La fortune des Rougon
de ce grand ouvrage, et le présent volume était même écrit, lorsque la chute des Bonaparte, dont j'avais besoin comme artiste, et que toujours je trouvais fatalement au bout du drame, sans oser l'espérer si prochaine, est venue me donner le dénouement terrible et nécessaire à mon œuvre. Celle-ci est, dès aujourd'hui, complète; elle devient le tableau d'un règne mort, d'une étrange époque de folie et de honte1. » Mais les partis de gauche ne lui pardonnaient pas davantage de n'avoir pas consenti à opposer aux tares de l'aristocratie et de la bourgeoisie impériales les vertus sans tache du peuple des faubourgs. Ils l'eussent voulu Suétone et Choderlos de Laclos pour les puissants et les riches, Florian et Berquin pour les ouvriers. Ce n'était point sa manière. Artiste vigoureux, mais incomplet, psychologue superficiel, sociologue généreux, mais sans précision, c'était, avant tout, un honnête homme et, dans la vérité où il s'éleva parfois très haut, comme dans l'erreur, un écrivain passionnément sincère qui disait, sans réticences, toute sa pensée. Ranc, parlant pour la grande majorité des républicains, fit durement le procès de L' Assommoir ': « Le livre de M. Zola n'est pas vrai... Il vous monte au cerveau, quand on a fermé, pour