‹ Conteurs canadiens-français du XIXe siècle [microforme]Chapitre 47 sur 77 · ARE · texte numérisé non relu

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Pis j'pense aussi tout d'un coup qu'on s'trouvait fair su’ l'Mardi Gras et qu'il allait y avoir du fun avec queque chose à boire au village... J'me rattelle, mais ça pouvait plus avancer. Toujours qu'pour lorse j'gagne l'vieux «'anquier, qui avait été abandonné l’printemps d'avant, pour passer la nuit à l'abri, ou tant seulement me r'niper un ptit brin et attendre qu'la pluie soit passée. Mais vous savez si c’est d'meure, ces pluies d’hiver: quand ça commence, ça finit pus.

J'fume trois, quatre pipes en faisant sécher mes hardes contre la cambuse ousque j'avais allumé une bonne attisée après avoir eu une misère de cheval maigre pour trouver des écopeaux sèches. Et comme j'étais à moquié mort d'éreintement et que j'cognais des clous d’six pouces et demi, j'me résine donc, en sacraillant ben un peu, à passer la nuit dans le chanquier.

J'accote la porte avec une bonne bûche, j'étends quéques branches de cèdre su l’hed qu'les hommes du chanquier avaient laissé correct, j'plie mon capot d’sus, j'snob mon fusil à la tête, et dors garçon!..,

Ben sür plusieurs heures plus tard, — parce que l’feu était éteindu,— mon chien Boulé, qui s'était couché avec moué, m'réveille en grogaant... J'écoute et ça rôdait autour du chanquier. J'entendais rouler les quarts vides qui avaient été laissés là par les raftmen, comme si quéque finfin avait essayé d'faire des belles gestes avec... Et pis les marchements s’approchent, et tout au ras d’la porte, j'entends un tas de r'niflages avec des grognements d'ours. J'compte ben qu'c'est pas la peine d'vous dire si 1 faisait noir, en grand, dans not’ sacrée cabane pas d'feu, par c'te nuit mouillée,

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