérisé non relu

TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR SOUS RÉSERVE DES OBJECTIONS UI-DESUS

(.—Vous avez dit que vous aviez fait vos Pâques, à lacondition de changer votre parti ?

Æ,— Pas mes Pâques; ça se trouvait la première communion aprés le temps des Pâques, Mes Pâques, je ne les ai pas fuites,

Q.--Où cett: condition là, vous avait-elle été imposée ?

R.--Au confessionnal, par M. Brien.

Le Défendeur objecte à la preuve de cette condition, apposée à l'ab. solution, vu que c'est une con:lition qui, ainsi quele déclare le témotn, lui aurait été apposée au confessionnal, et qu'elle fait partie de la ‘con. fession, et que le défendeur ne peut, en se conformant au jugement rendu par cette honcrable Cour, transquestionner le témoin, pour sa” voir s'il n'y a pas d’autres raisons pour lesquelles les Pâques lui ont été refusées ; et si Ir con:litiou qu'on à mis: se trouvait pour autre chose que pour la politique,

Obiection réservée,

Et le déposant ne dit rien de plus,

Louis Sylvestre,

Cultivateur, de l’'Isle-du-Pads, âgé de 47 ans.

Lequel ete. etc., dépose et dit :

Je ne suis poiat intéressé dans l'événement de ce procès,

Q.—Pendunt l'élection dont. il est question en cette cause, tenue en-avril et mai 1878, étiez-vons le candilat qui s'est présenté en opposition au Défenleur qui a été élu ?

R.— Oui, monsieur,

Q.—Combien d'élections avicz-vous remportées antérieurement, dans ce même comté ?

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R.-- Deux, avaut eclle là,

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1,—-Coatre feu le dutteure Moil. et l'autre contre M, Louis L'ranchemontagne,

Q.—Dans quelles années cs deux élections là se sont elles tenues ?

R.— La première a eu lieu dans le mois de juillet 1871, et la deuxième dans le mois de juin 1875.

Q.—La première, vous l'avez remportée contre le dosteur Mojli ?

R'—Oui, monsieur,

Q.—Quelle majorité avez-vous eu dans ces deux élections respectivement ?

BR.—Je crois avoir eu une majorité de 76 contre le doctenr Moil.

Q —Lt contre M, Tranchemontagne ? -

li.—Je crois que c'est 45.

Q.—Y avait-il quelque comparaison à faire, estre la popularité et l'influence dont jouissaient ces deux messieurs et celles du Défendeur, à votre dernière élection 2

Objecté à catto question :ommillig ile.

Cbjectiou renvoyée,

R.— Pour moi, je considère que l'influence du Dr, Mollet de M. Louis Franchemontagne était beaucoup plus considérable que celle de M, Robillard. le membre actuel, et que certainement la dernière lutte que j'ai entreprise contre M. Robillard, je l’ai entreprise avec beaucoup plus d'espoir de réussir que aucune des élections préecdentes,

Q.--Quel à été la plus forte objection, et la plus difficile à combattre, que vous avez rencontrée peudant votre campagne éleetoraie en hostilité avec votre candidature ?

R.—J'ai considéré que c'était l'influence du clergé, qui était la plus forte à combattre contre ma candidature, Q.—Sans l'influence du clergé exercé coctre vous, quel aurait

été le résultat de cette élection ?

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R.—Je crois fermement que j'aurais réussi à gagner l'élection du ‘comté,

@.—Qu'est-ce qu'un grand nombre de vos amis vous disaient À «<e +u,et, lorsque vous leur demandiez leur support ou leur vote ? R,—Ils me donnaient tout espoir que je réussirais, et quelquesuus m'ont dit que je devais être élu pur acclamation ; cela m'a été dit, je ne sais pas si c'était pour me tromper, mais quelques-uns m'ont dit qu'ils avaient appris par des conservateurs qu’on ne devait pas me faire de lutte.

Q.—Lorsque la candidature du défendeur a surgi, quelque temps après la votre annoncée, quel a été le cri général, et à qui attribuuit-on généralement cette candidature dans le comité ?

R.—Au clergé du comté,

Q—Quelles étaient les objections, ou’ quelle a été l’objection principale, chez un grand nombre de vos anciens amis, à voter pour vous de nouveau, comme ils l’avaient fait par le passé ?

B.—Je dois dire qu'avant la votation, je n'ai pas pu découvrir que plusieurs de mes amis m'avaient laissé, j2 n'ai pu le constater qu'après l'élection.

Q.—Qu'est-ce que vous avez constaté à ce sujet ?

lè.—Que c'était l'ivfluence du clergé qui les avait induits à votcr contre moiou à s'abstenir de voter; je sais qu’un bon nombre de wes amis se sont abstenus .de voter, quelques uns me l'ont dit à moi-même, et j'ai eutendu dire par plusieurs que c'était parceque le prêtre de la parvisse les avaient engagés à voter contre moi, parceque le parti que je supportais était dangéreux et même défendu par l'Eglise.

Q.—Avez-vous porté quelque plainte à l'Evêque du diocèse, au sujet de la conduite de quelques membres du clergé, pendant cette élection ?

R.— Oui, monsieur,

Q.—Quel en a été le résultat ?

R.—Je n'ai pas eu de réponse définitive; le résultat a été nul, pour aiusi dire,

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Q.—Qu'est-ce qüe l'Évêque vous a dit qu’il pouvait faire dans ces cas-là ?

Obhjecté à cette question comme illégale,

Objection maintenue,

Q.--Est-ce par une requête ou verbalement, que vous vous êtes plaint ? :

R.—Je me suis plaint d’abord verbalement ; la première fois que je suis allé à lui, je l'ai rencontré à son palais épiscopal,et j’ai porté des plaintes verbalement ;. là-dessus il m'a dit : ‘vous devez porter vos plaintes par écrit,” en sorte que je lui ai envoyé une lettre me plaignant de la conduite des prêtres ; je n’ai pas eu de réponse accusant réception de cette lettre. Je l'ai rencontré plus tard, etilm’a dit : ‘j'ai reçu votrelettre, mais les plaintes ne sont pas suffisantes.” Plus tard, j'ai envoyé un factum assez considéra, ble, me plaiguant assez au long de‘la conduite des prêtres, la dernière partie était après l'élection ; j'ai eu une réponse qu'il avait reçu le document ; le temps s’est écoulé, et comme je n'avais pas de réponse, j'ai pris le parti d’aller le voir de nouveau, et je lui ai demandé: ‘“‘s’il se rappelait que je lui avais adressé quelques documents ”......... inner tele dre CNE ANNE Si je ne puis pas dire la réponse de Monseigneur, je n’ai plus rien à répondre.

Q.—Pourquoi ne pouvez-vous pas le dire ?*

R—Je ne puis rien dire de plus, par rapport à cette réponse, attendu que j'ea suis empêché par le Juge, qui décide que la question faite ue tend pas à prouver la réponse faite par l'Evêque, et que cette preuve ne serait pas permise par le tribunal.

Q.—Quelles sont les paroisses où vous avez constaté, par le résul. tat de la votation, que l'influence du clergé vous avait été le plus hostile et dommageable ?

R.—Je crois que ce sont les paroisses de Lanoraie, de St- Barthelemy, et St Norbert; mais il y a eu peu de différence dans St Norbert d’après le résultat de la votation. |

Q.— Avez-vous constaté quelque chose dans la paroisse de Berthier ?

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Æ.—Dans la paroisse de Berthier, je ne me rappelle pas bien bien de la votation, mais autant que je puis me rappeler, c'est que la votatiou de 1878 et celle de 1875 ont été à peu près la même chose;

j'ai cu une minorité, je crois, de 160 ou de 160 et quelques voix ; il y a eu bien peu de voix de différence.

Q.— Avez-vous contribué de quelque façon à cette contestation ? R.— Pas du tout, ni par souscription, ni par conseil,

TRANSQUESTIONNÉ PAR LE DÉFENDEUR

Q.— Dans la paroisse de St, Norbert, n’est-il pas vrai que la votation en 1878 a donné une moindre mujorité au parti conservateur ju’à l'élection de 1875.

Æ.— Pardon ; en 1875, il y a eu égalité entre moiet M, Tranchemontagne, et en 1878, Je crois que M, Robillard a eu huit voix de majorité, C’est sept ou huit voix, je ne suis pas positif sur le ébiffre ; mais en 1875, je suis positif qu'il y a eu un zéro, c'est un chiffre assez facile à retenir.

Q.— Vous savez que le défendeur en cette cause est un commergant qui fait, et qui faisait en 1878, des affaires assez considérables dans le comté ?

Æ.—Je le connais pour un commergant qui fuit des affaires assez en grand, pas très-cousidérables, mais aujourd'hui je puis dire que c’est uo des principaux cowmerçants depuis quelques années,

Q.—N'est-il pas vrai qu'en 1878, son commerce était aussi considéruble qu’il l’est aujourd’hui ?

Æ.—E£h! bien, je crois que non; je crois que son e@mm rec à augmenté depuis ce temps-là, c'est mon impression, js ne suis pas positif à le dire, je n'ai jamais vu ses livres.

Q—Savez-vous comment il a été choisi, lors de l'éleetion dont il s'agit en cette cause ?

R.—Je ne suis pas positif, il na été choisi probablement par ses amis ; mais ce que j'ai cutendu ire, c’est que quelques membres du clergé étaient à organiser pour que M. Robillard fut demandé ; c'est ce que j'ai: entendu dire.

Q.—Ne savez-vous pas qu’à une assemblée du parti conserva-

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teur du comté, qui a eu lieu dans cette salle même, il a été question de choisir un candidat, et que là la question a été posée de prendre monsieur Tranchemontagne ou le Défendeur en cette cause ?

R.—Je l'ai entendu dire, et je saisque monsieur Robillard a été choisi.

Q.— Vous savez qu'il a été choisi à cette assemblé là ?

R.—C'étüit le même jour qu'il y avait une grande assemblée, je n'étais pas présent quand il a été choisi, mais de suite j'ai appris la nouvelle que M, Robillard avait été choisi pour me faire opposition,

Q.-- Immédiatement après cette assemblée où monsieur Robillard a été choisi candidat, il y a eu une assemblée des deux patis, du votre et du sien, à la porte de l'église, iei ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—-Et il a été annoncé, à cette assemblés, qu'à une nssemblée du parti conservateur, M. Joseph Robillar G avait 616 choisi comme candidat ?

R.——Oui, monsieur,

Q.—Savez-vous qu'à cette asseiublée, il n'y avait aucun merbre du clergé ?

KR.— Pas bien loin de l'endroit où les orateurs udressuerit la parole, J'ai vu quelques membres du cieré,

Q.—-Je pirle de l'ussewblée tenace ici, où M, Rabillurd a été choisi ?

2. -Je ne suis pas si à cette assemblée il y avait aucun meinbre du clergé.

Q.—Quels sont ceux qui vous ont déclaré qu'ils n'avaient pas voté pour vous, où qu'ils s'étaient abstenus de voter pour vous, à cause des menaces ou remontrances du curé où du prêtre ?

R.— Je me rappelle de M. François Beaupré, de St Barthelemy; M. Louis Griguon, aussi me l’a dit, M. Louis Gonzague Joly me l'a dit ; il y en à uu certain nombre dont je me rappeile pas les noms, p'ais j'ai entendu dire que plusieurs le disaient, un très-grand nombre,

Q.— Ce sont les seuls dont vous vous rappelcz maintenant.

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