CHAPITRE PREMIER
des Constitutions et Gouvernemens ,
en France.
§• *• Avant 178g.
i 9 . Notions préliminaires.
L'homme est né pour la Société précédée des associations : dans les pays sauvages , les hommes se divisent en troupes^ dans la Société, ils se divisent en Nations. La nature a donné une volonté à chaque individu, et la Souveraineté, reconnue nécessaire aux Sociétés, se forme en réunissant plusieurs volontés en une seule.
(6) %°. De la Monarchie, en France, aoant 1789.
La Monarchie (1) Française , l'une dés plus anciennes de l'Europe, et la plus florissante, a, pour fondateur, un peuple dont l'origine n'est pas bien connue.
Sous le nom de Francs , on a toujours entendu, hommes libres et indépendans.
Dès le milieu du troisième siècle de Jésus- Chjiist , les Francs étaient connus dans l'Empire Romain.
On place vers l'an 4-i8, le commencement de l'Empire des Francs dans les Gaules : divisés jusqu'alors en différen8 Peuples, et gouvernés par des Rois particuliers , ils se réunirent pour ne plus former qu'une Nation sous un même Chef, et élurent Pharamond (a).
C'est à Clo vis , cinquième Roi, et le plus connu (en 4-$0> qu'on peut faire remonter l'Etablissement de U Moasur^q française.
(1) Monarchie signifie Goufernement d'un seul.
(a) Parmi les Francs et les Gaulois , on comptait par nuits, et non par jours» — Si quelqu'un qui vit sous la loi sajique, a perdu *PU esclare ,*on cheyal ou son bœuf, le propriétaire a 4<> tutifs pour s'en ressaisir. ( Loi salique , T. 5o, defiltoriis. — Io\ Tacite.)
La Monarchie, en France, se divise en trois Ha ces,
Mérovée est réputé le Chef de la première.
En 75a, Pépin , dit le Bref , est le Chef de la seconde race.
En 987, Hugues Cape* est le Chef de la troisième.
Sons la première RACE , la Souveraineté avait toutes les formes d'une démocratie militaire (1).
Sous la seconde Race , et dans' le système féodal , avec des Suzerains , des vassaux et des esclaves, on ne pouvait trouver une Souveraineté: le Monarqaeiui-même n'était qu'un Suzerain.
Sous!* troisième Race, quand la Royauté a été réunie clans les mains d'un seul, la Jttonarchie n'en était pas moins une Monarchie plutôt tempérée qu'absolue, à cause des privilèges dé quelques Provinces, de l'insubordination de quelques grands Seigneurs , et des droits attachés à leurs Justices particulières ; enfin, à raison de la puissance du Clergé et des Parlemens (2).
(1) Démocratie : (jttny^rnecuejpj populaire.
(2) Parlement: terme ancien , usité pour exprimer toute assemblée oà l'on parlait d'affaire* > et appliqué ensuite aux Cours Souveraines de Justice*
. Noms de quelques-uns des Rois % avec notices sur leurs qualités et quelques faits de leurs règnes*
Première Race, dite des Mérovingiens > k cause de Mérovée, troisième Roi.
48i. — Clovis, petit-fils de Mérovée, Roi des Français } avait déjà affermi leur domination dans les Gaules.
4g6. — Il gagne, entre autres , la bataille de Tolbiac, près de Cologne, contre les Allemands.
Il se fait Chrétien , conformément au vœu qu'il en avait fait, s'il demeurait vainqueur.
Il est baptisé»
Il était alors le seul Roi Catholique, dans l'Empire, tant d'Orient que d'Occident.
,, Les Evêques, en haine de l'Arianisme (i), avaient favorisé ce Roi dans ses conquêtes.
La reconnaissance, à leur égard, a été la source de l'autorité que les Evêques ont conservée si long-temps en France.