RECRUTER
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La raison sembla concluante pour Sophie qui ne dit pas un mot pour reprocher cet excès de prodigalité et envoya la plus jeune de ses filles, la petite Louise, au grenier pour renouveler sa provision.
— J'vous persouète que le cœur me cognaîit fort, continua la Phine, en voyant r'sourdre p'tit Bob et j'sais pas d’où i sortait, car y avait pas une minute que j'avais r'gardé dehors et on voyait pas une âme sur le chemin du roi.
— J'lui aurais barré la porte au nez. s'écria Luce, filleule de Sophie que celle-ci avait recueillie chez elle, à la mort de sa mère, et qu’elle aimait comme ses autres enfants.
__ Sainte bénite! repart vivement la Phine, tout effrayée de l’idée, pour qu'i m'jetit un sort!
— J'ai point peur de ses sorts, dit Luce, d'autant plus brave que le terrible personnage en question n'était plus là; quand j'rencontre p'tit Bob, j'mets vitement mon tablier à l'envers ou ben mes pouces dans l’creux de mes deux mains. Avec ça, y a rien à craindre.
— C’est encore mieux d'avoir rien à faire avec lui, dit sagement Sophie qui brassait la farine dans son coin; les jeteux d'sorts, ça parle au méchant esprit et quand j'pense à votre oncle Jos. qui a crevé son cheval l'été passé, à Narcisse Pinet qui a perdu sa vache et tous ses moutons du printemps, tout ça parce que p'tit Bob leuzyravait dit: “Vous vous souviendrez d'moé,” ça n'est point des jeux. J'sais pas ousque ça aurait été pour votre oncle Jos, si y avait pas fait bouillir un peu de sang d’un autre cheval qui était tombé malade avec des clous dedans: c'est un moyen souverain pour détourner l'mauvais sort,