‹ Conteurs canadiens-français du XIXe siècle [microforme]Chapitre 43 sur 77 · AA ETES · texte numérisé non relu

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rentrer d'une expédition où il a pu “faire cheniquer ” les Algonquins qui braconnent comme lui dans la région du lac Thérien.

Notre homme vit en effet pauvrement, si l’on veut, mais librement. à la facon des oiseaux. Il a son nid — sa masure — sur le rivage du lac qui étend soyeusement sa nappe sur les cantons de Preston et de Gagnon, cet immense élargissement de la rivière Petite-Nation que les colons continuent de nommer Lac-Long, bien qu'il ait reçu, il y a quelques années, le nom äu premier pionnier de ce territoire, le vénérable abbé Amédée Thérien.

Puisque nous y sommes, notons donc en passant l'idée qu'ont eue des gens de raison d’émailler le martyrologe géographique qu'est notre province de Québec, par des dénominations signifiant enfin quelque chose. Et souhaitons voir bientôt les noms de nos législateurs, de nos poètes et de nos philanthropes s'appliquer à ces nappes d'eau majestueuses, à ces caps altiers, à ces monuments impérissables qui s'affichent aujourd'hui lacs Tortu, Rond, Long, Bossu, et montagnes Plate, en Equerre ou Carrée. Encore que ces appellations baroques n’ont pas toujours la justesse de celles que Jos. Noël donne aux différents points de sa réserve. Quand il appelle une montagne Chevreuil, c’est qu'il s'y trouve quelques familles ruminant, paisibles, dans la chénaie ou dans l’érablière, mais condamnées par lui à mort, sans espoir de commutation. Quand il nomme un lac Castor, c'est qu'il s'y multiplie quelques castes de ces rongeurs dont la peau est vendue d'avance.

Mais là où Jos. Noël est superbe, c'est à l'arrivée en son domaine de sportsmen qui se confient à lui pour faire

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