‹ Contre l'alcoolismeChapitre 63 sur 125 · Vandervelde, loc. cit · texte numérisé non relu

Vandervelde, loc. cit

4. John Burns, Labour and Drink, p. 20 à 27; Hoppe, Die Tatsachen uber den Alkohol, p. 230.

L 5. Bulletin de statistique, juillet 1909.

besoin d'euphorie, qui peut, en effet, même chez l'ouvrier, procéder d'autres causes que de la misère, c'est pourtant la misère qui, le plus souvent, le crée et le développe chez l'ouvrier. C'est « le bouge qui est le pourvoyeur du cabaret1 », « la mansarde obscure et froide- », « la maison humide, désagréable et sale3 », où, rentrant d'un labeur pénible et épuisant, l'homme trouve la femme maussade parce qu'elle souffre, les enfants déguenillés et hâves. Le condamnerez-vous quand il va chercher au débit voisin de la clarté, du chaud, « le bruit des verres4 », la société des camarades? Et pourtant il s'y perd.

Sans doute, il y a des ouvriers qui ne sont point malheureux et qui boivent seulement « par goût, par désœuvrement, par habitude5 », comme font les bourgeois. Mais c'est une minorité et, à l'ordinaire, l'alcool a d'autant moins de prise sur l'ouvrier industriel que s'élève le taux des salaires et que s'améliorent, en conséquence, son logement et sa nourriture, son hygiène et son bien-être. Il n'est

Page 1