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L. DE MONTIGNY

un bon coup de feu. Il se plait alors à dévoiler ses cachettes, à indiquer ses “ravages ” de chevreuils, ses ‘* debarcadères”’ de ioutres et ses “ battues” de visons, soutcieux seulement de faire porter son nom de grand chasseur à Montréal ou à Ottawa qui lui semblent la métropole et la capitale de l'univers. Au demeurant, Jos. Noël est suffisamment assuré qu'ave: toutes leurs armes à répétition les citadins ne feront pas beaucoup de mal à ses bêtes.

Chaque été, avec quelques camarades. j'allais rater quelques belles pièces de gibier dans le domaine de Jos Noël. Nous le louions pour nous guider, pendant les vacances du temps passé et déjà loin: ces années que je regrette assurément pour leurs soixante jours de liberté franche, mais pas du tout à cause de l’internement de dix mois qu'il nous fallait subir sous prétexte de nous instruire, et qui nous faisait soupirer comme à l'attente d'un héritage après la sortie du collège.

Par un de ces divins crépuscules de juillet, nous revenions d’un campement à l'embouchure du lac Poisson- Blanc où nous étions allés forcer une pauvre biche que nous ramenions victorieusement dans le canot, avec certaines autres dépouilles opimes et nos chiens haletants après une journée de course folle. Fatigués nous aussi de deux heures d'aviron, nous mines une sourdine à notre gaieté lorsqu'il s'agit de faire le portage de cinq milles quinous séparait du lac Thérien, et que nous devions cependant accomplir pour atteindre nos quartiers, à la station Duhamel. Aussi, proposa-t-on, ayant enfin pris terre, de dresser la tente sur la berge et d'attendre le ‘endemain pour faire le portage. Au reste, la marche devait

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