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CONCLUSIONS

Et maintenant, après avoir essayé de montrer par cette discussion et l'exposé des quelques observations dont je l'ai fait suivre, le chirurgien aux prises avec les difficultés de toutes sortes qu'il peut rencontrer dans l'exercice de son art, s’il m'est permis de tirer quelques conclusions de ce travail , je m’'empresserai de dire et de proclamer bien haut que la Chirurgie Conservatrice est la première des méthodes, et que chacun doit y recourir chaque fois qu’il est possible de le faire. Les succès sont nombreux, et dans des cas difficiles, elle a étonné par ses résultats et a su récompenser les efforts de ceux qui l'ont employée. Aussi, en la montrant parfois mal aisée à pratiquer, n’ai-je point eu l'intention de la combattre et de nier ses avantages ; j'ai voulu simplement poser quelques restrictions et démontrer qu'en face d'un blessé, le chirurgien a une foule de points à examiner pour savoir s'il doit conserver où amputer immédiatement.

Je n’ai point essayé de discuter la valeur des procédés opératoires employés. La question si complexe des résections et des amputations a été bien souvent traitée ; en l’effleurant, je n'aurais rien ajouté aux connaissances déjà acquises, et j'aurais été obligé de faire de nombreux emprunts à des travaux plus complets que

le mien. Mais de mes observations il me semble ressortir que

LR OA CES

souvent le chirurgien est forcé de s’écarter de cette loi chirurgicale qui enseigne qu'il faut amputer le plus loin possible de la racine du membre.

En voulant être trop économe, en effet, on arrive parfois à le regretter, et la nécessité d’une seconde intervention s'impose, parce que, sur la demande du blessé, ou en croyant bien faire, on a voulu lui conserver le plus possible de son membre malade.

Opérer dans des tissus sains est absolument nécessaire, et jamais il ne faut hésiter à couper le bras ou la jambe un peu plus haut, quand on a à redouter l'extension d’une complication qui surgit tout-à-coup. |

Mais, à part ces considérations générales et connues de tout le monde, il est un certain nombre d'indications importantes que le chirurgien doit avoir présentes à l'esprit.

En premier lieu, il doit considérer le temps nécessaire à la guérison de la blessure; et s’il juge que les avantages qu’une amputation immédiate procurera aux blessés sont plus grands que ceux donnés par la conservation du membre, il ne doit pas hésiter et doit préférer le premier parti. En face d’un traumatisme considérable, dont la guérison est absolument douteuse, et qui peut donner lieu aux accidents sans onibre que chacun connaît, il doit se hâter d'opérer pour mettre plus tôt et plus sûrement son malade en état de gagner sa vie.

Enfin, il est des cas où la pratique de la chirurgie est indépendante de la volonté du médecin: ce sont ceux où, placées dans des conditions qui lui sont imposées par la nature des lieux et des circonstances, il est obligé de prendre une prompte résolution et de se montrer plus radical qu’il ne le serait, s’il était entièrement libre d'agir à sa guise. Tel est le chirurgien militaire, aussi

bien que le médecin de la marine. Je crois avoir suffisamment

AR per

indiqué la situation dans laquelle ils se trouvent en face d’une blessure compliquée.

Pour eux plus que pour tout autre, la chirurgie conservatrice ‘ est difficile à pratiquer, et il ne leur reste comme dernier refuge que l’amputation immédiate, avec ses dangers, c'est vrai, mais aussi avec sa facilité d'exécution et de traitement.

En résumé, celui qui est appelé auprès d’un blessé, aura à choisir entre l’une et l'autre méthode, mais il ne devra se décider qu'après avoir mürement réfléchi et après avoir bien compris, en en pesant tous les termes, au point de vue de l'opération et du

malade, ce précepte, résumé en trois mots : (ito, tuto et jucunde.

Vu bon à imprimer :

Le Président de la Thèse,

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