‹ Contractions Réflexes du Gros IntestinChapitre 8 sur 22 · STE · texte numérisé non relu

STE

averti, à l'existence d’un obstacle, qui en fait n'existe pas.

Ces mouvements du colon peuvent reconnaître pour cause l'excitation de la muqueuse gastrique. Mais ils peuvent provenir également d'ondes péristaltiques parties du grêle, les anneaux musculaires se passant de l’un à l’autre les impression motrices. Îl est vrai qu'il y a probablement solution de continuité entre les contractions de l’Iléon et du gros intestin, orâce à la présence d’une forte couche de tissu conjonctif au niveau de la valvule ileo-cœcale entre les couches musculaires du colon (Engelmann). De plus le passage des matières de l'intestin grêle dans le gros intestin, quand le premier n’est pas encore vide, comme dans le cas de Hertz, a une influence non douteuse sur les contractions du colon ascendant.

Les contractions du gros intestin, consécutives à l'absorption d'aliments, peuvent donc être attribuées à des causes très nombreuses et ne sont pas nécessalrement des contractions réflexes.

Or, il est indispensable d'isoler les causes si on veut connaître les effets. Cette règle assez difficile en physiologie est cependant très importante à suivre.

Les modifications, apportées au bout du même temps, dans le contenu du gros intestin, par l’absorption d'aliments, varient au surplus avec les substances ingérées.

Lebon, trois quart d'heure après un repas de

HS

80. grammes de pain, ne constatait que des modifications assez peu sensibles des matières bismuthées.

Mais l'examen radioscopique lui a permis de reconnaître que la muqueuse stomaccale était bien, en réalité, une zone génératrice de contractions coliques et de confirmer les conclusions auxquelles était arrivé Dubus (1911).

Dubus, pour étudier les mouvements du colon sous l'influence de l'excitation des régions supérieures du tube digestif, prenait le chien comme sujet d’expérience. Après avoir fait une laparotomie, il incisait le cœcum et à l’aide d’une pince introduisait dans le colon ascendant et dans le transverse un petit ballon en caoutchouc très scuple et très mince, afin de trau-

inatiser au minimum le colon ascendant. Ce ballon

était relié à un appareil enregistreur.

Par ce procédé, Dubus était arrivé à démontrer que l'excitation électrique (courant faradique) du duodénum, lirritation de la muqueuse duodénale, les excitations électriques et mécaniques de l’estomac, déterminaient de faibles réactions coliques.

« De même, qu'après Fexcitation du duodénum, dit-il, nous avons noté l'apparition de contractions coliques, tantôt uniques, tantôt répétées, de même l'excitation de la région fundique a amené des résultats analogues, toutefois moins constants.

« Au niveau de l'estomac, c’est l'excitation électriqué qui nous a fourni les réponses coliques les plus

nettes. L’excitation du pylore a donné lieu à des phé-

nomènes analogues mais moins constants ».

Mais pour faire ses expériences, l’auteur anesthésiait ses chiens à l’aide d’une injection intraveineuse de chloralose ou d'inhalations d'éther. Il ouvrait la cavité abdominale et posait le ballon, comme nous l'avons dit ; puis il refermait la paroi rapidement avec des pinces, après avoir remis dans leur situation normale les intestins recouverts d’épiploon.

Il est bien certain que l’anesthésie, les traumatismes de l'intestin et de la paroi pouvaient avoir une influence sur les contractions du colon et fausser quelque peu les résultats de l'expérience.

L'examen radioscopique, au contraire, supprime ces causes d'erreur multiples et extrêmement imporiantes. De plus, il nous montre ce qui se passe normalement chez l'homme après l'introduction dans l'estomac des substances ingérées. Il nous permet, en outre, d'assister à la progression des matières, qui s'opère parfois de la façon la plus nette sous les yeux de l’observateur, et de suivre les contractions du gros intestin dans toute son étendue, contractions que nous pouvons fixer sur des clichés radiographiques.

Grâce à la radiographie, le D' Lebon a pu étudier ces mouvements du gros intestin après l’excitation de la muqueuse gastrique par divers procédés et nous rappelons ici la série de ses expériences.

Pour se rendre compte de l'influence sur les contraction du colon, des agents mécaniques portés sur la muqueuse gastrique, il fait prendre une potion de Rivière à un sujet à jeun, dont le colon était rempli de riz bismuthé.

Les deux radiographies en À et en B ont été prises, la première, avant l’ingestion de fa potion gazeuse, la seconde cinq minutes après. On remarque en B les différences au niveau du colon ascendant devenu plus court et plus ramassé. De plus, le transverse a subi une fragmentation plus marquée de la masse opaque, divisée en disques accolés les uns aux autres.

Gros intestin avant (A) et après (B) dégagement d'acide carbonique (Potion de Rivière)

Enfin le contenu du colon descendant est en partie segmenté et nettement séparé de la partie gauche du transverse. En effet, sur le cliché fait avant la prise de la potion, la portion ascendante du transverse et le descendant forment une masse indistinete.

Ces modifications ont persisté un temps assez long, pour avoir été constatées à nouveau à un examen pratiqué quelques minutes après.

Il est possible que tous les changements de forme née soient pas dus uniquement à l’excitation réflexe partie de la muqueuse gastrique.

Ainsi l’exagération légère de la courbe à concavité

supérieure du transverse et la séparation du trans-

verse du colon descendant, peuvent être mises sur le

LE aus

compte de la distension gazeuse de l'estomac. Mais tous les autres changements sont, par contre et d’une façon certaine, le résultat d’une contraction réflexe.

Dans une deuxième expérience, l’auteur introduit dans l'estomac une sonde en caoutchouc et il prend immédiatement après une radiographie. Quelques minutes plus tard, le patient restant immobile dans le décubitus dorsal, une deuxième radiographie est prise après avoir imprimé à la sonde de légers mouvements de rotation sur son axe.

Or, le faible traumatisme dû au déplacement minime de l'extrémité de la sonde est suivi de modifications nettement visibles sur la plaque.

En un temps extrêmement court et certainement par un prénomène réflexe, ce simple attouchement de la muqueuse gastrique provoque des contractions du colon ascendant et du transverse.

Poussant plus loin ses expériences, Lebon a cherché à connaître les effets des divers médicaments considérés comme stomachiques.

Tous ne provoquent pas, par leur simple présence dans l'estomac, des contractions coliques réflexes.

Ainsi le fiel de bœuf, incapable par lui-même de produire une excitation glandulaire, reste dans l’eslomac comme un corps inerte et ne détermine, par conséquent, aucune contraction colique.

Au contraire, les produits qui stimulent l’action des tuniques musculaires de l'estomac déterminent im. médiatement après leur ingestion des mouvements plus où moins marqués du gros intestin.

Voici les résultats obtenus après l'absorption d’une cuillerée à bouche d’eau renfermant 2 miliigramimes de quassine.

Conime toujours deux clichés ont été pris, le premier avant l'expérience, le second après (fig. 8).

Gros intestin avant (A) et après (B) ingestion d’une solution de quassine

En comparant la seconde radiographie à la première, on voit que le colon ascendant est beaucoup ioins régulièrement cylindrique et les encoches de contractions apparaissent nettement. Le transverse s'est élevé et s’est complètement rempli, ainsi que le colon lombaire invisible sur le premier cliché.

Le flou qu’on observe sur les clichés et l'aspect du transverse, semblent prouver que ce dernier se contractait encore au moment où fut faite la radiographie, bien que les contractions ne fussent pas visibles à l'écran.

En général, cependant, sauf avec la caféine, les contractions coliques réflexes cessent rapidement.

Après l’ingestion d’uné tasse de café très fort, on assiste presque immédiatement à des contractions continues du gros intestin, chassant les matières

bismuthées du colon ascendant vers le colon iliaque (figure 9). Ces contractions durent une vingtaine de minutes.

0 2 2 # FIGURE 9 à

Gros intestin avant (A) ct après (B) ingestion de café

L'influence chez certains constipés de la tasse de café prise au premier déjeuner, pour l'obtention d’une selle quotidienne, n’est donc pas due seulement à leur imagination.

Inutile d'ajouter que dans toutes ces recherches l'état du gros intestin n'était noté que chez les individus ayant vidé complètement leur intestin grèle dans le colon au moment de l'examen. De la sorte, on ne peut attribuer les contractions à un réflexe parti du grèle.

De plus les sujets absorbaient les substances médicamenteuses choisies en restant étendues dans le dé: cubitus dorsal et en remuant le moins possible.

Enfin les excitations psychiques ayant une influence considérable et bien connue sur les contractions coliques réflexes, le patient a toujours ignoré et la

nature des drogues absorbées et le but de leur absorp- Uion.

Page 1