‹ Contractions Réflexes du Gros IntestinChapitre 5 sur 22 · RAR · texte numérisé non relu

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l'existence de grands mouvements rapides, discontinus et uniquement dirigés vers l'anus. Par moment il y aurait progression d’une colonne fécale chassée vers la portion suivante, pendant que la segmentation transversale disparaît. Cette progression brusque ne dure que quelques secondes et se produit à de longs intervalles, seulement 7 à 8 fois par 24 heüres. Ces mouvements qui se produisent surtout sous l'influence de fortes excitations directes où reflexes ne semblent pas, à Case, avoir l'importance que leur attribue Holzknecht.

Moins importants sont les mouvements pendulaires décrits par Rieder, appelés oscillatoires par Elliot et par Cannon ; mouvements rythmiques de va et vient par Bloch ; mouvements de brassage par Schwartz.

Ainsi tout le long du tube digestif se produit une série de réflexes. Ils régularisent la progression du chyme et des feces, en provoquant des relâchements et des contractions des fibres musculaires qui assurent l'évacuation normale des matières.

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Contractions provoquées

Maintenant que nous connaissons l'aspect normal du gros intestin, nous allons chercher à savoir, si pan des excitations électriques ou mécaniques portées en cerlains points, nous pouvons provoquer des modifications dans sa forme.

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Les purgatifs produisent des excitations du tube intestinal. Leur action consiste à stimuler la muqueuse et à déterminer un réflexe local.

À part l'huile de vaseline ou la paraffine qui ne subissent dans l'intestin, ni décomposition, ni absorption, et qui permettent à une quantité normale

de matières de passer en excitant par leur simple

présence la muqueuse du gros inteslin, tous les purgatifs agissent par un mécanisme purement chimique.

La strychnine, par exemple, en augmentant l’excitabilité réflexe du système nerveux périphérique et central, accroît aussi par l'intermédiaire du plexus d'Auerbach la tonicité du colon.

L'opium, au contraire, en diminuant l’activité ré-

fiexe des nerfs inhibiteurs, peut redonner à la fibre intestinale les contractions qui avaient disparu.

Les purgatifs salins ou végétaux sont rapidement absorbés par l'intestin grêle et agissent par l’intermédiaire du sang sur le mécanisme neuro-musculaire du colon, en activant les contractions et les sécrétions.

Cependant il existe certains purgatifs qui produisent leur effet avant d’être arrivés à l'intestin.

En effet, au Congrès de la Société Allemande de Rôntgen (1913), le Professeur von Bergmann a montré qu'après une injection intra-musculaire d’atropine, on observe une coudure du colon.transverse, probablement due, dit-il, à une altération de la tonicité des muscles striés.

De même il à reconnu à une substance, qu'il appelle la physostigmine, une action stimulante sur € mouvement intestinal et sur les bosselures du colon. Après l'injection sous-cutanée de physostigmine ct de pilocarpine il a noté des rétrécissements spasmodiques énormes.

Enfin, d’après lui, les injections d’adrénaline exerceraient une action stimulante sur les mouvements intestinaux. :

Peut-être pourrait-on opérer un rapprochement entre ces expériences et l’action des hormones, qui se produisent dans l'estomac et dans l'intestin au moment de la digestion.

Les glandes du tube digestif, outre qu’elles élaborent un liquide qui facilitera la digestion des ali-

inents, secrèlent aussi des produits qui pénètrent dans les capillaires et que Bayliss et Starling ont appelés hormones. C'est ainsi que la muqueuse duodénale contient une hormone péristaltique, la motiline (Hallion), qui excite le péristaltisme de l'intestin.

Mais ce mode d’excitation du colon ne nous arrèera pas et c'est surtout les contractions provoquées électriquement et mécaniquement que nous aurons en vue.

Au lieu d'agir sur les extrémités terminales, on peut agir sur les nerfs moteurs. Aussi, avant de com- Jmencer l'étude des contractions provoquées, devonsnous encore faire une étude sommaire de l’innervation du gros intestin.

Claude Bernard, dans ses « Leçons sur la Physiologie et la Pathologie du système nerveux » avait fait observer autrefois, que la contraction des intestins reçoit son excitation des parties du système nerveux situées beaucoup au-dessus des organes qui se contractent. Mais, ajoutait-il, « si l’on admet maintenant que les fibres sensitives, qui produisent cette contraction, naissent des parties situées au-dessus de celles qui se contractent, on verra que les nerfs sensitifs, qui transmettent l'impression excitante, ne sont pas toujours dans les organes mêmes qui se meuvent. Ainsi, par exemple, une irritation portée sur Îles nerfs de l'intestin grêle fait contracter le gros intes-

tin. Ainsi une irritation portée sur les nerfs de l'esiomac fait contracter l'intestin L

On voit que Cl. Bernard avait reconnu l'existence de contractions réflexes.

Le gros intestin peut se contracter énergiquement lorsqu'on agit directement sur ses nerfs moteuys.

L'innervation du gros intestin est, il est vrai, speciale, assez complexe et assez mal connue. Ses nerfs lui viennent pour sa moité droite du plexus mésentérique supérieur, c’est-à-dire du plexus solaire ; pour sa moilié gauche du plexus mésentérique inférieur, qui lui-même tire son origine du plexus lomboaortique. Les nerfs du rectum proviennent du plexus mésentérique inférieur, de la portion sacrée du grand sympathique, et enfin des plexus hypogastri® ques pour les divisions émanées du système nerveux ganglionnaire. Les nerfs qui tirent leur origine du système cérébro-spinal proviennent des troisièmes, quatrièmes et cinquièmes paires sacrées (Sappey).

Le colon, dit Hertz « est innervé par les fibres sympathiques issues de la région lombaire inférieure, avec relai dans le ganglion mésentérique inférieur. Le gros intestin reçoit par l'intermédiaire des nerfs pelviens des fibres du cordon sacré, lesquelles n’ont aucune relation avec le système sympathique et sont physiologiquement l'équivalent du pneumogastrique ».

Les fibres d’origine sacrée, de même que celles du preumogastrique, pour l'estomac et l'intestin grêle, viennent se perdre dans des cellules ganglionnaires

situées entre les couches musculaires ciruculaire et longitudinale, où elles constituent le plexus d’Auerbach (Hertz).

L'excitation des splanchniques inhibe les fibres musculaires du gros intestin et par le fait mème arrête leur contraction. Au contraire, la stimulation des nerfs pelviens, en augmentant sa tonicité musculaire, rend sa contraction plus intense.

Malgré cette double innervation, l'intestin séparé de ses connections nerveuses pourra encore aCCoimplir ses fonctions.

Cependant un fragment détaché de l'intestin ne sera capable de se contracter rythmiquement que s’il est encore relié au plexus nerveux de sa région.

Tout porte donc à croire que les fonctions motrices de l'intestin sont sous la dépendance de réflexes qui ont leur centre dans le plexus d'Auerbach.

Toutefois, le système nerveux central, peut influer soit directement, soit par acion réflexe sur les mouvements de l'intestin.

Les phénomènes moteurs de l'intestin sont donc le fait de l’interdépendance des divers segments du tube digestif (Roux-Berger).

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Electrisation du Pneumogastrique

S'il est vrai que, pour Chauveau, l’action motrice du pneumogastrique s'arrête au pylore, on a constaté depuis que l’on pouvait obtenir des contractions de l'intestin grêle par son excitation (Braam-Honekgeest) et cette action sur le petit intestin n'est plus discutable.

D'après Cannon, il semble très douteux que les fibres du pneumogastrique atteignent le gros intestin.

Bayliss et Starling ne sont pas parvenus à démontrer que l'excitation des nerfs vagues provoquait des contractions du gros intestin.

Si Metzler et Auer ont observé de fortes contractions du cœcum chez le lapin (1908), il faut reconnaître que chez l’homme le nerf vague ne paraît prendre, d’après les travaux des divers physiologistes, aucune part à l’innervation du colon.

Mais les recherches sur l’homme, faites par le D' Lebon, le gros intestin étant rempli d’une bouillie de Bismuth absorbée la veille après l'administration de 30 grammes d'huile de ricin, lui permettent d’affirmer que l'excitation du pneumogastrique droit dé-

termine des contractions très nettes et très marquées du colon ascendant.

La figure 1 représente un gros intestin avant l’excitation du vague et la figure 2 le même intestin immédiatement après l'excitation. Chez le sujet qui a fourni les clichés représentés (et tout de suite nous tenons à remercier la « Presse Médicale », qui a bien voulu

nous permettre d'illustrer notre thèse avec les gravu-

res que le D' Lebon avait publiées dans cette revue), l’électrode indifférente qui peut être placée dans le dos, était fixée sur la cuisse gauche. L’électrode active, petite électrode en charbon, recouverte de coton hydrophile, était appliquée à droite au-dessus de la clavicule entre les chefs d'insertion inférieure du sterno-cleido-mastoïdien.

Avant l'excitation du pneumogastrique droit

Sur la figure 1 on remarque qu'avant toute excitation, le cœcum descend très bas et que le colon as-

cendant, presque régulièrement cylindrique, offre des bords ondulés sans incisures profondes.

Sur la figure » on voit une ascension-incontestable de la masse Bismuthée, en même temps qu'un élargissement du colon ascendant dont les bords sont devenus irréguliers et par places fortement échancrés.

FIcurRE 2°

Après l'excitation du pneumogastrique droit

Les contractions du colon ascendant étaient dans ces condilions assez prononcées pour être très visibles sur l'écran au moment de chaque excitation.

Le colon transverse ne présente au contraire sur les deux clichés aucune modification.

L'excitation du vague droit hez le chien, n’a pas paru, à Dubus, déterminer un effet quelconque du côté du colon.

Les contractions si manifestes, consécutives chez homme à l'excitation du pneumogastrique droit, ne peuvent être attribués à l’excitation de la peau et être

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