Rapport de
nombre de beaucoup plus considérable de ceux qui sont des violences spontanées et impulsives. La vérification expérimentale est formelle.
En effet, alors que, sur 205 assassinats qui ont été portés, en 1907, devant les assises, 20 seulement ont pour auteurs des alcooliques ou des ivrognes, 84 meurtres sur 382 ont été commis sous l'influence directe de l'alcool, 92 viols et attentats à la pudeur sur 756 et, sur 248 jugements pour coups et blessures graves ou suivis de mort avec intention de la donner, 61 ont été rendus contre des buveurs invétérés1.
La proportion sur 100 crimes de même espèce s'élève ainsi de 9,7 pour les assassinats à 12,1 pour les viols et attentats à la pudeur, à 21,9 pour les meurtres et à 24,5 pour les coups et blessures, soit à plus du double pour les meurtres et à près du triple pour les violences graves ayant entraîné la mort. Il n'y a d'exception que pour le crime de parricide ; 5 sur 17 ont pour auteurs des alcooliques, soit 29 % ; mais l'exception n'est qu'apparente et, de fait, confirme la règle, car le parricide n'est commis le plus souvent qu'au cours d'une dispute, dans un accès de fureur ou de véritable folie2. Pour les.
1. Ces chiffres sont établis d'après les actes d'accusation et non d'après les verdicts du jury. C*est à ceux-ci que se réfère le compte général.
■i. Même observation pour 1908, où le pourcentage de l'alcoolisme dans le parricide est de 21.
autres crimes contre les personnes, empoisonnements, infanticides, avortements, castration, enlèvement et détournement de mineurs, un seul, sur 215, a été commis en 1907 par un alcoolique.
Mêmes constatations en 1908. — « Dans leur ensemble, les accusations de crime contre les personnes ont diminué comparativement aux chiffres de la période 1886-1900. > Cela « malgré la hausse survenue au cours des deux dernières années». La moyenne annuelle était, il y a dix ans, de 1.434 crimes; elle n'a plus été que de 1.324. Notamment, « les assassinats ont diminué de 17 % ». — « Par contre, le nombre des meurtres a presque doublé et celui des coups et blessures ayant occasionné la mort sans intention de la donner a progressé dans une proportion de 40 % 1. » Et, encore une fois, il est manifeste, il est hors de doute que le facteur principal de cette recrudescence, c'est l'alcool2. — Effectivement, le pourcentage de l'alcoolisme dans le nombre, en décroissance, des assassinats n'est que de 8, mais il est de 16, donc du double, dans les meurtres, de 15 dans les viols, de 27 dans les coups et blessures graves. — Pour les crimes contre les propriétés, l'alcool n'y paraît qu'à la rubrique des