DE LA JAMBE, COTÉ GAUCHE
Baillif (Alexis), charpentier, âgé de 50 ans, entre à l’hôpital le 3 mars 1869. Cet ouvrier présente plusieurs lésions fort graves du membre inférieur gauche, lésions produites par la chute d’un fléau -de balance, qui est tombé sur lui d’une hauteur de deux mètres, pendant son service dans le port.
On remarque :
1° Au niveau de la partie inférieure de la jambe, une déformation considérable. Une plaie, de 0" 03 de diamètre, ne laisse aucun doute sur la cause première de cette difformité, car elle donne issue au péroné. On remarque, en effet, qu’en ce point les deux os qui constituent la jambe ont été brisés : Le tibia en bec de flûte, aux dépens de sa face postérieure, le péroné perpendiculairement à son axe. Le pied est déjeté en dehors et le fragment aigu du tibia fait saillie sous la peau. Il existe en ce point un épanchement sanguin assez considérable. (Cette première fracture est produite par une cause directe, la chûte du levrier) ;
20 Au niveau de la partie inférieure de la cuisse, une deuxième fracture ayant porté sur le fémur, qui, comme le péroné, est brisé perpendiculairement sur son axe ; il y a eu un chevauchement des fragments assez considérable pour que l’on observe un raccourcissement manifeste de la cuisse.
Le malade a été momentanément placé dans un appareil spécial
improvisé, composé d’un plan incliné pour la cuisse et d’une plan-
one
chette hyponarthécique horizontale pour la jambe. L'état du malade
est satisfaisant.
4 mars. — L'appareil est enlevé, un examen attentif démontre de la crépitation vers la partie supérieure et externe de la jambe ; on l’attribue à une fracture de la partie supérieure du péroné. De plus, au niveau de la fracture inférieure, on reconnaît, à leur mobilité, quelques esquilles. Après avoir remis les fragments en place, on substitue à la planchette hyponarthécique une gouttière en fil de
fer matelassée, et suspendue au ciel du lit.
Du 6 au 12 mars. —. Accès de fièvre fréquents.
12 mars. — Gonflement considérable occupant toute l’étendue de Ia jambe.
19 mars. — Bandage dextriné de la cuisse.
21 mars. — Par la plaie inférieure écoulement abondant d’un pus
rougeâtre, sous l’influence de la pression.
2% mars. — Une contre-ouverture a été pratiquée au niveau de la fracture à la partie externe de la jambe, pour éviter la stagnation du pus, que des pressions répétées suffisaient à peine à faire sortir
par la plaie existante.
4er avril, — Le bandage dextriné qui maintenait la fracture fémo-
rale, a été coupé, puis resserré avec des liens.
30 avril. — Application d’un bandage dextriné. Le malade marche avec des béquilles, en appuyant légèrement sur sa jambe, le cal jambier étant peu résistant et pas encore imprégné d'éléments
osseux.
23 mai. — La consolidatien du tibia n’est pas encore complète.
Exeat seulement, le 30 septembre 1869.